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EDOIARD II.
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nier dans son château de Pontefract. Amené devant un tribunal de douze comtes et barons, présidé par le roi, Lancastre, déclaré coupable, fut condamné à subir la mort des traîtres Les spectateurs de son exécution et les ministres mêmes de la justice royale crurent nécessaire de faire preuve de leur loyauté envers le roi, en accablant son ennemi d'outrages : « Itoi du ciel, s’écria Lancastre dans son agonie, accorde-moi merci, car le roi de la terre m’a abandonné. » Sa tête fut tranchée par le bourreau; quatorze de ses principaux partisans subirent le même supplice, et leur mort affermit pour un temps l’autorité royale.
Vainqueur de la révolte. Edouard revint triomphant de Pontefract à York où le parlement était réuni. Tous les membres de cette assemblée tirent profession de dévouement à la couronne et ils rév isèrent les ordonnances rendues dans les parlements précédents. On en continua quelques-unes; d’autres furent déclarées inconstitutionnelles, et pour prévenir toute nouvelle entreprise semblable à l’établissement des ordonnateurs au début du règne, il fut décidé, qu’à l’avenir, aucune disposition législative ne serait valable, si elle portait préjudice aux droits du souverain et que toutes les lois relatives a la couronne, au royaume et au peuple seraient discutées et promulguées par le roi en plein parlement, avec l'assentiment des prélats, des comtes, des barons et des corporations des communautés du royaume. La sentence rendue contre les Spenser fut rayée des registres, comme
I. Le roi, parlant pour son et traction royal**, commua sa peine en «elle do la décollation.
Guerre
avec
l’Kcofctc.
Trêve.
contraire au serment du roi et aux articles de la grande charte ; le père fut créé comte de Winchester et reçut de nombreux domaines confisqués sur les rebelles, le tils reprit tout son ascendant; mais au lieu de se laisser instruire par l'expérience et d’éviter l’écueil où Gaveston s’était brisé, il marcha sur scs traces, et se perdit comme lui |«r son faste et par sqji orgueil.
Prolitant de ce retour de fortune, le roi crut le moment propice pour venger sa sanglante défaite à Bannockburn ; il tenta une dernière fois de réduire l'Écosse sous sa do mination et franchit la frontière à la tète de forces considérables. L’ennemi se retira devant lui , ravageant la contrée qu’il paraissait abandonner et où bientôt Edouard et les Anglais se virent sans subsistance et sans ressources. Us furent contraints d’évacuer le pays, et le roi, de retour à York, licencia son armée. Bruce alors franchit à son tour la frontière, fondit en Angleterre et l>orta la terreur jusqu’à York. Il sut se modérer dans sa bonne fortune, et 11e vit dans son succèsqu’un moyen de contraindre Edouard à suspendre la guerre : des deux parts la paix était désirée et une trêve de treize ans fut enfin conclue entre les deux nations.
Edouard 11e demeura pas longtemps paisible. l)e sourds mécontentements étaient entretenus sur divers points du royaume; on s’irritait de l’arrogance «lu nouveau favori, on regrettait Lancastre, on plaignait sa lin tragique, et une foule ignorante croyait voir dans le supplice de ce grand rebelle le martyre d’un juste. Des bandes armées répandirent l’effroi en divers lieux, des conjurations se formèrent et le roi en découvrit une très -redoutable, au moment 011 il était menacé d’un nouveau péril :
EDOIARD II.
Roger de Mortimer, l’un de ses adversaires les plus dangereux, prisonnier à Rorough Bridge, et à qui déjà il avait fait grâce de la vie, parvint à s’échapper de la Tour où il était détenu et passa en France, au service du roi Charles le Bel, troisième dis de Philippe IV, beau-frère d’Edouard et bientôt son ennemi.
Sur le frivole prétexte de l’absence du roi d’Angleterre, son vassal, à son couronnement, Charles le Bel tenta de lui enlever ses possessions françaises et envahit la Guyenne. Isabelle, sœur de ce monarque et femme du roi d’Angleterre, envoyée en France par son mari, pour négocier avec son frère, conclut un traité honteux qui mettait dans les mains du roi Charles la Guyenne et l’Agenois. Edouard ayant refusé de le ratifier, il fut convenu qu’il céderait à son fils aîné, âgé de douze ans, tous ses droils sur la Guyenne et le Ponthicu, pour lesquels celui-ci ferait hommage au roi de France. Le jeune prince rejoignit alors sa mère sur le continent, où déjà se formait l’orage qui enleva au malheureux Edouard la couronne et la vie. En vain ses pressantes instances et ses ordres répétés rappelaient Isabelle auprès, de lui ; cette princesse infidèle s'abandonnait alors à une passion coupable pour le rebelle Mortimer, qu’elle avait rencontré à la cour de son frère ; elle partagea tous scs ressentiments, et, affectant de prêter l’oreille à des bruits honteux sur les rapports du roi avec son favori, elle s'unit aux lords proscrits pour renverser son époux. Secrètement soutenue par le roi de France, son frère, elle fiança son fils à Philippa, filfe du comte de Hainaul, leva un corps de troupes dans ce comté, fit appel aux exilés de la faction de Lancastre qui accoururent en
ICvasion
de
Mor limer.
Conspiration de la
reine Isabelle avec
les barons.
Prise
de Bristol par
la reine.
Supplice du vieux S penser.
fouit,' autour d’elle, et aborda avec eux à orewell, dans le comte de Suffolk. Edouard se vit alors abandonné : deux de ses frères, les comtes de Kent et de Norfolk, le comte de Richemont, son cousin, lord Beaumont et beaucoup d’autres se déclarèrent pour Isabelle; l'archevêque de Cantorbéry et plusieurs prélats, entre autres l'évéque de Norwich et < trie ton, évêque d’Hereford, embrassèrent ouvertement le parti de la reine, et elle marcha sur la capitale, précédée d’un manifeste dans lequel les deux Spenser étaient désignés comme ennemis publics et comme auteurs de tous les maux dont gémissait le royaume. Le roi essaya en vain de rallier les citoyens de Londres à sa cause, ils refusèrent de combattre pour lui, la multitude se souleva, égorgea l’évêque d’Exeter, s’empara de la Tour et délivra les prisonniers. Déjà le roi s’était dérobé par la fuite et il gagnait la frontière du pays de Balles avec une faible escorte, suivi seulement des deux Spenser et de Robert Raldok, son chancelier. La reine poursuivit son époux, elle assiégea Bristol, confié par le roi à la garde du vieux Spenser, comte de Winchester. Les bourgeois soulevés le forcèrent à rendre la xille et sa personne à ses mortels ennemis. Jugé par eux et condamné au châtiment des traîtres, ce vieillard de quatre-vingt-dix ans fut conduit à la mort; d’atroces circonstances marquèrent son supplice et ses restes sanglants furent jetés aux chiens1.
Les barons et les prélats se réunirent alors en parle- • ment ; ils déclarèrent que , par l’absence du roi , le