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COMMERCE. IMHSTR1E. 45.1
marins des cinq ports, soudoyés par les nationaux, et transformés en pirates féroces, s’élançaient sur les navires des nations étrangères, pillaient les marchandises et jetaient à la mer les équipages. Quoique le commerce de l’Angleterre avec l’étranger ait pris plus d’extension a la suite des croisades, le grand mouvement qu’elles imprimèrent au commerce maritime profita surtout aux républiques italiennes des bords de la Méditerranée et de l’Adriatique, Pise, Florence, Gènes et Venise : ces villes fameuses, les deux dernières surtout, partagèrent, au moyen âge, avec la ligue hanséatique, la plus grande partie des opérations commerciales de 1 Europe et de l’Asie jusqu’à la découverte de l’Amérique et de la route du sud par le Cap.
Le sort de la dernière classe de la nation, de celle des serfs, obtint aussi, du moins en principe, quelque amélioration des croisades : les papes décidèrent qu’on ne pourrait empêcher un chrétien, dans quelque condition qu’il fût né, de prendre la croix et de partir pour la terre sainte : c’était briser d’un seul coup les liens qui attachaient les serfs à la glèbe, à la terre de leur seigneur; c’était les admettre à une espèce de fraternité d’armes et accroître à leurs yeux le sentiment consolateur de leur dignité individuelle comme membres de la famille humaine : mais l’application de ces principes ne fut pas générale, leurs conséquences bienfaisantes furent rarement immédiates, et les serfs qui s’enrôlèrent sous la bannière de la croix eurent presque tous une fin misérable. La plupart périrent victimes de leurs fatigues et de leurs propres excès, ou moissonnés par le fer des musulmans.
Condition
des
serf*.
Lettres cl sciences.
VU
Il fallut d’autres causes pour rétablir eu Angleterre une classe nombreuse de cultivateurs libres. Cette classe, qui était celle des céorls, existait chez les Anglo-Saxons et subsista même quelque temps encore après la conquête normande; mais, peu à peu, elle diminua et elle disparut presque tout entière au xii* siècle, lorsque la féodalité eut achevé d’étendre son réseau sur tout le royaume , et quahd la domination hiérarchique, de personnelle qu’elle était avant la conquête, devint réelle l. La possession de la terre entraîna dès lors la possession des cultivateurs eux-mêmes, et sous Henri II les descendants des anciens céorls, à l’exception de ceux qui étaient devenus propriétaires terriers, avaient déjà presque tous perdu leur liberté : ils se relevèrent dans la suite; leur classe réussit graduellement à s'affranchir; elle atteignit, dès le xiv* siècle, une condition supérieure à celle des cultivateurs sur le continent, et il en sortit cette race vigoureuse des Yomen qui contribua puissamment à la prospérité agricole de l'Angleterre et au triomphe de ses armes sur le continent. Plusieurs causes qui seront plus lard indiquées concoururent à cette heureuse révolution; mais il faut voir l’une des plus efficaces, dans les efforts persévérants de l’Eglise *.
C’est encore le clergé qui au moyen âge ralluma le flambeau éteint des lettres et des sciences : de toutes parts alors dans l’Occident, au xii* et au xiii* siècle, l’esprit humain était en travail, et l’Italie, où Dante et
1. Voyez ci-dcssus, Ut. i, cli. IV, § IV, Institutions politiques de Guillaume le Conquérant.
2. Macaulav, F/izF. d‘ AngUtcrrt, depuis l’avéncment de Jacques IF.