‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 160 sur 202 · HUI · texte numérisé non relu

HUI

la communication de l’Angleterre avec l’Anjou : Hubert de Bugh voulut armer pour reprendre cette place et ressaisir une partie des anciennes possessions de l’Angleterre confisquées sous le règne précédent. 11 convoqua dans ce but un parlement à Westminster oii il demanda aide et conseil aux prélats et aux barons assemblés. Une taxe d’un quinzième de toutes les fortunes mobilières fut octroyée sous la condition que les abus seraient réformés et la grande charte confirmée. Le roi accepta cette charte, qui fut publiée de nouveau, et depuis lors elle a constamment figuré en tète des statuts anglais. Ainsi fut donné le grand exemple de combiner l’octroi d'un impôt avec le redressement des griefs, et ce fut l’origine de toutes les réformes successivement faites dans la voie constitutionnelle.

L’expédition en France n’eut pas le résultat espéré : la Rochelle resta à la France, et après la mort prématurée de Louis VIII, durant les troubles de la minorité de son fils Louis IX, une nouvelle expédition de Henri en France n’eut pas un meilleur succès.

Le grand justicier Hubert de Burgh, après une administration intègre et redoutable aux barons qui s’étaient enrichis aux dépens du domaine royal, fut accusé de trahison 1 : le roi qui l’avait comblé sans mesure, l’abandonna et le fit poursuivre: de Burgh voyant ses ennemis parmi ses juges, désespéra de la justice, prit la fuite et chercha un refuge dans une église. Là, prêt à mourir d’inanition, il s’en remit à la miséricorde du monarque

I . Il fui, en nuire, accusé d’avoir caplé, par des charmes magique?, la faveur du mi. — Matlli. Paris.

Confirmnliuu

de

la grande charte par

Henri 111.

Cliule du grand justicier lluiicit de Uurgli.

AJminislra-

tion

de Pierre de* Roches.

irrité. Condamné ùla restitution des terres qu’il tenaitdela couronne, et à la prison, il fut enfermé au château de Devize d’où il s’échappa : le roi, par un nouveau caprice, lui rendit plus tard sa faveur et le rappela dans son conseil.

Après la chute de ce ministre, Henri confia le pouvoir à son ancien tuteur Pierre des Hoches, évêque de Winchester, justicier du royaume sous le roi Jean, son père, et qu’il avait lui-même précédemment disgracié. Des Hoches, originaire du Poitou, attira en Angleterre une multitude de ses compatriotes qu’il combla d'honneurs et de biens. Les barons anglais, soutenus par l’archevêque Edmond, primat du royaume, se soulevèrent contre ces étrangers et contre celui qui les avait attirés; ils demandèrent son renvoi et l’expulsion des Poitevins : en cas de refus, l’archevêque menaça le roi d’excommunication. Henri céda, les étrangers furent congédiés, et le primat prit les rênes de l’Etat. Mais le fléau qu’il avait suspendu reparut bientôt, et Henri Kl fut, durant la plus grande partie de son règne, entouré et dominé par les étrangers. Ayant épousé Eléonore, fille du comte de Provence, et qui descendait par sa mère de la maison de Savoie, une foule de Provençaux et de Savoyards vinrent chercher fortune en Angleterre à la suite de la jeune reine; Henri leur accorda sa faveur, leur prodigua les charges et les bénéfices; on assure qu’il obtint de Rome une bulle qui révoquait une multitude de dons antérieurs qu’il avait faits, etl’autorisait à en gratifier de nouveaux donataires1. Cette conduite imprudente souleva la noblesse anglaise et occasionna de grands troubles.

Page 1