Frédéric Pliiqurl, Roman du Rmi , I. u, p. 70, noie I
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favoris, et, tout en détestant l’iniquité, il ne sut point tenir en bride les méchants : il crut ajzir en faveur de son peuple en renonçant volontairement à l'utile ressource de l’impôt du daneyelt, et il se priva ainsi d’un moyen efficace de maintenir la paix publique : il pensa travailler à son salut et mériter la protection céleste, en observant dans le mariage le vœu de continence; mais, mourant sans enfants, il éveilla au delà de l’Océan une ambition redoutable, et dans la tombe, où il voulut descendre tout entier, il entraîna les destinées de sa famille et de sa monarchie.
Aussitôt après la mort d’Edouard , Harold réunit le grand conseil à Londres, et, soit qu’il ait reçu la couronne ou qu’il l’eût prise, cette assemblée le proclama roi et il fut sacré le jour même des funérailles d’Edouard. Les événements de son règne appartiennent à l’époque suivante, et seront décrits au chapitre de la conquête normande. La monarchie anglo-saxonne survécut à peine une année à Edouard le Confesseur, arrière-descendant de Cerdic, dont la glorieuse race avait occupé le trône 571 ans après la conquête, et 2G5 ans depuis l’avénement d’Egbert, qui réunit le premier, sous le sceptre du Wcssex, tous les Etals de l’heptarchie '. Des étrangers vont encore une fois envahir le sol de la Grande-Bretagne, et les chefs anglo-saxons feront place pour un temps à de nouveaux maîtres; mais la société anglo-saxonne ne périra pas, elle se perpétuera par ses institutions et ses coutumes, et reprendra insensiblement, par celles-ci, l'ascendant perdu par les armes. 11 importe donc, avant
Ki tel ion d’Harold 11, Gis de Godwin.
d’aller plus loin, de décrire les usages et les lois que les Normands modifièrent en les combinant avec les leurs. Cet exposé complétera le tableau de l’époque anglosaxonne et danoise, et facilitera l’intelligence des importants résultats de la conquête normande.
Institutions et coutumes des Anglo-Saxons et des Danois dans la Grande- Bretaene jusqu’il la conquête normande.
Les peuples qui ont fondé les divers royaumes saxons de l’Iieptarchic avaient tous la même origine, et ils ont conservé, lorsqu’ils se sont établis en Angleterre, les coutumes nationales qui leur étaient communes sur le continent. Les modifications qu’y apportèrent dans la suite le christianisme et les habitudes d’une vie plus sédentaire furent à peu près les mêmes pour tous ces peuples, qui d’ailleurs furent souvent réunis sous un chef commun. Plus tard, quand les Danois eurent conquis la Northumbrie et l’Est-Anglie, et s’y furent établis en maîtres du sol, il est hors de doute qu’ils y firent d’abord prévaloir leurs coutumes particulières, et cependant les auteurs les plus compétents ne reconnaissent aucune différence profonde et essentielle entre les lois qui régirent ces contrées depuis l’invasion des Danois, et celles qui régirent les parties de la Grandc- Hretagne demeurées au pouvoir des Anglo-Saxons. Celle conformité est attribuée par eux à plusieurs causes et «l’abord à la grande ressemblance que l’identité d’origine avait mise dans les coutumes primitives et dans l'idiome des deux peuples, ensuite à l’adoption «pie firent les Da-