‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 60 sur 202 · CANUT LE GRAND · texte numérisé non relu

CANUT LE GRAND

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Ce grand roi sc tint en garde contre les dangers de l’adulation, et donna un jour, dans le voisinage de Southampton, une leçon mémorable à ses flatteurs qui le proclamaient |>ompeusement le maître de six nations puissantes et le premier des monarques. Il fit porter son siège royal sur le rivage, à la marée montante, se mit auprès des flots, et voyant la vague mourir à ses pieds, il s’écria : « Océan, cette île où je suis assis est à moi, tu tais toi-même partie de mes domaines et tu es au nombre de mes sujets : aucun d’eux n’est assez sourd pour résister à mes ordres, je te défends donc de monter sur mes rivages et de mouiller le bord de mes vêtements. » Mais l’océan montait toujours, et au mépris de l’autorité royale, il couvrit les genoux du roi de ses flots écumants. Adressant alors la parole à ses courtisans, Canut leur dit: « Que toute bouche humaine confesse la vanité du pouvoir des rois de la terre. Celui-là seul est grand, celui-là seul doit être honoré du nom de majesté, à qui les cieux, la terre, la mer et tous leurs habitants obéissent. » On dit que ce jour même, à Winchester, il déposa sa couronne sur le grand crucifix de la cathédrale, et qu’il renonça désormais par humilité à en ceindre son front'.

Les soins de la religion et de l’Église occupèrent particulièrement Canut dans les dernières années de son règne, sans lui faire négliger les intérêts de son peuple : il releva beaucoup d’édifices religieuxdétruits par lesDanois, et fit un pèlerinage à Rome, dont l’objet et les principales circonstances ont été rapportés par lui-même dans une lettre destinée à être lue par tous les ordres de la nation.

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