V HK H. CHAPITRE IV
Démêlés
île
Henri III avec
l'Ecosse cl le
île Galles.
don, le Limousin, le Périgord et le Quercy, et fit hommage à Louis IX comme duc de Guyenne et pair de France.
Les relations de Henri III avec l’Ecosse se réduisirent, malgré quelques démonstrations militaires et menaçantes, à une série de négociations. Alexandre II, souverain de ce royaume, était mort en 1249 et avait eu pour successeur son fils du même nom, qui épousa Marguerite fille de Henri III, mais (jui refusa de faire hommage pour l’Ecosse à la couronne d’Angleterre. Alexandre III mourut sans enfants, précipité avec son cheval du haut d’un rocher, et sa mort prématurée livra à de longs orages ce pays, où de nombreux compétiteurs se disputèrent le sceptre. Henri III intervint à main armée dans leurs querelles ; il réussit à les suspendre sans les éteindre, et il s’abstint de tout ce qui aurait attenté à l’indépendance de ce royaume. De plus grands efforts furent nécessaires pour contenir le pays de Galles. Les Gallois des frontières étaient indomptables et féroces et faisaient aux Anglais, dans les marais et les montagnes, une guerre sans cesse renaissante d’escarmouches et d’embuscades. Henri porta souvent ses armes sans succès au cœur du pays; il eut enfin recours à la famine pour réduire l’armée des indigènes, retirés dans les montagnes de Merioncth et de Cornawon et il intercepta toutes les communications des contrées voisines avec ce pays sauvage, où les insurgés furent en proie à la plus extrême détresse, au cœur d’un hiver rigoureux. Ils se soumirent, et leurs chefs, Llewellyn et David, se reconnurent vassaux du roi d’Angleterre et lui rendirent hommage.
De toutes les guerres de Henri, la plus sérieuse fut celle qu’il soutint contre ses barons, et, dans cette lutte, le
IIKNHI 111.
clergé lil cause commune avec les seigneurs pour la défense de la grande charte, seul rempart qu’eussent les évêques et les barons sujets du roi contre «tes exactions incessantes, pour des causes le plus souvent étrangères à leurs intérêts comme a ceux du royaume et de l’Eglise d’Angleterre. L’union des laïcs et du clergé sous Henri lit fut d’autant plus étroite, que le roi et le pape firent également effort pour anéantir leurs privilèges. Les abus du système de Grégoire VII et d’innocent 111, touchant la domination temporelle du saint -siège, étaient chaque jour plus sensibles. Les jiapes intervenaient, non-seulement avec leurs armes spirituelles dans les querelles îles princes, mais encore avec des armées sans lesquelles ils voyaient trop souvent leurs foudres dédaignées. Ces armées coûtaient des sommes immenses, et pour les solder il fallait mettre à contribution les laïcs et le clergé de toutes les Eglises : souvent même il fallut davantage, et les bénéfices ecclésiastiques furent misa l’enchère: les papes scsubslituaienl pour les concéder aux fondateurs et aux patrons et les donnaient indistinctement à des étrangers, presque tous Italiens, et qui n’y avaient d’autre titre que le prix qu’ils y pouvaient mettre. Ces abus n'excitèrent nulle part des réclamations plus vives qu’en Angleterre, où le revenu de ces bénéfices, que le clergé italien possédait, fut évalué à soixante mille marcs, somme énorme et supérieure aux revenus de la couronne '. Le célèbre évêque de Lincoln, nommé Grosse-Tête, s’éleva contre eux av ec force et refusa même de reconnaître une nomination faite par Innocent IV’ à un des bénéfices de son diocèse, parce qu’elle
Abus
«lu pouvoir temporel «les papes.
Vente
tic* bénéfice* du
clergé.