‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 174 sur 202 · EDOUARD II · texte numérisé non relu

EDOUARD II

d’Hcreford et de Surrey , ses principaux ennemis1.

Le roi fut inconsolable «le sa mort et jura rie la venger; mais il dissimula d’abord son ressentiment, reçut en grâce les barons, proclama une amnistie, et marcha vers l’Ecosse, qui s’apprêtait à secouer la domination anglaise et où Robert Druce, après de longues traverses et de lents progrès, commençait à établir la sienne. Déjà une grande partie du territoire, de nombreuses forteresses, et entre autres la citadelle d’Edimbourg, réputée imprenable, étaient tombées en son pouvoir : les principaux seigneurs du pays et les plus vaillants chevaliers se déclaraient pour Bruce, et s’étaient presque tous levés en armes pour la cause de l’indépendance nationale : à leur tôle lord James Douglas et sir Thomas Randolf se signalaient par de merveilleux exploits, et rendaient déjà à l’Angleterre ravages pour ravages.

Edouard réunit alors toutes ses forces pour ramener l'Ëcosse sous les lois; il franchit la frontière et s’avança sur le territoire ennemi, avec une armée composée d’hommes de tous les pays soumis à sa domination, et que plusieurs historiens portent à cent mille combattants 2. L’armée écossaise avait pris position près de Bannockburn aux environs de Sterling, Robert Bruce la commandait et il disposa tout pour suppléer au nombre par la prudence et par la valeur; il fit creuser en avant de ses lignes des fosses profondes recouvertes de gazon et de branches d’arbres et destinées à

Walsiugli. — Th. «le la More

2. Waller Seuil, dans «un Histoire d'Écosti, admet ce nombre comme véritable : Lingard le croit exagéré.

L’Kcossc

sous

Robert

Bruce.

arrêter la redoutable chevalerie anglaise , et partageant son armée en différents corps, il mit ceux-ci sous les ordres d'Edouard, son frère, de sir Thomas Itandolf et de lord James Douglas.

fouille l’eu d’instants avant l’action , l’abbé d’Inchatfray , fonnock P‘e<^s nnse* 1° crucifix à la main, parcourut les rangs, bu™, exhortant les soldats à combattre et à mourir pour la (1314) liberté de leur patrie; toute l’armée fléchit les genoux pour recevoir sa bénédiction. Le roi Edouard remarqua le mouvement et s’écria : <• Ils demandent merci! » Un baron anglais, Inglram dTmphra ville, répondit : «C’est à Dieu qu’ils le demandent. Sire, et non à nous. Ces gens-là remporteront la victoire ou mourront sur la place '. » Le combat s’engagea par une nuée de flèches qui porta la mort et le désordre dans les rangs écossais; niais Bruce lit charger par sa cavalerie le corps des archers anglais, redoutable à distance, mais incapable de résister de près à un choc impétueux. Un grand nombre furent tués, le reste se dispersa. La chevalerie d’Angleterre s’étant ébranlée à son tour pour soutenir les archers, chargea les lignes de l’infanterie écossaise défendue par les invisibles fossés creusés devant elle, et où tombèrent en foule les chevaux et leurs cavaliers. La plupart périrent massacrés, ou étouffés sous le poids de leurs armures. Bruce alors lança sur le gros de l’armée ennemie toutes ses forces, et la terreur des Anglais s’accrut lorsqu’ils virent apparaître sur les hauteurs voisines une multitude d'hommes qui n’étaient que les valets de l’année d’Ecosse et qu’ils prirent

Page 1