liltm , ibid
LA BRETAGNE sois les romains. Cl
Constance lit aimer dans file son administration équitable et douce, et elle devint son séjour de prédilection ; il continua à l'habiter lorsque après l’abdication de Dioclétien et de Maximicn il eut été reconnu empereur. Il mourut à York en l’année 308, et avant d’expirer, il recommanda son fils aux chefs et aux soldats qui le saluèrent empereur et auguste. Ce jeune prince devint le célèbre Constantin. Sous son règne, et durant les sanglantes guerres que se firent après lui ses trois fils, Constantin, Constance et Constant, la Bretagne demeura paisible près d’un demi-siècle.
Il est à présumer que cette longue période fut favorable aux progrès du christianisme dans 111e, dont une très-grande partie était demeurée païenne. Aucun fait l>ositif n’établit l’existence du nouveau culte en Bretagne avant la fin du second siècle de notre ère. Cette éqioque est celle que la tradition assigne à la conversion du roi Lucius, qui vécut sous Marc-Aurèle et Commode, et que l’on a supposé être un des rois descendant des anciens chefs indigènes, tolérés dans la Bretagne comme vassaux et tributaires des Komains. Une hiérarchie religieuse fut établie, dès le siècle suivant, dans l’Église bretonne que les écrivains contemporains mettent sur le même rang que les Églises de l'Espagne et de la Gaule.
Les chrétiens de file eurent moins à souffrir que ceux du continent des persécutions auxquelles leur culte fut en butte sous plusieurs empereurs jusqu’à Dioclétien, mais ils ne purent échapper aux cruels édits de ce prince et de son collègue, Maximien Hercule. La persécution qu’ils ordonnèrent fut la dixième depuis Néron, et la plus sanglante : elle dura dix ans. de 303 à 313; Bèdc et Gildas
Avénctncnt
Constantin le Graud
à l’empire.
christianisme
dans
la
romaine.
Appariliuu
des
ISclfs el dis Seul».
I<cur origine.
nous apprennent qu’elle atteignit la Bretagne, el qu’un grand nombre de chrétiens y perdirent la vie dans les supplices : ils citent parmi eux le bienheureux saint Alban, dont le martyre fut marqué, selon la tradition, par d éclatants miracles Le césar Constance, qui résidait à cette époque en Bretagne, n’osa point modérer la rigueur des édits de Dioclétien; mais plus tard, étant lui-même parvenu à l’empire, il toléra dans l’ile la liberté des cultes. « Après une nuit si sombre, dit Gildas, les disciples du Christ commencèrent à contempler de nouveau la lumière du ciel; ils relevèrent les églises détruites et ils en élevèrent de nouvelles en l’honneur des saints martyrs. » Le culte enfin fut rétabli en Bretagne : il y Ut des progrès jusqu’au temps de l’hérésie arienne, et dans le grand concile tenu à Arles, en 314, nous voyons figurer trois évêques bretons qui furent ceux d’York, de Londres et de Camalodunum.
On voit dis|>araîtrc de l’histoire après Constantin les noms de deux peuples célèbres par leur opiniâtre résistance aux Romains, les Méates et les Calédoniens, que remplacèrent les Pietés et les Scots (Ecossais). Ce fait a été l’objet des plus savantes recherches : il parait constant que les Pietés sont le même peuple que les Calédoniens -, el que leur nom, dérivé du mot latin Picli, leur a été donné par suite de l'habitude qu'ils avaient de peindre leur corps. L’origine des Ecossais est toute différente. Sortis de l'Irlande dont ils occupaient les côtes orientales, ils n’élaient séparés de la Bretagne que par un étroit