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pourtant il finit par rentrer en grâces auprès du roi qui lui rendit ses biens et ses honneurs.
Edouard ressentit plus profondément les attaques laites par les Godwin contre ses favoris. Durant son long séjour en Normandie, il avait adopté les habitudes et les usages plus civilisés des Normands, et, depuis son retour, il s’était montré reconnaissant envers ceux qui l’avaient secouru dans son exil. Beaucoup vinrent à sa suite, et non-seulement il les admit à son foyer et à sa table, il leur donna de vastes domaines et leur contia île hautes dignités et de grands emplois. Pour obtenir d’Edouard, il fallait solliciter en langue normande, et celle-ci remplaça la langue nationale dans la bouche des courtisans saxons qui semblaient rougir de leurs usages nationaux et adoptaient le costume et les manières des étrangers : les livres des Normands, et entre autres le fameux |ioëinc de Roland, furent à cette époque, selon toute apparence, apportés par eux en Angleterre, et contribuèrent à répandre leur langue dans le royaume. Quelques Normands obtinrent du roi des comtés et des châteaux forts; de ce nombre fui Radulf, son neveu par sa sœur Goda, femme en premières noces de Gautier, comte de Mantes, et qui à sa mort épousa Eustaclic, comte de Boulogne : les chapelains d'Edouard, et ses plus intimes conseillers, furent des prêtres normands : l’un d’eux, Robert Champart, jadis simple moine, puis abbé de Jumiége, fut promu par Edouard au siège de Londres, et ensuite, en l’année 1048, le roi lui donna la première dignité du royaume, il le nomma archevêque • le Cantorbéry.
La prédilection du roi pour les étrangers aliéna de
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lui les Godwin. Leur eolére jalouse attendait avec impatience une occasion d’éclater, celle-ci se présenta bientôt. Eustache, comte de Bologne, mari d’une sœur d’Edouard, el, dans la suite, père de deux fils illustres qui tous deux s’assirent sur le trône de Jérusalem, vint en Angleterre visiter le roi son beau-frère; à son retour, une querelle, occasionnée par l’insolence de ses gens , s’éleva entre eux et les bourgeois de Douvres; une rixe s’engagea, dans laquelle une vingtaine d’hommes furent tués ou blessés des deux parte. Le comte Eustache s’enfuit auprès du roi Edouard qui, sans autre information , donna tort aux habitants de la ville, et, mandant auprès de lui le comte Godwin, dans le gouvernement duquel Douvres était compris, il lui ordonna de partir et de punir ceux qui , disait-il , avaient attaqué son parent sans provocation. Godwin refusa d’obéir jusqu’à ce qu’une enquête eût été ordonnée devant tes juges royaux, et il fut sommé de rendre compte de son refus devant un grand conseil convoqué à Glocesler où était le roi. Passant alors de la désobéissance à la rébellion, il prit les armes avec deux de ses fils, Harold et Sweyn, et, à la tète d'une force considérable, les Godwin s’avancèrent dans le comté de Gloccster. Edouard appela en aide à la majesté royale son neveu Radulf, comte d’Herefort, et les puissante comtes de Northumberland et de Mercie , Siward et Léofric. Ceux-ci marchèrent vers le sud avec une armée fidèle, et, d’un accord commun entre les chefs, la cause fut déférée au grand conseil national: Edouard y consentit el Godwin n’osa s’y refuser.
Les wittans furent convoqués à Londres, le roi entra dans sa capitale à la tète de l’armée la plus nombreuse