‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 182 sur 202 · I. Henri, Histoire d' Angl · texte numérisé non relu

I. Henri, Histoire d' Angl

ORDRES RELIGIEIX. 44'.)

acquirent en peu de temps une grande puissance. Les papes avaient en eux une milice ardente et infatigable, aussi couvraient-ils les ordres mendiants de leur haute protection ; ceux-ci, en vertu de commissions papales, prêchaient, administraient les sacrements, dirigeaient la conscience des rois et des peuples, usurpant ainsi par degrés toutes les fonctions des évêques et du clergé séculier. Ils voulurent aussi s’emparer des universités et des écoles; mais là surtout ils rencontrèrent dans les évêques et le clergé séculier une résistance sérieuse, et ils provoquèrent une lutte violente et opiniâtre qui dura un demi-siècle. Les croisades, en devenant l’occasion d’une multitude de fondations pieuses, furent également trèsfavorables à l’accroissement de la puissance et de la fortune des anciens ordres religieux : les monastères de Clunv et de Cîteaux, vastes et magnifiques, regorgeaient de richesses; leurs abbés étaient admis dans les conseils des rois, et ceux qui, en Angleterre, avaient des baronnies, siégeaient au parlement avec les évêques et les pairs laïques.

Les croisades, comme la plupart des guerres que les monarques anglais firent sur le continent, furent propices au développement des institutions libres en Angleterre, surtout en favorisant l’affranchissement des communes ou des villes et des bourgs qui, dans ce royaume, beaucoup plus qu’en France, étaient dans la dépendance immédiate de la couronne. Celle-ci, afin de subvenir aux frais énormes de toutes ces guerres, leur octroyait, pour (irix de leurs subsides, des chartes particulières et de nombreux privilèges, et lorsqu’ensuite elle voulut leur contester ou leur disputer soit les droits acquis in-

Affranchis-

sement

des

communes.

Propret

du

commerce cl de

l’iuduilric

dividuellcment par chacune d’elles, soit ceux <|ue la grande charte conférait à tous, nous avons vu que, pour les revendiquer, les communes soutinrent les barons dans leurs luttes contre le trône. Les citoyens des principales villes obtinrent, par ces concessions spéciales, le droit de former entre eux des corporations ou des communes, c’est-à-dire de se défendre à main armée, de nommer leurs magistrats, de répartir leurs taxes, de rendre la justice, de s’administrer eux-mêmes, et enfin d’être représentés au parlement pour le vote des subsides. Cejændant, comme les villes étaient forcées de pourvoira l’entretien de leurs députés, le droit de représentation au parlement leur fut souvent une charge onéreuse plutôt qu’un privilège désirable, et un grand nombre, pendant longtemps, ne le revendiquèrent pas ou se dispensèrent d’en user. Elles ne réclamaient point alors le pouvoir de faire des lois et de participer d'une manière effective au gouvernement de l’Etat; leurs habitants voulaient obtenir de fortes garanties contre les servitudes féodales, ils réclamaient le droit d’acquérir, de conserver, de vivre en sécurité sous les lois établies; enfin, cette liberté civile que le progrès social assure aujourd’hui à chaque citoyen dans la plupart des pays de l’Europe '.

Les croisades favorisèrent surtout les progrès de la bourgeoisie |»ar l'extension qu’elles donnèrent an commerce : les rapports multipliés avec l’Orient firent naître de nouveaux besoins, et les marchands furent le lien entre l’Europe et l’Asie : le commerce maritime surtout.

I. Sur le parlement et sur les propres de la chambre des communes, depuis la promulgation de U grande cbarlc, voyez le livre suivant.

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