‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 45 sur 202 · LES ANGLO-SAXONS SOIS LES BRETWALDAS · texte numérisé non relu

LES ANGLO-SAXONS SOIS LES BRETWALDAS

s’engagea près de Leeds, à Windwid-Field, et Oswio fut vainqueur. Là succomba le terrible Penda, meurtrier de cinq rois. Les Merciens, échappés au glaive des Norlliumbres , périrent en foule dans les eaux d’un torrent débordé; et longteiiqis après, lorsqu’au foyer de famille il était question de cette grande journée , on disait :

« La mort d’Anna , l’assassinat d’Edwin et d’Oswald, le trépas de Sigebert et d’Eric, furent lavés dans le ruisseau de Windwid. »

Oswio victorieux subjugua rapidement l’Est-Anglie et rendit aux Merciens ravages pour ravages. Les princes bretons et saxons reconnurent sa suprématie, les Pietés et les Scots se soumirent et furent ses tributaires, l’île enfin presque tout entière lui fut quelque temps assujettie.

Oswio vieillissait, et, déposant le glaive, il donna toutes scs pensées à la religion. 11 fonda de nombreux monastères, les dota richement, et essaya d’établir, dans les divers Étals de la Bretagne, l’uniformité des pratiques du culte et de la discipline religieuse^ — La fin de son règne fut désolée par une effroyable peste, nommée la peste jaune, qui ravagea la Bretagne et l’Irlande, et enleva la majeure partie de leurs liabitants.

Oswio mourut en 670, et avec lui disparut, pour cent cinquante ans, dans la Bretagne le titre de bretwalda.

Dans le siècle et demi qui s’écoula entre son règne et celui d’Egbcrt, les faibles royaumes de Kent, d’Essex, de Sussex et d’Est-Anglie disparurent et demeurèrent vassaux ou tributaires des puissants royaumes voisins de Northumbrie, de Mercie et de Wessex '.

I. Vnycz liait VllUloire des Quatre wni)«fle* ie l’Angleterre l’biiloire de ce» dirpn royaumes jusqu'à Eflbcrt.

Hutaillc

de

Windvtid* Field.

Mort du roi

Peude,

Ina, loi do

Wesscx.

Tous les Etals de l’octarehic fuient réunis et soumis à l'Etal de Wcssex dans les premières années du ix* siècle, et c’est surtout à ce dernier royaume que se rattachent les origines de l'histoire d’Angleterre.

Dix-huit souverains, dont une femme, occupèrent successivement jusqu'à Egbert le trône de Wessex Un seul de ces princes a laissé un souvenir dans l'histoire : ce fut Ina, roi guerrier, législateur et chrétien. Il soumit le royaume de Kent, maintint sous sa dépendance ceux de Sussex et d’Essex et lutta avec des succès divers contre les Merciens et les Bretons de Cornouailles. Dans la cinquième année de son règne, il publia un code do soixanteseize lois qui réglèrent l'administration de la justice, établirent des compensations légales pour les crimes et posèrent des bornes à l’hérédité des querelles entre les familles.

Ina, dès ses jeunes années, avait montré une ferveur religieuse qu’il manifesta d’abord par de pieuses largesses. Il fit de nombreuses donations aux églises et aux monastères, et fonda la célèbre et magnifique abbaye de Glastonbury. La fin de son règne fut troublée par des révoltes ; fatigué du trône, il chercha la paix dans la retraite. D'après l’avis de la reine Ethelberge, sa femme, il déposa volontairement le sceptre qu’il avait tenu trentesept ans. 11 entreprit avec elle un voyage à Borne, où il

I. Ces souverains furent : Ccrdic, Cenric, Céawlin, Céolrio cl Céolwulf, qui régnèrent ensemble; Cynégils et Cuiclielm, Coimvalsli , la reine fccxburge, veuve de CoiuwaUh # eicniple peul-étre unique chez les Saxons d’une femme appelée au Irône ; elle eut pour successeurs Acscuin, Cenlwin, Cesdwalla, Ina, Eilielred I", Cullircd, Sigcbxrelli, Cyncwulf el Diilirir, prédécesseurs d'Kglicrl. — Céolric el Céolwulf, Cynégils et Cuiclu'ltii ayant régné simullauétncnl, les li islui icn s i.’oiit compté que seize rognes.

