‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 38 sur 202 · FONDATION DES ROYAUMES SAXONS · texte numérisé non relu

FONDATION DES ROYAUMES SAXONS

Ida mourut après avoir conquis, sur les deux bords de la Tweed, l’État breton de Byrnich qui devint le royaume saxon de Bemieie : à sa mort, un chef de son peuple, nommé Ella, fit la conquête de l’État de Deyfr entre la Tweed et l’Huinber et fonda ainsi, vers l’an 560, le septième État ou royaume saxon qui fut appelé le Deira. Enfin, après une |»ériode de vingt-six années, des colonies de la nation des Angles quittèrent les États de Bernicie et de Deira, sous la conduite d’un chef nommé Crida, franchirent rHurnher, et, chassant devant eux les Bretons, s’établirent au sud de ce fleuve entre la Trent et les montagnes de la Cambrie (pays de Galles). Là ils fondèrent en 865 un huitième royaume saxon qui fut nommé le royaume de Mercie. Sa création fut attribuée à Crida, mais ce fut son petit-fils, le célèbre Penda, qui donna à la Mercie une existence indé|>cndante des Anglo-Saxons du nord.

Ainsi furent successivement fondés les huit royaumes saxons, qui formèrent une véritable octarchie, souvent changée en heplarchie par la fusion des États de Bemieie et de Deira en un seul État qui devint redoutable sous le nom de Northumbrie Le nom de terre des Angles n’avait été donné qu’à une très-petite partie de la côte de l’est, où une colonie peu nombreuse de ce peuple s’était établie avant l’émigration générale: mais, avec le tcmjis, ce nom s’étendit à tout le territoire occupé dans l’île par la race anglo-saxonne. Il fallut à cette race près d’un siècle et demi de combats depuis la première arrivée d’Hengist pour établir complètement sa domination dans la Bretagne, et vers la fin du vi* siècle, elle possédait l’Ile entière,

I . l*c uom tl’Hcplarchie ou des sept Étuis, nom consacré par l'usage, a été improprement donné à la réunion des royaumes anglo-saxons.

Bernioic

et

Lteira.

Mercie.

ISuriliuui-

brie.

L1VHB 1. CIIAHTKK II.

à l’exception de lu jiartie septentrionale' un delà du Forlli, nommée Calédonie, et de la côte occidentale depuis l’embouchure de la dyde jusqu’à la |>ointc de Cornouailles.

Le peuple conquérant n’extermina point le peuple conquis dans les lieux oit il se fixa, comme on l’a cru longtemps d’après le témoignage de quelques anciens auteurs; mais là presque partout les Bretons furent réduits à un état sinon de servitude, du moins de dé| tendance : leur territoire et ses princi|>ales divisions reçurent des dénominations saxonnes; ils (tordirent leurs chefs, leur culte et jusqu’à leur langue. Cependant la perte de leur gouvernement national n’enlraina point pour eux celle de leurs vieux usages. 11 existait, au moment de la conquête, de nombreux rap(<orts entre les coutumes îles anciens Bretons et celles des Anglo-Saxons, particulièrement en ce qui touche le mode de possession des terres, le gouvernement de la famille, l’organisation des tribunaux et l’administration de la justice. Les historiens font à peine mention de ces rapports; ceux-ci ce|>cndaul, après les affreuses calamités que toute conquête traîne à sa suite, contribuèrent beaucoup à consolider sur le sol de l’Angleterre les institutions saxonnes et à fondre en un |>euple les vainqueurs et les vaincus.

Il faut reconnaître néanmoins que les premiers temps qui suivirent les invasions saxonnes, furent, |>our le |ieuple vaincu, des temps de désolation et de deuil : les Bretons qui ne purent sup|K)rter, sur le sol conquis, les douloureuses conséquences de leurs défaites, gagnèrent en foule la côte occidentale et trouvèrent une patrie , et des frères au sein des populations indigènes qui s’y étaient maintenues.

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