I. Iiqjulf CroyWnüj p
ÈDOl'ARD LE CONFESSEUR .
qui avait contribué à son rappel essaierait de le tenir dans sa dépendance , et d'autre part, il était à craindre qu’il ne fit voir une funeste prédilection pour les hommes du pays voisin au milieu duquel il avait vécu. Édouard, avec un caractère ferme, actif et résolu, aurait pu conjurer ou atténuer les dangers de cette situation, mais ces qualités lui manquaient; il ne savait ni se faire craindre ni se guider lui-même; il n’avait rien de ce qu'il faut pour dominer une situation difficile, et les orages qui agitèrent son règne furent suscités beaucoup plus par la faiblesse de son caractère que par le péril de sa situation.
Il trouva l’Angleterre partagée en plusieurs grands gouvernements administrés chacun par un puissant comte. Les princqKiux étaient ceux de la Northumbric , de la Mercie et du Wessex; ce dernier renfermait aussi le Sussex, le Kent et l’Est-Anglie. Ils comprenaient, depuis le temps d’Alfred et d'Athelstane, des peuples d’origine différente qui, fort longtemps après leur soumission aux rois anglo-saxons, avaient conservé leurs lois et leur grand conseil national : des royaumes ennemis étaient ainsi successivement devenus des provinces, de grandes fractions d’un même État, dont il avait fallu faire des gouvernements séparés. La création de ces gouvernements fut donc au x* siècle un fait nécessaire, une conséquence des progrès, en étendue et en puissance, de la monarchie anglo-saxonne et nullement un signe de dissolution, comme on l’a cru à tort, en tirant pour l’Angleterre, par analogie, de fausses conclusions de ce (jui se passait en France à la même époque. Les comtes qui régissaient ces gouvernements, comme délégués du
souverain, exerçaient un grand pouvoir; ils cumulaient
Grandes
divisions
de
TAnglelerro
sous
Édouard
le
Confesseur.