COMMERCE. INDI STRIE
pres(|ue nul avant les croisades, acquit par elles un vaste et rapide développement : l’industrie européenne pa^na également aux conquêtes des croisés. Les étoffes de soie, les épices, les [îarfums et les autres trésors de l’Orient étaient connus en Eurojie dès le siècle des Carlovingiens ; mais on ne les voyait qu’à la cour des princes et dans les habitations des grands : aussitôt qu’en partie, par l’effet des croisades, les villes furent devenues des centres d’activité libre, de commerce et de richesses, ce luxe s’étendit de toutes parts : la manière de se vêtir, de se meubler, de se nourrir, devint différente, et l’aisance augmenta chez les nobles et les bourgeois. Une très-grande partie du commerce maritime de l’Europe se faisait à celte époque par la célèbre hanse fondée à Lubeck au milieu du xu* siècle. Celle-ci, en ,
Ligue
s’associant Hambourg, jeta les fondements de la grande ligue hanséatique, dans laquelle, au xiv* siècle, entrèrent quatre-vingts villes du littoral occidental de l’Europe, des bords du Rhin et de la Méditerranée, confédération puissante et phénoménale qui, formée à une époque où les droits mutuels des nations étaient partout méconnus ou violés, subsista inébranlable au milieu des effroyables bouleversements de l’Europe au moyen âge : elle eut en Angleterre un de ses principaux comptons dirigé par une des compagnies de marchands résidant à Londres, et célèbre sous le nom de compagnie des marchands allemands de Steel- Yard. La nation anglaise faisait alors un grand commerce avec ses possessions du midi de la France, surtout pour l'exploitation des vins, et souvent cent navires anglais étaient réunis dans le port de Bordeaux,
Sollicitude des rois d* A iifjlelerre et des parlements pour
le^ommcrce
Ces rapides progrès du commerce anglais furent favorisés par plusieurs causes et surtout par la situation toute maritime du pays, par les institutions anciennes qui, dès le temps des Saxons, mettaient cette profession en honneur, conférant la noblesse à quiconque avait fait trois voyages sur mer *, et enfin par les traditions nationales et l’habitude des grandes entreprises maritimes commune aux Danois et aux Normands, qui partageaient avec la race saxonne le sol de la Grande-Bretagne.
Les rois et le parlement montrèrent de lionne heure beaucoup de sollicitude pour le commerce et l’industrie : ce fut Henri lit «pii conclut, eu 1217, avec le roi de Norwége Haquin , le plus ancien traité commercial de l’Angleterre : Edouard 11 traita pour le même objet avec plusieurs contrées de l’Europe, entre autres avec le Portugal; il favorisa de tout son pouvoir l’importation des denrées étrangères , et il fut un des princes de la maison des Plantagencts qui montrèrent le plus de sollicitude pour les intérêts commerciaux du royaume. Mais les efforts des rois et des parlements étaient combattus et souvent paralysés |iar de puissants obstacles, dont le plus grand était l'ignorance profonde des plus simples conditions dans lesquelles le commerce peut prospérer; sous Edouard II, on lit une loi pour fixer le prix des marchandises, et, à cette époque encore, les marchands étrangers étaient considérés comme responsables pour tous ceux de leur nation. La jalousie des Anglais à leur égard était extrême et rendait l’approche îles côtes périlleuse : souvent les