I. Waller Scoll, llisl. d'tkossc
EDOl'ARD 11.
pour une armée nouvelle, destinée à les envelopper. Us se débandèrent et cherchèrent leur salut dans la fuite. Cette journée coûta, dit-on, aux Anglais trente mille hommes et la Heur de leur chevalerie, elle fut décisive pour l’indépendance de l’Écosse; le roi Edouard gagna son royaume en fugitif et ne ramena de sa formidable armée que de tristes débris.
Bruce, victorieux en Écosse, essaya d’attirer ailleurs l’effort des armes anglaises et tenta d'affranchir l’Irlande. Celte contrée, dans les limites du territoire conquis par l’Angleterre, continuait à gémir sous une dure tyrannie, et le reste de l’îlc était encore à peu près sauvage. Robert Bruce y envoya six mille Écossais sous les ordres d’Edouard Bruce, son frère, qui s’unit avec les puissantes tribus insurgées des O’Neals, des O’Moors et des O’Connors et qui, durant trois années, fit une guerre acharnée aux Anglais du Pale1 avec une alternative continuelle de succès et de sanglants revers. Le clergé irlandais soutint l’insurrection. Le roi d’Angleterre en fit des plaintes au pape Jean XXII, qui menaça d’excommunication les évêques, s’ils continuaient à fomenter la révolte. Une remontrance éloquente et célèbre fut alors présentée au saint-siège par O’Neal et les principaux chefs : l'Irlande, dirent-ils, avait été gouvernée durant quarante siècles par ses propres monarques de la race des Milesins jusqu’en 1170, où un pape anglais, Adrien IV, conféra, contre tout droit, la souveraineté de cette île à Henri U ; depuis cette époque, une guerre continuelle avait existé entre l’Irlande cl l’Angleterre
I. Le raie était, fournir ou l’a vu la partir du territoire de ('friande occupée p»i le» Amjlais.
L’Ecosse affi .1 nrliie.
Situation
de
l’Irlande/
Protestation
des
chefs
irlandais
adressée
au
saint-siéfle.
Edouard Rruct* en Irlande.
Sa mûri.
et avait occasionné de chaque côté la mort de plus de cinquante mille hommes. La concession originaire était nulle, aucune des conditions stipulées n'ayant été remplie : Henri s’était engagé à protéger l’Église, et il l’avait dépouillée; à lui donner de bonnes lois, et elle avait reçu de lui et de ses successeurs des lois contraires à toute justice; à réformer les mœurs des indigènes, et une race d’hommes insatiables et plus méchants qu’il n’en existe nulle part avait été introduite dans le pays. C’est pour s’affranchir du joug de ces tyrans qu’ils avaient pris les armes : ils n’étaient pas rebelles au roi d’Angleterre, ne lui ayant jamais prêté serment de fidélité; ils étaient des hommes libres, faisant la guerre à leurs ennemis et ayant choisi Edouard Bruce, comte de Carrick, pour leur protecteur et leur souverain1. Ce mémoire fit impression sur l’esprit du pontife, qui intervint en faveur de l’Irlande auprès du roi d’Angleterre. Mais déjà la guerre touchait à son terme, et en 1318, la sanglante défaite des Irlandais à Fagher, où Edouard Bruce perdit la vie, assura pour des siècles la suprématie de l’Angleterre dans cette contrée malheureuse.
Il ne restait plus alors aux Anglais dans toute l’Écossc qu’une seule place importante, celle de Bcrwick : elle fut livrée par surprise, en 1319, à Itobert Bruce, et le roi Edouard essaya en vain de la reprendre avec une nombreuse armée. Le siège fut abandonné par le comte de Lancastrc et par les barons de son parti toujours hostiles à la couronne. Bruce profita, pour s’affermir,