LES ANGLO-SAXONS SOIS LES BRETWALDAS
inflexible à l’égard des infracteurs des lois, et « aux jours d’Edwin, dit Bède, une femme portant un enfant sur son sein eût traversé l’ile entière sans recevoir une insulte. »
Mais, dans ces temps encore barbares, la civilisation d’un |tcu|de ou d’un Etat tenait presque tout entière à la vie d’un seul homme ou au sort d’une bataille, et la Northumbrie en offrit un triste exemple. A côté de ce royaume grandissait celui de Mercie, sous l’autorité du redoutable roi Penda, qui faisait remonter, comme tous les autres Victoire» princes anglo-saxons, sa généalogie jusqu’à Odin. Il fit rii'iu(lc alliance avec Cadwalla, roi breton du nord de la Cambric
rcoua.
ou Nord-Galles, contre les Norlhumbres, et remporta sur eux, près d’Hatfied, une grande victoire. Le roi Edwin jtérit dans le combat, et la Northumbrie devint pour un temps la proie des vainqueurs. Les Bretons vengèrent l'oppression de leur jtays sur cette contrée malheureuse, que Penda abandonna à leurs fureurs, tandis que luiiiicmc envahissait le pays des Est- Angles, où il renversa et tua trois rois, Eric, son frère Sigebert et le saint roi Anna.
Les Northumbrcs, atTaiblis sous le joug des Bretons, élurent pour roi le pieux Oswald, qui fut, dit le vénérable Bède, un homme selon le cœur de Dieu. Oswald atfran- o«w.u,
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chit son peuple, il reunit sous son sceptre, par une suite brclwJiaa. d’heureux succès, les nations et les provinces de la Bretagne divisées en quatre langues, celles des Bretons, des Pietés, des Scots et des Angles; il fut reconnu |>our sixième brelwalda, et, parvenu à ce comble de gloire et de fortune, il ne cessa de témoigner le plus grand zèle |iour la conversion au christianisme de ses sujets païens.
L'influence de sés vertus s’étendit au delà des limites
Oiwio,
brctwralda.
de son royaume : il contribua fortement à la conversion des jieuples du Wessex, et il tint leur roi Cynégils sur les fonts baptismaux. L’heure approchait où il allait rendre son âme à son Créateur, dans la trente-huitième année de son âge et la huitième de son règne. Le roi de Mercie, Penda, lui ût la guerre, marcha contre lui et lui livra bataille dans les champs de Maser. Oswald, fenveloppé de toutes parts, abandonné de ses gardes et portant une forêt de dards enfoncés dans sa poitrine *, eut encore la force d’adresser à Dieu des vœux ferv ents pour ses braves compagnons tués autour de lui, il pria pour eux et mourut.
Osvvio, septième bretwalda, frère et successeur d’Oswald, sur le trône de la Northuihbrie, fut aussi son vengeur. Le fameux Penda, après avoir envahi le Wessex et détrôné le roi de cette contrée, avait tourné ses armes contre les Est-Angles ; il les vainquit dans une bataille où leur prince perdit la vie , puis il marcha de nouveau contre les Nortbumbres avec les bandes de trente chefs belliqueux, ses vassaux ou ses alliés, et jura de changer la Northumbrie en désert. Osvvio n’avait qu’une faible armée à lui op|>oser; il demanda la paix au roi mercien, en lui offrant des concessions magnifiques. Penda refusa. « Eh bien donc, dit Osvvio, si le païen rejette nos dons, offrons-les au Dieu tout-puissant qui les acceptera. » Il fit vœu, s’il obtenait la victoire, de consacrer sa fille au Seigneur, avec un fonds suffisant jiour l’entretien d’un monastère; puis, se confiant tout entier dans le Dieu des chrétiens, il se porta, avec son fils Alfred et sa faillie troupe, au-devant de la multitude des ennemis. La bataille