‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 28 sur 202 · FIN DE LA PUISSANCE DOMAINE EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

FIN DE LA PUISSANCE DOMAINE EN BRETAGNE

gnards du nord et des pirates saxons. Rappelant alors le souvenir de ses anciens exploits à la poursuite des animaux sauvages, il rassembla les guerriers bretons, les mit en embuscade, et fondit à leur tête au cri A’ Alléluia sur des bandes de Scots barbares qu’il mit en fuite après leur avoir fait éprouver une grande perte. Cette héroïque action de l’évêque saint Germain fut célébrée par les historiens sous le nom de victoire A’ Alléluia.

Tout lien national, toute hiérarchie administrative, toute action commune et centrale avait disparu : les municipalités, le clergé, les principautés particulières, toutes ces forces divisées agissaient isolément, et la Bretagne se serait fractionnée en autant de |>arties qu’il y avait de souverainetés indigènes, si un danger permanent n’eût forcé plusieurs de celles-ci à s’unir dans l’intérêt de la commune défense. Quelques-uns des nombreux États qui formaient cette sorte de fédération essayèrent de concentrer leurs forces dans une même main et créèrent un chef des chefs, un roi du pays. Cette mesure utile, que le danger lit adopter dans le but de justifier la défense nationale, eut un résultat tout différent par suite des rivalités et des guerres qu’elle suscita entre les candidats au rang suprême. Les Pietés et les Scots en profitèrent pour forcer les lignes de défense et se précipitèrent avec furie sur les malheureux Bretons déjà affaiblis par leurs querelles intestines. Ceux-ci deux fois s’adressèrent aux Romains et en obtinrent d’insufüsants secours, beux légions furent successivement envoyées dans l'ile; la seconde avait un chef habile et vaillant qui vainquit

Abandon de la Brelap'tio

pilles Romains.

les Scots et les Pietés et les repoussa au delà du mur de Sévère. Mais ce chef n’ignorait pas (juc des remparts de pierre sont de faibles défenses sans des bras éprouvés et des cœurs intrépides : il instruisit donc les Bretons à garder eux-mêmes leurs retranchements , les fournit d’armes de toute espèce et les exhorta à trouver dans leur courage et dans leurs propres forces les ressources nécessaires pour repousser leurs cruels ennemis. Marchant ensuite au sud, il dit un dernier adieu à la Bretagne et lit voile pour le continent, 475 ans après la première invasion des Romains dans l’ile sous Jules- César.

Les Bretons, à cette époque, n’étaient pas assez aguerris pour se protéger eux-mêmes. A moitié païens et l>arbares et à moitié chrétiens et civilisés , partagés d’ailleurs entre une multitude de chefs, ils n’avaient ni lien politique ni lien religieux, et ne possédaient plus, comme nation, aucune condition d’existence ou d’avenir. Ils étaient arrivés à ce point extrême et fatal où il faut qu’un peuple redevienne barbare ou soit conquis par un autre peuple plus habile et plus fort. Ce fut là leur destin : les Bretons furent de nouveau conquis et il leur fallut beaucoup lutter et beaucoup souffrir avant de se rallier et de retrouver en eux-mêmes un héroïsme qui ne sauva point leur indépendance, mais qui, du moins, illustra leurs derniers efforts et jeta de l’éclat sur leurs défaites.

Peu de temps après le départ de la dernière légion romaine, les Pietés et les Scots attaquèrent encore le mur de Sévère, le franchirent, et ravagèrent toute la contrée méridionale. Réduits au désespoir, les indigènes envovè-

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