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UtMjl.ËTE DE L’AXCLETKRRE. 201
nouvel effort, et ayant fait une seconde fois avancer ses archers sur toute la ligne, il leur commanda de viser en l'air et par-dessus les premiers rangs pour atteindre le centre de l'armée ennemie : leurs traits ainsi laucés et retombant en pluie de fer incommodèrent gravement les Saxons : une flèche atteignit Harold à l’œil et ]>énétra jusqu’au cerveau. U mourut sur le coup; sa chute donna la victoire à Guillaume. Profitant du désordre qu’elle occasionna , les chevaliers normands s’élancèrent de nouveau, forcèrent les retranchements et se tirent jour jusqu’à la bannière royale qui fut abattue après une lutte désespérée : les Saxons lâchèrent pied et s’enfuirent dans les bois.
Avec Harold et ses frères tomba moissonnée dans cette journée sanglante toute l’élite de la jeunesse saxonne; à côté d’elle 15,000 étrangère, le quart de l’armée normande, étaient là gisants morts ou blessés. On dit que des religieux du monastère de Waltham, fondé par Harold, et guidés par une femme nommée Edith au cou de cygne, qu’il avait eue pour maîtresse, le trouvèrent parmi les morts : Guillaume fit ensevelir son corps sur lo rivage, mais il permit ensuite que ses dépouilles fussent déposées dans l'église de ce monastère.
La nation anglo-saxonne ne se releva point du grand désastre d’Hastings, de cette journée funèbre souillée du sang de tant de braves. Le coup dont mourut le roi Harold la frappa au cœur, et son indépendance fut ensevelie dans sa tombe sanglante '.
I. Les principaux incidents de U bataille d’Hatlings ou plul6t de Scnlar, ainsi que la série des événements qui l'ont précédée depuis le départ d’Harold pour la Normandie, ont été reproduit» sur la Ires-cétébre tapisserie dite de
Mort
d'Haruld II.
Défaite des Saxons.
Election
d'Edgar.
Après la fatale journée d’Hastings, les Anglo-Saxons étaient encore en mesure d'opposer au vainqueur une résistance formidable. La population de la grande ville de Londres avait pris les armes : les deux puissants comtes Edwin et Morkar y étaient entrés avec des forces imposantes, et de tous côtés arrivaient des renforts; mais, à ces nombreux éléments de défense, il manquait la condition indispensable du succès, savoir un chef en état de les mettre en œuvre et d’en diriger l’emploi. Les frères d’Harold, qui auraient pu prendre sa place, étaient morts avec lui, et ses deux fils étaient trop jeunes pour lui succéder : les suffrages des wittans rassemblés à Londres se partagèrent d’abord entre l’étheling Edgar, petit-neveu d’Edouard le Confesseur, seul et dernier descendant de Cerdic, et les comtes Edwin et Morkar. Le primat Stigand et l’archevêque d’York, Aldred, soutenaient Edgar, il fut élu '. Cher au peuple par sa naissance et par les grâces extérieures de sa personne, Edgar ne possédait aucune des qualités d’un roi : écarté du trône comme incapable dans un temps calme, il était difficile qu’il s’y maintint dans l’affreuse tourmente qui menaçait d’effacer son peuple du nombre des nations, et au plus faible des princes la fortune opposait l’adversaire le plus babile et le plus redoutable.
Guillaume attendit quelques jours, à peu près immobile après sa victoire , espérant que les habitants de Londres enverraient une députation dans son camp pour
Bayeux, ouvrage attribué à la reine Malhildc, femme de Guillaume le Conquérant. Cette tapisserie est peut-être le monument le plus curieux de l’biitoirc de ces temps.
I. lu statua tu régis puer est electus ab illis. (Widon. Carmen, V. 651.)
CONQUÊTE de lanülkterkk .
demander la paix. Personne ne vint, et le duc apprit au contraire que la ville faisait de grands préparatifs de défense et qu’une division de quelques nouveaux bâtiments récemment sortis des ports de Normandie, avait été repoussée de la côte d’Angleterre à Romney. Guillaume alors résolut d’agir; mais, contenant son ardeur parla prudence, il évita de se porter plus au nord avant d’avoir assuré au sud ses communications avec le continent, et de s’être ménagé, eu cas de revers, un refuge sur le sol même qu’il voulait conquérir. Il suivit donc le rivage avec son année, de Hastings jusqu’à Douvres.
Chemin faisant il prit Romney et infligea un châtiment exemplaire à ses malheureux habitants. La terreur devança Guillaume dans la ville de Douvres, défendue par un château fort construit sur un roc taillé à pic et réputé imprenable : la garnison se rendit et fut remplacée par une garnison normande : Guillaume prit ensuite le chemin de Londres. Ayant trouvé les abords de la ville bien défendus, il n’essaya point d’y entrer de vive force GtniUum* et répandit son armée dans les environs, incendiant les m*^rb* villages, ravageant les campagnes et interceptant les Un'lc”chemins aux hommes et aux subsistances. La discorde cependant régnait dans Londres, où les deux comtes Edwin et Morkar refusaient d’obéir à un fantôme de roi ; ils quittèrent la ville et retournèrent dans leurs comtes du nord.
Le duc fit alors porter aux habitants des paroles de paix, il ne prétendait point, disait-il, leur imposer un maître, il les invitait à ratifier, par leurs suffrages, le don de la couronne, qu’il affirmait lui avoir été fait parle roi Edouard. Cette conduite habile entraîna le peuple
Couroone-
mrat
de
Guillaume.
et les grands, ils retirèrent leur obéissance au faible Edgar, d’un consentement unanime et résolurent de prêter serment de fidélité à leur nouveau souverain, dans le camp des vainqueurs.
L’archevêque Stigand vint le premier trouver Guillaume, qu’il rencontra au passage de la Tamise à Wallingford et qui l’accueillit avec de feintes démonstrations de respect et d’affection, lui donnant les noms d’archevêque et de père en échange de ceux de fils et de roi s. Son exemple fut bientôt suivi par l’archevêque d’York, Aldred, par plusieurs prélats et principaux chefs réunis à Londres. Edgar vint lui-même avec eux déposer sa couronne dans les mains de Guillaume et l’inviter à en décorer son front. Guillaume reçut avec une apparente modestie cette proposition qui comblait ses vœux : il invita ses barons à en dire toute leur pensée, et s’étant fait presser par eux pour accepter le trône qu’on lui offrait, il parut céder à leurs désirs en y montant.
Le couronnement fut indiqué pour le jour de Noël dans l’église de Westminster (monastère de l'ouest), qui à cette époque était en dehors de Londres. Guillaume, toujours prudent, n’entra jioint dans la ville avant d’y avoir élevé plusieurs retranchements, et il lit, en même temps, travailler à la forteresse si célèbre dans l’histoire sous le nom de la tour de Londres. Il voulut que la cérémonie de son sacre s’accomplit selon les rites d’usage pour le sacre des rois saxons : ce fut des mains