‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 83 sur 202 · UN ME I. CIIAHITHE IN · texte numérisé non relu

UN ME I. CIIAHITHE IN

absolu de sa conquête en Angleterre, Guillaume passa sur le continent, rappelé par une insurrection des habitants du Maine.

Le dernier souverain de celle province avait légué eu mourant scs droits au duc de Normandie. Ses sujets s’étaient soumis d’abord; mais lorsqu’ils virent le maître qui leur était imposé engagé dans l’entreprise ftutttnutioti périlleuse d’une conquête outre mer, ils s’insurgèrent et NiiMur chassèrent de leurs villes ses officiers et les garnisons normandes. Guillaume les réduisit en conduisant dans le Maine une armée de Normands et d’Anglais.

Ses plus grands périls, en Angleterre, ne venaient plus des indigènes abattus et domptés, mais de ceux qui avaient vaincu avec lui, des conquérants : quelque généreux qu’ait été Guillaume à leur égard, de quelque prix qu’il eût payé leurs services, l’ambition des compagnons de sa fortune était plus grande que ses largesses, et leurs exigences allaient fort au delà des moyens qu’il avait de les satisfaire. 11 n’en pouvait être autrement, et ce fut la principale cause de la rébellion complot qui, en l’année 1072, mit en danger sa couronne. Les <t« i.igiifur» cj,efs (]c l’insurrection étaient deux hommes comblés

normmidi

ei par lui de richesses et d’honneurs et qu’il aurait dû

du comte .... .. . 4i»

saxon croire dévoués entre tous : Hoger, comte cl Hereiord, Waller, ji fj]s ,]e 80n ancien favori, du fameux fils d’Osberl, récemment mort en Flandre ; l’autre était le breton Raoul de Guadcr, comte de Norfolk. Roger avait enfreint la défense formelle de Guillaume, en donnant sa sœur en mariage au comte breton : ils virent tous deux une intolérable injure dans l’opposition du roi à ce mariage, ils s’unirent donc dans un même espoir de vengeance et

stimulèrent les ressentiments d’une foule de partisan* et d’amis par des discours incendiaires, où des griefs véritables étaient mêlés, selon l’usage, à des accusations vagues ou mensongères. Les comtes normands tentèrent d’associer à leurs projets ambitieux et à leur vengeance le comte saxon Walthéof, fils de Siward, gouverneur de la Norlhumbrie : Walthéof était le seul indigène laissé par le roi en possession d’un grand pouvoir : il avait pris auparavant une grande part à la grande insurrection des comtés du nord, et, en défendant la ville d'York contre les Normands, il en avait tué un grand nombre en abattant leur tête de sa main. Guillaume en lui pardonnant avait accru ses honneurs et l’avait créé comte de Huntington et de Northumberland. Le peuple anglo-saxon n’avait point cessé d’honorer en Walthéof le descendant d’une race de héros, quoiqu'il siégeât dans le conseil des conquérants. Les conjurés normands conq>tèrent sur le prestige de son nom populaire et sur son influence personnelle pour gagner les indigènes et pour donner à leur rébellion l’apparence d’une insurrection nationale. Walthéof résista d’abord ; cependant ils finirent par l’entraîner et par lui arracher son aveu '. D’autres chefs entrèrent dans le complot par haine ou par ambition, et ils se joignirent aux comtes rebelles qui appelèrent à leur aide les Bretons du pays de Galles et les Danois. Walthéof fut trahi par sa femme Judith et arrêté par l’ordre de Guillaume au moment où, inquiet et irrésolu, il se rendait près de lui pour lui révéler le complot.

4. La jiail que |»ri I Wall lieu f dans la conjuration des comtés norniéiids est ii des points le» plus obscurs de l'histoire de cette époque.

Exécution

de

Wilthéof.

Les conjurés, se voyant découverts, saisirent les armes, et avant d’être mûre, l’entreprise éclata. La révolte fut étouffée surtout |>ar l'activité de l’évêque de Baveux, Udon,' ‘frère de Guillaume, et par la vigilance du primat Lanfranc, qui en l’absence du roi gouvernait le royaume. Les rebelles pris les armes à la main furent cruellement mutilés, et le roi qui, au premier bruit de l’insurrection, avait |>assé en Angleterre, cita les princi|>aux chefs devant sa cour. Le comte de Norfolk fut banni à perpétuité; Roger, comte d’Hereford, jugé par la loi normande, |>erdit ses biens et mourut en prison. Waltkéof com|>arut à son tour devant le même tribunal, sous l’inculpation d’avoir appelé, de concert avec les comtes normands, les Danois dans le royaume. 11 fut condamné à perdre la tête, et la sentence reçut son exécution à Winchester. Walthéof marcha à la mort avec le tranquille courage d’un héros et la pieuse résignation d’un chrétien : son corps fut jeté sans honneur dans un fossé : mais ensuite, avec la permission du roi, il fut pieusement recueilli par des moines de Croyland qui l’ensevelirent avec respect dans leur monastère. Le coup qui frappa Walthéof retentit dans le cœur des v rais Saxons : ils se sentirent tous frappés dans sa personne , et ils honorèrent ses restes comme ceux d’un saint cl d’un martyr.

Le roi, en l’année 1081, conduisit une armée nombreuse dans la Cambrie contre les Gallois. Il soumit une grande partie du |>ays, où il délivra, dit la Chronique saxonne, trois cents esclaves ou prisonniers anglo-saxons.

Ses plus graves alarmes lui vinrent ensuite des Danois, et, dans les dernières années de son règne, Guillaume se vil encore sérieusement menacé par ce peuple. Canut

GULLAIHE l*\

le Jeune, fils et successeur du roi Sweyu, éleva des prétentions à la couronne d’Angleterre ; il projeta de conquérir ce royaume et fit alliance, dans ce but, avec le roi de Norvvégc, Olavc, et avec son beau-père, Robert, comte de Flandre, qui lui promit six cents navires. Guillaume conçut les plus vives craintes de cet armement formidable, auquel il opposa une foule immense de mercenaires rassemblés de toutes les parties de l’Europe et soldés avec l’or des Anglais. L’armée danoise se dispersa comme les précédentes sans avoir combattu, soit par défaut de vivres, par insubordination ou par trahison, soit peut-être par toutes ces causes réunies.

Cependant il ne fut pas donné à Guillaume de jouir de ses triomphes. Ce monarque, dont le caractère avait été fort aigri dans les derniers temps, fut affligé, dit Orderic Vital, par un juste jugement de Dieu, de beaucoup d'adversités : depuis l’année où mourut le comte Walthéof il n’eut plus de repos durable , et le cours étonnant de ses succès sur des ennemis étrangers fut souvent empoisonné par les alarmes ou les chagrins que lui suscitèrcul scs amis et scs proches.

Guillaume avait épousé Mathilde , fille de Baudoin , comte de Flandre, princesse dont Orderic Vital nous dit qu’elle ne brilla pas moins par les dons de l’intelligence et du cœur que par la beauté ', et qui lui donna quatre fils : Robert, Richard, Guillaume et Henri. A l’époque où il entreprit sa grande ex|>édition pour conquérir un royaume outre mer, il avait cru assurer la paix et l’indépendance de son duché, soit contre l’audace de ses

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