Elliclw. CAnm. ; lluniinglon, p. 198; lngulf, p
LA GRAMIE-BRET.VGXE AL Vil* ET Ali VIIIe SIÈCLE. tfl
Ct's deux siècles peuvent être considérés, à beaucoup d’égards, comme une des époques les plus remarquables de la domination anglo-saxonne diins la Grande-Béetagne. «Jamais, depuis l’arrivée des Saxons, dit le vénérable Bède, vers la fin du vu* siècle, il n’y eut dans la Bretagne des temps plus heureux; ils avaient à leur tête des rois très-braves et chrétiens, ils étaient la terreur des barbares, et tous les cœurs aspiraient aux joies du royaume céleste récemment annoncées *. •
La royauté , quoique plus limitée dans sa puissance que sur le continent, exeéça néârihioins uhè influence grande et salutaire sur les destinées des Anglo-Saxons. Elle ne fut pas seulement guerrière, elle fut essentiellement civilisatrice. Beaucoup de princes s'employèrent avec ardeur à instruire et à convertir leurs sujets, et ils ne firent pas de plus grands efforts pour triompher des ennemis extérieurs, en reculant leurs frontières, que pour combattre et vaincre les ennemis du dedans , les maux engendrés par l’ignorance et les liassions brutales. C’est en grande partie à leur zèle intelligent et pieux tpie la Grande-Bretagne doit l’insigne avantage de s’ôtre élevée, au via* siècle, fort au-dessus des autres pays de l’Europe occidentale par la science et par la religion.
Parmi les circonstances qui contribuèrent à ce résultat, aucune n’est plus digne d'attention que la supériorité morale des missionnaires et des évêques qui convertirent le peuple de cette contrée et chez qui l’intelligence fut presque toujours au niveau de la foi. Quelques-uns furent des hommes aussi éminents dans la science que