‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 8 sur 202 · aranl J.-C · texte numérisé non relu

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Lorsque la Bretagne s’offrit comine une proie aux avides regards du vainqueur des Gaules, les prétextes ne manquaient point à César jiour la conquérir. Les Bretons avaient secouru, contre lui, les Gaulois dans toutes leurs guerres, ils pouvaient donc être considérés comme ennemis des Romains, et César résolut de passer dans l’île et de les punir.

Il appareilla d’Itius-Porlus avec l’infanterie de deux

i. Les savants sont partagé» sur cc lieu. Les uns pensent que c’est Calais, d’autres que c’est le village Je Wissanl, entre Boulogne et Calai», et dont le port est aujourd'hui comblé.

Première expédition de J u les- César en

Bretagne.

(53av.l. C.)

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lésions seulement qu’il embarqua sur quatre-vingts vaisseaux de charge; il partagea ses galères entre ses principaux officiers. Dix-huit vaisseaux étaient ancrés sur un autre point de la côte; ils avaient reçu la cavalerie et firent voile séparément.

César, avec la première escadre, arriva vers la dixième heure en face du rivage de la Bretagne, et vit les hauteurs couvertes d’insulaires en armes. La côte en cet endroit était si peu élevée, que les insulaires pouvaient, du sommet des collines, lancer leurs traits jusque sur la plage. Le lieu n’était pas favorable pour une descente, et César demeura à l’ancre, jusqu’à la troisième heure après midi, pour attendre les autres vaisseaux. Profitant ensuite du vent et de la marée, il leva l'ancre, et s’avançant le long de la côte, jusqu’à environ sept milles du lieu précédent, il aborda sur une plage ouverte et unie1 . Les Bretons ayant compris l’intention des Romains, envoient d'abord à leur rencontre la cavalerie et les charriots de guerre et accourent avec le reste de leurs forces pour s’opposer au débarquement de l’ennemi dont plusieurs circonstances rendaient la descente fort difficile : la profondeur des bâtiments qui tiraient beaucoup d’eau, l'ignorance des lieux, le poids des armures, la lutte simultanée contre les flots et contre les hommes, tout faisait obstacle aux soldats de César, tandis que les barbares, combattant sur une plage parfaitement connue, à pied sec ou peu avancés dans la mer, accablaient de traits les Romains et effrayaient leurs chevaux non accoutumés à ce genre d’attaque.

I. On croit que ce fut à l’endroit ou sVloxa U ville de Ikal.

INVASION DE LA BRETAGNE PAR Jl'LES-CÉSAR. 17

César voyant le péril et le désordre des siens, fit écarter les gros bâtiments et approcher ses longues galères, navires moins connus des barbares et plus faciles à manœuvrer; il leur commanda d’avancer à la rame sur le flanc découvert de l’ennemi, et de le repousser au moyen des traits, des arcs et des catapultes. Cette manœuvre fut d’un grand secours aux Romains; étonnés de la forme des galères, du mouvement de tant de rames, de l’aspect si nouveau pour eux des machines de guerre, les barbares s’arrêtent et reculent. Les Romains hésitaient encore à cause de la profondeur des eaux, lorsque le porte-enseigne de la dixième légion invoque les dieux et s’écrie : « Suivez-moi, compagnons, si vou3 ne voulez abandonner l’aigle aux ennemis; pour moi, j’aurai fait mon devoir envers Rome et env ers mon général. » A ces mots il se jette à la mer et porte son aigle vers les barbares. Excités par cet exemple, les légionnaires s’exhortent l'un l’autre, et pour ne point subir une si grande honte, ils s’élancent à sa suite et se précipitent sur l’enneini. Après une lutte acharnée, dont le succès fut longtemps incertain, les Romains, soutenus f>ar des chaloupes remplies de soldats, gagnent enfin le rivage ; réunis alors, ils forment leurs rangs, marchent en bon ordre et mettent les barbares en fuite; mais ils ne peuvent les poursuivre, la cavalerie, retenue par les vents contraires, n'ayant pu ni aborder dans l’ile, ni mettre à la voile : cette seule chose, dit César, avait manqué à sa fortune '.

Consternés de leur défaite, les bretons demandent la paix, donnent quelques otages, en promettent un plus

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