Statuts du royaume
2. Dan» un moment difficile, ayaot somme Bohun, comte d’Uereford, connétable, et Bigod , comte de Norfolk, maréchal d’Angleterre, de conduire une armée en France, ces deut seigneurs refusèrent alléguant les privilèges de leurs charges qui les obligeaient seulement k suivre It personne du roi. « De par Dieu éternel, sire comte, dit Edouard ou maréchal, vous irez ou vous serez pendu. — De par Dieu éternel, sire roi , répondit Bigod , je n'irai ni ne serai pendu, » |.e roi courroucé sc contint et laissa celle réponse impunie.
cesse de nouveaux droits, jusqu’au jour où ils devinrent la branche la plus importante, sinon la première du parlement.
Réformo» Edouard l*r fit de grandes et très-utiles réformes dans îà's la législation; il arrêta l’aliénation des llefs de la couii'i’iiiaiion. ronne ei ie morcellement des manoirs 1 ; créa les substitutions des propriétés, et mit des bornes aux acquisitions des terres en main-morte par les corporations ecclésiastiques et séculières2. U donna son attention sérieuse aux tribunaux, détermina d’une manière stable les limites et les attributions des diverses cours du royaume, régla le mode de procédure des juges itinérants et les époques de leurs tournées, punit sévèrement les prévaricateurs , et mérita enfin le nom de Justinien de l’Angleterre par les améliorations qu’il sut introduire dans la législation du pays :1.
Ce prince joignait aux avantages extérieurs un esprit droit et vigoureux. Il parut avoir compris un des premiers toute l’importance d’unir, pour la prospérité de
4. Un statut de la dix-huitième année de ce prince défendit la création de tout nouveau manoir et ordonna que, dans toutes les ventes ou concessions de terres à l’avenir, le nouveau possesseur du fief ne le tiendrait pas de l’individu qui le lui aurait donné ou vendu, mais du seigneur suzerain du fief : de là vient qu’aujourd’bui aucune réclamation de droits de manoir ne peut être admise si elle ne daleau moins de l’année 1290. (Lingird, Uist. d'Angl.)
2. Edouard ferma le gouffre profond qui menaçait d’engloutir tous les biensfonds du royaume : il y parvint en publiant scs statuts de inain- morte, admirablement conçus pour déjouer les fraudes qu’on avait alors imaginées ; quoique ensuite on ait tenté d’éluder ces statuts par l’invention des fidéi-coinmis et des uses (Blackstone, Commentaires sur les lois anglaises, I. iv, c. 33.)
3. I.es lois fi»eut alors de si grands et si rapides progrès, qu’il en a été fait plus dans les treize premières années de ce règne pour régler cl établir la justice du royaume que dans les siècles réunis qui sc sont écoulés depuis. (Mal. Haie, Il xsl de la loi commune.)