‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 21 sur 202 · GC · texte numérisé non relu

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L’empire romain durant le troisième siècle, de la mort de Septime Sévère, en 2H, à l'avènement de Dioclétien, en 284, fut agité par les nombreux compétiteurs connus sous le nom des trente tyrans '. Les médailles de l’époque nous ont transmis les noms de ceux que la Bretagne reconnut, et il est à présumer que plusieurs y furent d’abord proclamés : saint Jérôme, qui vivait un siècle plus lard, désigne encore cette île comme particylièrement fertile en tyrans; en effet, et par suite du grand éloignement de Rome, les chefs militaires, presque indépendants en Bretagne, avaient plus de facilité pour l’usurpation, et la situation insulaire du pays multipliait en même temps leurs ressources pour la défense.

L’un des plus fameux de ces usurpateurs de la pourpre, s’éleva sous les empereurs Dioclétien et Maximicn : ce fut un Ménapien obscur, nommé Carausius qui, après avoir acquis quelque expérience sur mer dans le commerce, se distingua par sa bravoure aux armées, et reçut de Maximien le commandement d’une flotte destinée à protéger les côtes de l’empire contre les pirates. Déjà les Saxons s’étaient rendus redoutables : ce peuple occupait les côtes de la mer du Nord, des bouches du Rhin à la

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Chersonèsc Cimbrique. Enhardi par les déchirements de l’empire, il infestait ses rivages avec d’autant plus de succès, que les Romains, invincibles sur terre, étaient encore inexpérimentés et novices dans les opérations maritimes. Carausius châtia les pirates et leur enleva ce qu'ils avaient ravi; mais au lieu de restituer ses prises au fisc ou aux provinciaux dépouillés, il les appliqua à son propre avantage : il s’en servit pour corrompre la Hotte qu’il commandait et pour gagner en Bretagne l’armée romaine. Devenu suspect à Maximien, sa mort fut ordonnée; mais il prévint ses ennemis par son audace, il revêtit la pourpre, prit le nom d’auguste, et soumit toute la Bretagne à son autorité , tandis (pie ses nombreux vaisseaux portaient la terreur sur les rivages du continent.

Les deux em|»ereurs jugèrent d’abord qu’il était prudent de le reconnaître comme leur collègue; ayant ensuite adopté pour successeurs f.alère et Constance, qu’ils s’adjoignirent avec te titre de césars, ils donnèrent l’ordre à Constance de renverser l’usuqiatcur, qui tomba victime de la trahison d’Allectus, son ministre et son assassin.

AUcctus tenta de lui succéder et parvint à se maintenir trois années en Bretagne J, jusqu’à l’arrivée du césar Constance. Il périt alors, son armée, fut détruite et la Bretagne fut réunie de nouveau à l’empire après en avoir été détachée dix ans sous Carausius et sous son successeur.

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