‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 71 sur 202 · I. ILilUtn, V Europe au moyen tige , c · texte numérisé non relu

I. ILilUtn, V Europe au moyen tige , c

INSTITUIONS ET COTTI MES. I 7‘i

Itans les villes, les marchands formaient des corporations on confréries (, trading guilds ) qui tiraient leur origine, soit de la guilde Scandinave ou germanique, soit des collèges d’artisans qui existaient au temps des Romains. Ces confréries et ces corporations jouissaient , selon les localités, de plusieurs privilèges différents, mais dont l’objet fut toujours d’en protéger les membres et d’établir des garanties pour leur conduite.

La valeur des hommes était pécuniairement évaluée chez les Anglo-Saxons comme chez les autres peuples. Le werc d’un tliane, de l'ordre le plus élevé, était de i ,200 shillings, il était de 000 shillings pour un tliane d’un ordre inférieur, et de 200 seulement pour les céorl.*. Le mund était évalué 00 shillings pour les hommes de la première classe, il descendait ensuite graduellement jusqu’à G shillings; cette somme était le prix du mund ou mundbyrd des hommes de la dernière classe. Les bretons vaincus, de la classe des céorls, eurent également un mund et un irere, quoique inférieurs à ceux des hommes de ce rang. Cependant, si le Breton, possesseur d’une hydede terre, payait une rente ou un cens au roi, son terre s’élevait au-dessus du vvere d’un céorl, et, s’il devenait possesseur de cinq hydes, il montait comme le céorl dans la classe des thanes.

La propriété territoriale était pour les laïques une condition presque toujours nécessaire |>our leur élévation dans une classe supérieure : en vain, disait la loi, le céorl portait la cotte de maille, le casque et l’épée; en vain il était possesseur d’une église, d’un manoir, d’une maison de ville et d’une charge dans la maison du roi, il n’obtenait point le titre de tliane, s’il ne joignait à ses antres

possessions celle de cinq liydes de terre ', ou le bien suflisant |K)iir l’entretien d’un guerrier. Longtemps avant que le système féodal ail pris possession du continent, on voit établi, dans la Grande-Bretagne, le principe qui a eu là une plus grande influence que partout ailleurs, et qui Ht mesurer l'influence personnelle à l’étendue de la fortune territoriale. Entre les descendants des v ieux Germains, l’Anglo-Saxon, (dus que tout autre, a conservé pour la divinité Herlha ( earlh ) ou la terre, quelque chose de ce culte que ses aïeux lui rendaient dans leurs forets sacrées'. 11 paraît avoir également pressenti la part réservée au commerce dans les destinées de son |>ays : la navigation élevait le marchand aux premiers rangs : trois voyages sur mer équivalaient à la possession de cinq hydes de terre, et celui qui les avait faits, de simple marchand devenait lliane.

Gouvernement Chez les Anglo-Saxons, comme chez les autres peuples Anglo-Saxon*, germains, iiousavons vu qu’il était d'usage de déférer le «ou titre royal aux membres de certaines familles privilégiées, cyningt. et qu’avant l'invasion de la Grande-Bretagne par ces peuples, le pouvoir des rois anglo-saxons était temporaire : élus pour chaque guerre, leur autorité commençait et finissait avec elle. Lorsque la guerre entreprise eut pour objet la conquête de la Grande-Bretagne, il y eut pendant un siècle une lutte acharnée, les expéditions militaires naquirent les unes des autres : il fallait protéger par les armes ce qu’on avait conquis pour elles ; le sceptre de

i. Ancien I latr.i and instituiez nf A,» gland, collocl. de B. Tliorpc, p. 70. —

Il est remarquable que chez |< s anciens Bretons ou Cambriens la possession do cinq mesures de tcire d’une certaine étendue parait avoir été lin privilège iuseparablo de lalibcrlé. (Voir Triades galloises, pa«sim.)

. 2. Taeit. Cerm. XI..

INSTITUTIONS ET COUTUMES

cps rois, nommés rois de la guerre, était leur épée, et une guerre perpétuelle perpétua leur pouvoir Quelques-uns des chefs jutes, angles et saxons, n’envaliirent point la Bretagne sous le nom de roi (rynituj), mais sous celui de général, ealdorman ou heretoch. Ils ne prirent généralement le titre de roi qu’après leur établissement dans l’île, et ils n’entrèrent que par degrés en possession des divers privilèges qui furent dans la suite attachés à ce titre.

Le roi faisait les lois de concert avec l’assemblée nationale, il confirmait et révoquait les magistrats, convoquail le peuple pour la guerre par cette formule célèbre • « Que quiconque n’est pas un homme de rien, soit dans les bourgs, soit hors des bourgs, sorte de sa maison et vienne. » Il commandait les forces de terre et de mer, faisait exécuter les lois, et son tribunal étàit la haute cour d’appel : sa parole était reçue sans serment; en plusieurs circonstances, il avait le droit de grâce, il disposait à volonté des juifs, il était enfin le lord, le seigneur des hommes libres.

La loi assurait à la personne du roi une protection toute spéciale. Déjà, du temps d’Ethelhert, le plus ancien législateur des Anglo-Saxons, le were du roi , ou composition pécuniaire pour attentat à sa personne, était quinze fois plus élevé que le votre d’un simple thane, et deux cenls fois plus que le votre d’un cultivateur ou céorl. Son mundbyrd, c’est-à-dire l’amende à laquelle était con-

I. En cyitingi unglo-mon» onl c«i de particulier, qu'il» paraisienl avoir réuni en leur personne les deu* caractères bien distincts du roi et du chef de guerre, tels que Tacite nous les a fait connaître; ils étaient ou premier rang et commandaient par le droit de la naissance et par celui de la valeur.

damné tout homme qui violait la paix du roi ou la protection royale, était évalué environ neuf fois au-dessus du mundbyrd d’un céorl : en certains cas, le coupable était puni par la perle de ses biens ou de sa vie. Les revenus royaux étaient considérables, ils consistaient en rentes territoriales, en redevances des v illes royales, plus tard, en heriols, en droits sur les ports, sur les marchés : une portion de toutes les amendes était versée dans le trésor du prince. Il paraît aussi, qu’outre les biens territoriaux appartenant au roi , un certain nombre de terres étaient données comme une sorte d'apanage à ses enfants.

Quelque brillante que fût la cour de plusieurs monarques anglo-saxons, depuis Alfred , et quelque étendue qu’eût en réalité le pouvoir royal par l’effet de diverses circonstances ou des qualités personnelles du monarque, deux faits principaux dominaient tous les autres, contenaient la royauté anglo-saxonne dans de certaines limites, ou l’y ramenaient à chaque vacance du trône. Ces deux faits étaient d’abord la non hérédité de la couronne par droit de primogénilure, et ensuite l’existence réelle, active et perpétuellement agissante d’un pouvoir rival, qui était celui des wittans ou sénateurs. vviucna- Les actes de l’époque nous montrent comme siegant T'- dans le wiltena-gemot , ou assemblée des wittans des compo^on, évêques, des abbés, des ealdormens, des thanes, milites •iiributioDi. ou chevaliers, et d’autres hommes sans spécificationd’aucune qualité, mais leur nombre légal n’est pas connu; on ignore également s’ils siégaient en vertu d’nne élection ou d’un droit personnel. Dans un |>ays, cepen-

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