I . Anuatn irlandaitt i H FurJun cil« par Lingard
EDOl'ARD II.
ries rlisconlcs intestines de l’Angleterre. Ces querelles désastreuses et les révoltes perpétuelles des barons anglais, firent peut-être autant que sa valeur et que le patriotisme de sa nation pour le triomphe île ses armes et pour l'affranchissement de l’Écossc.
L’Angleterre était alors, depuis quelques années, en proie à plusieurs fléaux : la famine et la peste la désolaient. Une multitude d’hommes ne trouvant plus de subsistance par le travail, vécurent de brigandages et le roi, sans cesse en butte aux conspirations et aux révoltes, était impuissant à soulager son peuple.
Ce fut le sort de ce malheureux prince d’être tour à . tour esclave et victime de sa passion pour ses favoris, et il multiplia ses périls en comblant de grâces, par un nouveau caprice, un jeune homme appelé Hugues Spenser, que le comte de Lancastre avait mis jadis auprès de lui et qui n’avait aucun titre sérieux à sa faveur. Spenser abusa de son influence sur le faible Edouard qu’il prétendait gouverner seul et il se fit un mortel ennemi de Lancastre* son ancien protecteur. Les barons se liguèrent en grand nombre, excités par ce puissant comte : ils ravagèrent et pillèrent les possessions de Spenser, massacrèrent scs domestiques et mirent le feu à ses maisons'.
I. U n’est pas saut intérêt de connaître le dommage souffert eu cette circonstance par Spenser le père, d’après sou propre rapport au parlement : l’évaluation de U perte fera comprendre les richesses et l'état de maison d’un seigneur riche k cette époque : il avait perdu, dit-il, outre tout son blé, 28,000 moutons, 4,000 bœufs et génisses, 1 ,200 vaches avec leurs veaus de deux ans, -40 juments, 460 chevaux de charrette, 2,000 porcs, 300 chèvres, 40 tonnes de vin, COI flèches de lard, 80 paires de bœufs et 600 de moutons dans l’office, 40 tonneaux de cidre: des armes et des armures pour 200 hommes, (ilo /«/. parlem.)
Faveur
de
Hugues S peiner.
Ligue et révolte des
barons.
Victoire cl vengeance •tu roi.
EléCUlilill du duc de taucaslrc.
Ils commirent les mêmes excès sur les domaines de son père, coupable seulement de partager avec lui la faveur royale : de là ils marchèrent en armes sur Londres, se rendirent au parlement assemblé dont ils obtinrent une sentence d’exil contre le favori et contre son père, et ils forcèrent le roi, par la menace et par la violence, de souscrire à leur bannissement1.
Edouard attendait une occasion [tour sa vengeance; cil»! se présenta bientôt. L’entrée du château de Leeds ayant été refusée à la reine, le roi vit dans ce refus une insulte et une trahison : il investit le château qu’il emporta et fit pendre aux créneaux le gouverneur et onze chevaliers. Ce premier succès l’enhardit, les deux Sponsor rentrèrent dans le royaume, Edouard appela ses sujets fidèles aux armes et se vit bientôt à la tète d’une force considérable. Les barons rebelles, menacés à leur tour, s’unirent aux puissants seigneurs des marches ou des frontières du pays de ('ailes et firent une étroite alliance offensive et défensive avec le roi Uoliert Bruce et les chefs écossais1. L’armée "royale attaqua les confédérés avant qu’ils eussent le temps d’unir leurs forces, et après avoir soumis les comtés de l’ouest, elle marcha vers le nord oii le comte de Lancastre ralliait ses partisans et appelait à son aide l’armée d’Écosse. Poursuivi avec vigueur de ville en ville par les forces du roi Edouard, sous les ordres de sir André Harclay et cerné de toutes parts à Borough Bridge, Lancastre se rendit sans conditions et fut conduit prison-