I.VSTITUTIOSS ET COI TUMES
nois de la plupart des changements apportes par le christianisme et |>ar les progrès naturels de la civilisation aux coutumes anglo-saxonnes, lorsqu’eux - mêmes eurent adopté la religion chrétienne et passé d’une vie nomade à une vie sédentaire, puis enfin, à la réunion des deux peuples sous le sceptre du roi Edgar, et puis de Canut le Grand : ces deux princes rédigèrent un code uniforme pour être admis dans les divers territoires de leurs États, sauf quelques modifications particulières en usage dans chacun d’eux : celles-ci consistaient beaucoup plus dans l’application de la loi que dans sa forme, dans le degré des pénalités que dans leur nature , dans les détails administratifs que dans le système du gouvernement.
Dans les institutions des peuples de civilisation récente, les lois politiques tiennent peu de place et se confondent le plus souvent avec les lois de la famille. Cette confusion est perpétuelle dans les codes des anciens peuples germains, et là surtout l’action des pouvoirs publics est en grande partie déterminée par l’état des personnes, par la nature des relations civiles et de la propriété.
La plupart des institutions germaniques reposaient sur trois coutumes générales et fort anciennes qui se retrouvent aussi chez les Celles et chez un grand nombre de peuples dans la première période de leur développement : savoir, sur le système des cautions et garanties, sur le compagnonnage et le rasselage, enfin sur la coutume des compositions jK)ur les dommages et les offenses.
La première de ccs coutumes, le système des garan-
Gaulions
et
garanties.
Compagnon*
nage
vassclage
Composition» .
<«8 LIVRE I. CIIAI'ITRE III.
lies, mettait sous le mund ou mundbyrd 1 du elief de famille, c’est-à-dire sous sa tutelle, tous ceux qui vivaient sous son toit; elle le constituait à leur égard mundoaldus, il était leur protecteur et il répondait pour eux.
La seconde était ce vieil usage, si général dans la Bretagne, dans la Gaule et dans la Germanie, que Tacite a décrit avec de si vives couleurs, et qui consistait poulies guerriers à se choisir un chef, à se réunir en un certain nombre sous son patronage, à le suivre à la guerre 2, et à lui engager ses services en échange de sa protection.
La troisième coutume, qui rappelle aussi l’immortel tableau tracé par l'historien romain, avait pour but de prévenir des vengeances héréditaires et sanglantes; elle consistait, dans l’origine, à exiger des coupables, pour l'offensé ou pour ses proches, un certain nombre de tètes de bétail comme une réparation de l’offense : cette amende se nommait composition, et elle fut dans la suite imposée en numéraire : une part était due à l’offensé, l’autre part à son seigneur ou au prince : la première se nommait faida chez les Germains du continent, et were chez les Anglo-Saxons; la seconde, la part du prince, était appelée fredum, chez ceux-là, et i cite chez ceux-ci. La grandeur de la composition se mesurait sur le rang de l’offensé et sur la gravité de l’offense.
1 . En lalin mmidium et mundeburdium signifient tutelle, protection; ce mol signifiait aussi le droit a une compensation pécuniaire pour la violation de lapait de chacun ou «lu foyer domestique ; et, enfin, U somme payée a la famille d'une fiancée pour transporter le droit do garde a la famille du mari. (B. Thorpe, Ancien! taws and intitules nf Engtand. Un of king F.tkelbert , 75. — Clossary.)