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EDOl'AR!) L’ANCIEN. H 7
savonne en progrès, et l’impulsion qu’il lui donna se lit sentir longtemps encore après lui.
Alfred eut des successeurs dignes de lui ; le mouvement progressif imprime par ce grand homme à la monarchie anglo-saxonne ne s’arrêta point avec lui, et elle ne cessa de grandir en étendue et en force, durant les trois premiers quarts du x* siècle.
Edouard, son fils, surnommé l’Ancien, repoussa les Danois, reçut l’hommage des Ecossais et des Bretons «1e la Cambrie et affermit la paix dans son royaume en protégeant ses frontières par une ligne de forteresses. 11 fut secondé en toute chose i»ar les efforts et par les conseils de sa sœur Ethelflède, femme d’un grand caractère et que les historiens ont nommé la dame de Mercic, parce qu’elle gouverna longtemps cette contrée avec sagesse.
Ce prince régna vingt-trois ans et eut pour successeur son fils Athelstanc, qui fut du très-petit nombre de ceux «|uc la fortune favorisa toujours. 11 remporta dans les champs de Brunamlnirgh une victoire célèbre sur une multitude d’ennemis confédérés contre lui. On y vit réunis sous les bannières du roi de la mer Anlaf et du roi d’Ecosse «Constantin , les Norvégiens, les Danois de la Orande-Brctagne et des îles, les Galles des Hébrides et ceux des monts Grampiens. La victoire se déclara pour les Saxons qui la chantèrent dans des poèmes nationaux, dont quelques fragments ont été transmis jusqu’à nos jours. Cinq rois de la mer, sept comtes et une foule immense de guerriers moururent par le glaive dans ce combat terrible.
Athelstanc se glorifia dans scs chartes d’avoir subjugué
K louard l'Ancien .
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France.
t 18 LIVRE I. CHAPITRE II.
tous les peuples étrangers ù la race saxonne qui habitaient nie de Bretagne, et de cette grande victoire date réellement l’existence du royaume d’Angleterre : les chefs danois de la Nortliumbric et de l’Est-Anglie qui, sous une déjiendance nominale, avaient conservé en réalité une autorité à peu prés souveraine, achevèrent de disparaître, et loiiles les contrées conquises à l’origine par les Saxons et les Angles furent définitivement réunies ù la couronne du Wesscx.
Plusieurs princes puissants recherchèrent l’amitié d’Athelstane, et trois de ses sœurs, Edith , Edgive et Ethilde, firent d’illustres alliances. La première épousa le jeune Otlion, fils de l’empereur Henri l’Oiseleur, et si célèbre depuis sous le nom d’Othon le Grand; la seconde, Edgive, unit son sort à l’infortuné Charles le Simple, roi de France; Ethilde, enfin, la troisième, fut demandée en mariage et obtenue par le rival de ce prince, par le puissant Hugues le Grand, comte de Paris, dont la race devait succéder sur le trône de France à celle de Charlemagne.
Plusieurs princes trouvèrent un refuge à la cour d’Athelstane. L’un d eux fut son neveu, Louis de France, fils de sa soeur Edgive et de Charles le Simple. Une députation de seigneurs français, conduite par l'archevêque de Sens et envoyée par Hugues le Grand, vint, après treize ans, redemander à Atlielstane le descendant de Charlemagne, et le rappeler au trône de ses aïeux. Le prince Louis, qui fut surnommé d'Ouire-Mer, à cause de son long séjour dans le pays des Anglo-Saxons, retourna en France, soutenu par l'influence et ensuite par les armes de son oncle Atlielstane, et il y déploya, au
ATUELSTANE. I Ul
milieu îles révoltes et «les guerres perpétuelles, un eourage supérieur à sa fortune.
Alain de Bretagne^ petit-lils d’Alain le Grand, trouva aussi auprès d’Atlielstane asile et protection. Ce jeune homme, chassé de la Bretagne armoricaine par la sanglante invasion des Normands, sous la conduite de Itollon, se réfugia dans la Bretagne anglo-saxonne, patrie de ses aïeux, et dans la suite , avec l’assistance d’Athelslane et |>ar sa valeur, il recouvra son héritage et régna lui-même avec honneur sur la Bretagne.
Le trait dominant du caractère d’Athelstane était une grandeur dame vraiment royale : non-seulement il accueillit et couronna des orphelins et d'illustres exilés, il releva encore plusieurs de ceux «juc ses armes avaient abattus, et les rétablit sur le trône. « 11 est, disait-il, plus glorieux de faire un roi que de l’ctrc soi-même. » Et l’on assure qu’il rendit à Hovvel 1e royaume de Galles, et a Constantiu celui d’Écosse. Il n’écouta pas toujours, en cela, les conseils de la prudence : il contia le sceptre vassal de la Northumbrie au farouche Eric, qu’il avait précipité du trône de Norvvége, et ne s’informa point si celui-ci, à la tète d’un peuple si facile à soulever, se souviendrait plus de son élévation que de sa chute.
Athelstane, dont l’éducation avait été soignée, possédait les connaissances littéraires de son époque, il gouvernait selon les lois, avec science et sagesse. Ce prince ' instruit, vaillant, modeste et juste, joignait à ces vertus
celle qui était alors l’accompagnement nécessaire de toutes les autres, il se montra libéral envers les Églises et le clergé de ses États. Généreux avec les grands et les prêtres, il fut également charitable envers les pauvres,
Caractère.
d'AllicUlauc.
K. I mon ci l'ancien.
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et ou ne lit |ws sans émotion ses dispositions compatissantes |>our les indigents de ses domaines.
Albelstane mourut en 910, après seize ans de règne, et fut enseveli en grande pompe à l'abbaye de Malmrsbury. 11 eut pour successeur son frère Edmond , surnommé l’Ancien, qui régna six ans seulement, lutta glorieusement contre les Danois et fut enseveli au milieu de ses victoires. 11 a laissé un code qui porte son nom, et qui, comparé à ceux des rois ses prédécesseurs, annonce une civilisation déjà plus avancée.
Edmond ne laissait que deux fils en bas âge, Edvvy et Edgar; ils étaient l’un et l’autre trop jeunes pour régner, et selon la coutume anglo-saxonne, qui en cas d'incapacité des fils du dernier roi, donnait la préférence au frère, Edred frère d’Edmond fut élu. Les Northumbres s’étant de nouveau soulevés sous ce prince, il les châtia et les dompta en assimilant la Nortliuinbrie aux Étals saxons et en les partageant comme ceux-ci en comtés, en districts et en cantons, dont il confia l’administration à ses officiers sous un chef nommé Osulf, premier comte de Northumbcrland.
L’évêque Turketul, chancelier d’Edrcd , assura , pendant les neuf années de son règne, le repos du royaume. Edred eut pour successeur son neveu Edwv, fils d’Edmond, qui fut élu à peine âgé de 10 ans.
Depuis [dus d'un siècle, deux éléments de l’ordre social, la royauté et le clergé, étaient en progrès chez les Anglo-Saxons. L’Église, considérée au point de vue temporel, était aussi dans sa période ascendante : il se manifestait en elle, dans la Bretagne comme dans toute l’Europe, deux mouvements très -opposés, et dont l'un ne fut.