‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 20 sur 202 · CONQUÊTE DE L II.F, PAR LES ROMAINS · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE L II.F, PAR LES ROMAINS

Durant le séjour prolongé que fit Sévère à York , il employa son armée à un travail gigantesque. Les murailles d’Agricola, d’Antonin le Pieux et d’Adrien, construites simplement en terre et revêtues de gazon, avaient indiqué plutôt qu’efflcacemenl défendu la frontière de la province romaine : Sévère résolut de la protéger dans toute sa longueur par un mur de pierre qui fût un boulevard véritable, et il construisit en deçà du territoire des Méates une colossale muraille qui s’étendait sur une longueur de 78 milles, presque parallèlement au mur détruit d’Adrien, de l’embouchure de la Tyne au golfe de Solway Sévère l’acheva en l’année 210, et il l’avait à peine terminée qu’il apprit une nouvelle insurrection de ces mêmes tribus qu’il avait châtiées et qu’il voulait contenir.

A cette nouvelle la fureur le saisit, il résolut de les visiter de nouveau et de les exterminer. Mais il présumait trop de ses forces : il eut aux pieds une nouvelle atteinte •le son mal cl redevint incapable de marcher ou de se

4 . La hauteur de ce mur fut de douze pieds, non compris le parapet, cl sa lar geur de huit; il était protégé par un redoutable système de tours, de châteauxforts et de grandes stations militaires fortement retranchées. Celles-ci, dont la moins vaste contenait une cohorte de six cents hommes, étaient au nombre de dix-huit, établies de distance en distance sur toute la ligne; quatre-vingt-un châteaux-forts, grands bâtiments carrés de soixante-six pieds de façade, étaient construits entre les stations dont ils liraient leurs garnisons, et trois cents tours de douze pieds carrés, s’élevaient dans les intervalles des forts, servaient de postes d’observation et complétaient la défense. Ces tours, ces forteresses, ces stations étaient liées par une roule militaire que protégeait un fossé profond a; dix mille homrpes enfin étaient préposés à la défense de ce boulevard de la province romaine en Bretagne, travail gigantesque, empreint dans toute son étendue de la grandeur caractéristique des œuvres du peuple roi et qui ne pouvait être accompli que par un homme habitué il surmonter tous les obstacles.

«. Tkackrray, sol. I, p 17 J.

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tenir à cheval. Les lésions murmurèrent de sou absence, et une partie, de l’armée, séduite par son indigne fils, salua Antonin Caracalla du nom d’auguste. Ces acclamations furent entendues du vieil empereur et réveillèrent avec sa fierté son indomptable énergie ; il se fit liorler sur son tribunal, où il força de comparaître en accusés tous les complices de la rébellion, les soldats, les centurions, les tribuns et le nouvel empereur. La ce grand vainqueur, couché à terre, promenant ses regards suites coupables qui lui demandaient grâce, leur dit : «Eh quoi! ne savez-vous point que ce ne sont pas les pieds, mais la tète seule qui commande? » Ce dernier effort l’avait épuisé; il se lit ramener à York, où il expira le 4 février de l’année 2H, après un règne de dix-huit ans. Il fut du nombre de ces hommes extraordinaires que Rome s’était en quelque sorte réservés pour s’assujettir le monde : de tous ceux qui, après Jules-César, avaient mis le pied sur le sol breton, si Agricola est le plus complet et le plus véritablement grand homme, Sévère peutêtre est le plus étonnant. Ce fut lui qui, en portant ses armes à la limite la plus reculée de la Bretagne, obtint la gloire d’en avoir achevé la conquête, et la puissance romaine dans l’île atteignit son apogée sous son règne. Ses cendres furent rapportées à Home par ses fils, et l’histoire dès lors, durant 75 ans, et jusqu'à Dioclétien, fait à peine mention de la Bretagne.

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