‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 17 sur 202 · I. Tacite, Annal., XIV, !U · texte numérisé non relu

I. Tacite, Annal., XIV, !U

du Fortli, frontière méridionale de la Calédonie, et il opposa, comme barrière contre les incursions des Calédoniens, une ligne fortement retranchée, qui s'étendit dans l’espace resserré entre le Forth et la Clydc. Dans la cinquième année de son gouvernement, il marcha vers l’ouest jusqu’au rivage qui regarde l’Irlande, mais il ne pénétra |>oint dans celte île, et elle garda près de mille ans encore sa sauvage indépendance.

Après avoir vaincu les Bretons par les armes, Agricola tenta de les gagner par une sage administration, par les jouissances de la civilisation et des arts ; il les encouragea à construire des temples, des forums, des maisons, et il aida ces travaux des deniers publics. Il Fit instruire, dans les arts libéraux, les tils des chefs du pays; ceux qui auparavant dédaignaient la langue des conquérants aspirèrent bientôt aux triomphes de l’éloquence; les habitudes, les usages et les mœurs des Romains furent en honneur parmi eux; ils prirent la toge, ils s'abandonnèrent à la mollesse et aux plaisirs du luxe; ils recherchèrent les bains voluptueux et les longs festins, et celte existence nouvelle, ap|>elée du nom de cix ilisation par les imprévoyants , faisait partie de leur servitude Vespasien n’était plus : Titus, l’espérance des Romains, n’avait occupé que deux années le trône de son père, et l’avait laissé à son frère le cruel Domiticn. Ce prince jaloux et féroce, redoutait sur toute chose de voir un nom grandir au-dessus du sien. Cependant il n’osa point, dès son avènement, rappeler le gouverneur de la Bretagne, et il fut encore permis à Agricola de vaincre.

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f.ONyt'KTE DE L ILE IVVU l.ES HUMAINS.

Los hostilités sans cesse renaissantes des Méates et des Calédoniens l’attirèrent au nord de la Bretagne, et il résolut de les soumettre, en portant lui-mêine la guerre dans leurs retraites inaccessibles. La première canqiagne qu’il fit contre eux marqua la sixième année de son séjour en Bretagne. Les Romains éprouvèrent d’abord un échec : l’ennemi força leur camp et faillit remporter, mais il fut bientôt repoussé avec perte. L’année suivante, septième et dernière de son gouvernement , Agricola , soutenu par une flotte nombreuse qui longeait les côtes, s’avança dans la Calédonie jusqu’aux monts Grampiens, oii l’ennemi l’attendait sous le commandement d’un chef célèbre, nommé Galgacus. Là étaient en armes trente mille barbares adossés à un rempart gigantesque «le rochers.

Favorisés parleur position, l«;s Calédoniens eurent l’avantage aussi longtemps «pie l’on combattit à distance avec des javelots et des dards; mais Agricola, ayant ordonné aux auxiliaires bretons d’engager le combat corps à corps, ceux-ci s’élancent et joignent l’ennemi à qui les longs glaives tranchants et sans pointe deviennent inutiles; les Bataves, suivis d«‘s autres auxiliaires, montent a l'assaut «les rochers et emportent ces positions formidables. Les Calédoniens tentent alors d’envelopper l’ennemi en précipitant sur scs derrières leurs cavaliers et leurs chars; Agricola les a prévenus, l«*s légions font face à cette attaque, tandis «pic la cavalerie romaine tombe elle-même sur les flancs de cette masse confuse, cernée «le toutes parts, et la plaine ne présente bientôt plus qu’une scène immense de carnage : dix mille Calédo-

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