‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 52 sur 202 · I . Asscr, Vit. Alf · texte numérisé non relu

I . Asscr, Vit. Alf

Code

d’Alfred.

Sa

justice.

Sw

Ira vaut dans

les Ici 1res

les sciences.

la décadence des lettres, causée surtout par les invasions des Danois qui, en renversant les églises et les monastères, avaient détruit les seuls établissements où l’esprit reçût quelque culture.

Il mit une louable persévérance à attirer auprès de lui et dans ses États, par ses prières et par ses largesses, les hommes qui s’étaient fait un nom dans les contrées étrangères. C’est ainsi qu’il appela d’Irlande Jean Erigène ; du pays de Galles, Asscr de Saint-David qui fut plus tard son biographe; de la Mercie, le prêtre Raymond, qui devint archevêque de Cantorbéry; de la Gaule, enfin, saint Grimoald, prévôt de Saint-Omer. Alfred combla de biens tous ces hommes éminents par la science; il fit plus, il se les attacha par des liens indissolubles, par ceux de l'affection ; il en fit ses compagnons et ses amis. 11 apprit d’eux le latin, à l’âge de 40 ans ; il s’appliqua ensuite à répandre parmi ses sujets la connaissance de plusieurs bons ouvrages écrits dans cette langue et fit dans ce but ce qu’aucun prince ne fit jamais : il traduisit quelques parties de la Bible, Y Histoire ecclésiastique des .4nglais, par Bède, V Abrégé d'Orose et le Pastoral de Grégoire le Grand, ouvrage rempli des préceptes de la plus édifiante morale. Il envoya une copie de ce dernier livre à chaque évêque du royaume pour l’usage de son clergé. Il commenta et paraphrasa, en les traduisant, les Méditations de saint Augustin et la Consolation de la Philosophie , par Uoèce. La ne s'arrêtèrent point ses admirables efforts pour l’instruction de son peuple et pour la science : il composa lui-même plusieurs essais de morale ; il étudia la géographie , l’histoire, l’astronomie, la botanique et posséda presque toute la science du temps; il s’adonna

ALFRED LE GRAND

enfin à la poésie, et il crut rendre ses instructions plus |x>pulaires en leur donnant le secours de l’harmonie et «lu rliytlime poétique.

Tant de travaux, tant de devoirs si bien remplis prouvent suflisainment, dans celui qui s’en acquittait, l’existence des qualités sans lesquelles il aurait eu en vain la volonté de les accomplir, et les historiens nous apprennent en effet qu’ Alfred possédait à un haut degré l’exactitude, la vigilance, l’ordre et l’économie bien entendue de son temps et «le ses revenus. L’usage des horloges et des chronomètres était encore ignoré dans la Grande- Bretagne ; la nécessité rendit Alfred inventif , et au moyen de bougies de cire d’un poids égal et connu, il détermina d’une manière assez exacte la succession des heures *.

Cette vigilance de tous les moments, ce soin attentif à s’élever lui-même afin d’être en état d’élever ceux qui lui étaient soumis, il l’exigeait des évêques, des comtes, de ses officiers, de tous ceux , enfin , qui étaient revêtus de quelque autorité. 11 voulait qu’ils surpassassent le vulgaire en instruction autant qu’en dignité; il les contraignit donc de s’adonner à l’élude des lettres2; les enfants surtout étaient l’objet de scs soins les plus persévérants : il en réunissait un grand nombre dans sa cour; il les

4. Il reconnut qu’une certaine quantité de cire, d’un poids déterminé, pouvait faire sit bougies d’une égale épaisseur et de doute pouces de long, et qu'en les brûlant l’une après l’autre, elles devaicut durer vingt-quatre heures. Pour empêcher l’action du vent ou de» courants d’air sur la (lamme, il enferma les bougies dans une lanterne de corne, et la consommation de chaque pouce de bougie répondait ainsi & la soitanle-doutième partie de la journée. (Asser, Vie d'Alfred.)

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