LA BRETAGNE SOIS LES ROMAINS
sous Vespasien, elle fut bientôt perdue, et sa |>ossession l»ar les llomains fut presque nominale.
Chacune de ces provinces avait un gouverneur particulier subordonné au gouverneur général de la Bretagne : celui-ci, nommé par l’empereur, eut, jusqu’à Dioclétien, le titre de préfet ou de propréteur, et il exerçait sur l'île entière une autorité presque souveraine, mais son gouvernement était ordinairement de peu de durée; il unissait au pouvoir militaire le pouvoir judiciaire. Un procurateur impérial ou questeur, sous les ordres du préfet, levait les impôts et administrait les revenus de l’ile. Les taxes, dont la principale, nommée xriptura, pesait sur les troupeaux, était souvent grossie à la volonté du préfet ou du questeur, et le poids dont elles accablaient la population indigène la poussa souvent à la révolte.
Les Homains percevaient des droits sur les legs, les funérailles, les ventes, les mines et les marchandises, soit à l’importation soit a l’exportation, et ces droits étaient une grande source de revenus. Le commerce entre l’empire et la Bretagne avait acquis, sous leur domination, un grand développement, et les transactions y furent facilitées par les routes solides et nombreuses dont ils sillonnèrent le pays : l’agriculture fit sous leur direction d'immenses progrès dans l'ile; des villes nouvelles s’élevèrent sur les côtes et à l’embouchure des rivières navigables, et parmi les plus considérables à cette époque, au point de vue commercial, on citait
qu à Richard de Circnceslcr au XlVr siècle, il n’en cal fait aucune mcnlion. Nom «tons adopté les limites h peu prés telles que les donne cel biîloricn. (Voy. Rtch. Cirenc. , (U situ Biilan. , c. C.)
Administration .
Taxes , commerce, agriculture.
Diverses sortes «le villes.
Clausentum, aujourd’hui Soulhampton, Rutupæ ou Richbourg cl surtout Londres dont l’importance est attestée par Tacite.
On comptait en Bretagne, dans le second siècle de l’èrc chrétienne, cent quarante villes environ, dont la condition et les privilèges différaient beaucoup selon qu’elles étaient des colonies, des municipes, des cités ayant le droit latin jus latii. ou des villes shpendiaircs. Il y avait parmi ces villes, neuf colonies; elles étaient civiles ou militaires : la plupart de ces dernières devaient leur origine à des concessions de terre faites par les empereurs aux vétérans des légions romaines. Les vétérans ou leurs descendants y formaient le fonds principal de la population, et conservaient les mœurs, les lois et les formes administratives de la mère patrie. Deux villes seulement, York et Vérulam, avaient le rang de municipe; leurs habitants possédaient le titre de citoyens romains : ils nommaient eux-mêmes leurs magistrats et s’administraient selon leurs lois. Dix villes étaient en possession du jus lalii, ou droit latin, qui conférait, entre autres privilèges, le droit d’élection des magistrats. Les autres villes étaient slipendiaires : elles payaient tribut à l’empereur qui les gouvernait par ses ofticiers sous l’autorité du préfet. Avec le temps, ces distinctions s’effacèrent, et Caracalla donna le droit de lauirgeoisie romaine à tous les habitants de l’empire
La domination romaine s’étendit quelque temps dans l’île entière jusqu’aux monts Grainpicns; mais les villes
4. Pour de plus amples Joliil», royei le» Quatre coaquilei de i'Auglelei te , I. I, p. 138 cl tuiv.
La BRETAGNE SOIS LE$ ROMAINS. 19
seules et les colonies subirent l’influence de la civilisation de Rome et furent soumises à l’action directe des autorités qu’elle y établit. Quelques anciens princes ou chefs de tribus, demeurés fidèles aux Romains, furent confirmés par les empereurs dans leur dignité, ou même reçurent d’eux de nouvelles cités, comme on l’a vu par l'exemple de Cogidunus; mais ces princes n’eurent plus qu’une autorité d’emprunt, et ils cessèrent, avec le temps, de l’exercer en leur propre nom. L’indépendance des indigènes fut plus grande dans les campagnes que dans les villes, et ils la conservèrent surtout dans les contrées montagneuses de l’ouest qui formaient la Bretagne seconde et dans celles du nord. Là, le druidisme subsista avec scs rites et sa hiérarchie ; là, les rois ou les anciens chefs de tribus ou de clans semblaient s’être héréditairement maintenus quoique avec un pouvoir limité et subordonné à celui des gouverneurs romains. Ces chefs indigènes étaient tributaires comme le sont les rois nationaux qui continuent à régner sous la domination anglaise dans les Indes. Il eût été difficile aux Romains d’établir un autre système de gouvernement dans des contrées où la nature présentait tant d’obstaclès.
L’autorité impériale était maintenue dans l’île par plusieurs légions et cohortes auxiliaires, celles-ci se composaient en Bretagne des habitants de l’empire qui n’étaient ni citoyens romains ni Bretons d’origine. Elles étaient disséminées avec les légions dans toutes les stations intérieures de l’île et défendaient principalement les grandes lignes ou chaînes de postes qui s’étendaient d’une frontière à l’autre '.