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Querelle*
domestiques.
ennemis intérieurs, soit contre les prétentions de son seigneur suzerain, en faisant reconnaître pour son héritier dans ses domaines paternels, son (ils aîné Robert, prince vaillant et ambitieux, mais inconsidéré, prodigue et trop adonné aux plaisirs1. Guillaume confia donc, à son départ, le gouvernement nominal de la Normandie à Robert, et voulut (|ue les seigneurs normands lui rendissent hommage. Mais plus tard, lorsqu’il se vit affermi dans sa conquête, il ressaisit ses domaines héréditaires et répondit aux vives réclamations de son fils par un refus qui l’irrita. Le ressentiment de Robert s’accrut encore par suite d’une insulte qu’il reçut de ses frères, Guillaume et Henri, dans la petite ville de Laigic, et que leur père ne punit pas. 11 s’éloigna le soir même, alla joindre des barons mécontents, ennemis de Guillaume, il les poussa à la révolte, et, après avoir inutilement tenté de s’emparer du château de Rouen, il fut chassé de la Normandie. Il traîna durant cinq ans une existence dépendante et misérable dans les cours étrangères, suscitant partout des ennemis à son père, en Allemagne, en Aquitaine et en Gascogne, vivant d’expédients, d’emprunts et d’auinônes, partageant ce qu’il avait avec des histrions et des femmes perdues.
Guillaume vint en personne assiéger son fils rebelle au château de Gcrberoy, en France, où il s’était enfermé avec des chevaliers et des hommes d’armes mécontents
4. Orderic Vidal a tracé lo portrait de Hubert comme il suit : « Ce prince, dit>il, était prodigue, hardi, vaillant, habile à tirer deParc. Il avait la voix claire, la parole éloqueulc, la figure pleine, le corps gros et la taille petite, d’ou lui vint le surnom de Gambaron et de Gourtc-twtle ou Cvurle-lleuse * (I. IV).
UIIII.VIME I".
du roi son père, vivant avec eux du pillage des campagnes voisines. Hohert, dans une sortie, engagea seul un combat corps à corps contre un chevalier couvert de son armure, le blessa et abattit son cheval. On dit qu’à la voix du blessé il reconnut son père, et que, mettant pied à terre aussitôt, il l’aida à se relever, le remit en selle sur son propre cheval et le laissa s’éloigner '.
Guillaume, à la sollicitation de ses barons, pardonna deux fois à son fils; mais la paix entre eux ne fut que passagère : le jeune homme emporté refusait d’obéir, et le roi l’aecablait de ses reproches et de son mépris. Robert rompit avec lui une troisième fois : il s’éloigna, suivi d'un petit nombre de compagnons qu’il soudoyait : il alla, maudit par son père, chercher fortune à l’étranger, et ne reparut plus en Normandie du vivant de Guillaume.
La reine Mathilde ne fut témoin, ni des nouvelles discordes qui désolèrent sa famille, ni des calamités qui en furent la suite. Elle mourut en l’année 10S3. C’était, dit Matthieu Paris, une princesse incomparablement noble et pieuse dont la généreuse libéralité fit la joie de la sainte Eglise. Guillaume l’aimait autant qu’il était en lui d’aimer, et quelquefois elle réussit à modérer ses fureurs ; il lui surv écut quatre ans, pendant lesquels il eut sans cesse à combattre et à lutter contre la rébellion dans ses domaines paternels. Le roi compta aussi son frère Odon au nombre de ses ennemis. Evêque de Ilaycux en Normandie et comte de Kent en Angleterre, Odon, insatiable de biens et d'honneurs, avait durement appr-