LES ANGLO-SAXONS SOIS LES UliETWALDAS.

fonda une école saxonne pour ceux de scs compatriotes qui séjourneraient dans cette capitale du monde chrétien ; il y joignit une église et un lieu de sépulture ; et pour l’entretien de ces pieuses fondations, il établit, diton, le denier de Saint-Pierre ou la taxe d’un penny sur chaque famille. Ina vécut à Rome du travail de ses mains, donnant l’exemple d’une humilité profonde et il y mourut pauvre et inconnu, sous l'habit de pèlerin.

Après lui, et jusqu’à la fin du vin* siècle, l’Etat de Wessex fut en proie à la guerre étrangère et .aux discordes civiles, et enfin, vers l’année 800, le sceptre fut transmis au célèbre Eghert qui, exilé dans sa jeunesse, avait trouvé sur le continent un refuge auprès de Charlemagne. Formé à l’école de ce grand homme, Egbert apprit de lui la guerre et la politique, et mil avec succès en pratique ses leçons sur le trône. Non-seulement il rendit à la couronne de Wessex l’éclat qu’elle avait eu sous Ina, il porta ses armes victorieuses beaucoup plus loin qu’aucun de ses prédécesseurs. 11 conquit la Mercie sur le roi Deornulf à la journée de Willon, il soumit ensuite à son sceptre le Kent et l’Esscx, et lorsqu'il eut étendu sa puissance sur toute la Bretagne anglo-saxonne au sud de l’Humber, il marcha au nord contre les Norlhumbres et les rendit tributaires. Puis tournant ses armes victorieuses contre les Bretons de la Cambrie, il pénétra jusqu'au centre du pays, s’appropria une partie de leur territoire et conquit l’ile d’Anglesey. C’est ainsi que la Bretagne presque tout entière reconnut ses lois et qu’il obtint la dignité suprême et enviée de bretiralda. Il fut le huitième et dernier prince anglo-saxon revêtu de ce titre.

Après des succès si nombreux et si éclatants, Egbert

EgU' i.

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rl iltfriii«*r Ire walJj.

régna encore neuf années, durant lesquelles il aurait joui paisiblement de sa gloire , si un nouvel ennemi n’eût apparu sur les côtes de la Bretagne. C’étaient les hommes du nord dé l’Europe, Danois ou Normands, qui Apparition déjà commençaient à se rendre redoutables sur les rioanuii vages du continent et des îles voisines. Ils abordèrent Normand» avec trente-cinq voiles en 833 à l’embouchure du Dart, •ur et Egbert, abandonné de la fortune, vit fuir devant eux

Ica cOles .

do son armée. Instruit par cet echec 1 , il lit appel a ses peula Bretagne. ^|eg disposa tout pour la défense; Les Danois reviu- (833) ront deux ans plus tard, firent alliance avec les Bretons de la Cornouailles et leurs armées réunies marchèrent contre les Saxons. Egbert les rencontra à Hengstone-Hill, gagna sur eux une sanglante bataille, les mit en fuite et les força de chercher un refuge sur leurs vaisseaux. Cette victoire fut son dernier triomphe, il mourut peu après, en 856. Son règne glorieux avait duré trente-sept ans *, et nous avons vu que sous son sceptre le royaume de Wessex, comme un fleuve majestueux, absorba tous les autres; cependant après lui, et même de son vivant, la Mercie et la Northumbrie continuèrent à exister en corps de nation d’une vie propre et séparée quoique dépendante.

Avec les invasions des hommes du Nord commença, |>our la Bretagne anglo-saxonne, une ère nouvelle marquée par une longue série d’affreuses calamités; avant d'en retracer l'histoire, il convient d’arrêter nos regards sur l’état religieux , intellectuel et moral de la société anglo-saxonne au vil* et au viii* siècle.

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