LIVRE I. Cil V 1*IT II K I
résolu d'imprimer dans le cœur des Bretons un souvenir ineffaçable de sa puissance et de celle de Home. 11 pénétra avec son année jusqu’au fond de la Calédonie, surmontant par des efforts surhumains tous les obstacles que lui opposaient le ciel, la terre et les barbares : combler des vallons, affermir un sol mouvant et fangeux, abattre d’épaisses forêts, couper des routes dans les rochers, jeter des ponts sur des marais, et cela sous une pluie continuelle et sous les traits d’un ennemi invisible qui attaquait à l’improviste, massacrant les traînards et les détachements isolés, tels furent les travaux accomplis par les Romains dans cette campagne mémorable avec des maux inouïs et des pertes immenses évaluées à cinquante mille hommes: ils marchaient comme électrisés par leur inébranlable général qui, |>erclus de ses membres, porté en litière au milieu de SC6 soldais, et insensible à la douleur, s’avança ainsi d’obstacles en obstacles jusqu’à l’extrémité du monde connu, et ne s’arrêta que lorsque la terre manqua sous lui.
Parvenu à la pointe la plus septentrionale, aujourd’hui nommée cap Cromarlhv, de nouvelles propositions de paix furent faites à Sévère, et il se montra disposé à les accueillir : il avait perdu la fleur de son armée, l’âge et les infirmités l’avertissaient de son déclin, il voyait ses (ils divisés : dans l’un d’eux il avait reconnu son ennemi. Toutes ces causes réunies rendirent Sévère plus traitable avec les barbares et il consentit à recevoir leur soumission : puis il ramena ses légions dans la province romaine et fixa sa résidence dans la ville d’York (Eboracum), qui acquit dès lors toute l’importance d’une capitale.