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les fondions de juges, d'administrateurs el de chefs militaires; mais ils étaient révocables, et leurs charges, en droit du moins, n’étaient pas héréditaires comme sur le continent : toutefois il y avait, dans la grande étendue de leurs pouvoirs et dans les progrès toujours croissants des idées et des mœurs féodales, en Angleterre comme partout en Europe, un péril réel pour la couronne. Ce péril, déjà très- sensible sous le règne d'Ethelred, se manifesta de nouveau à l'époque de la restauration de la royauté anglo-saxonne, et s’accrut encore par la faiblesse du prince. Les comtes, qui sous Édouard possédèrent longtemps les grands gouvernements du royaume, étaient Siward, Léofric et le fameux Godwin. Siward gouvernait le Nortlnmiberland; Léofric, la Mercic; Godwin et deux de ses fils, Sweyn et Harold, tenaient sous leur autorité le Wessex, le Sussex, le Kent, l'Essex et l’Est- Anglie.
La famille des Godwin était parvenue au faite des honneurs et tenait le premier rang après celle du monarque; les crimes d’un de ses membres portèrent la première atteinte à son crédit. Sweyn, cinquième fils de Godwin, fit violence à Elgive, abbesse de Léominster; banni par le roi pour ce crime, il mena sur mer une vie de brigandages, et dans la suite, après avoir obtenu une promesse de pardon , il assassina, avec d’atroces circonstances, son parent Beorn qui s’était opposé à son retour '. Le meurtrier trouva un refuge auprès du comte de Flandre, Baudoin, contre lequel Edouard avait fait un armement maritime, à la requête de l’empereur Henri III. Les crimes de Sweyn étaient énormes, et