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avec l’intérêt réel de l'Église. Cette séparation, qui n’avait été précédemment établie en Angleterre qu’en ce qui touche les ecclésiastiques, devint, sous Guillaume, permanente et complète; elle eut pour effet de soustraire au jugement d’hommes trop souvent cupides, ignorants et grossiers, les causes qui semblaient plus spécialement du ressort de la religion et de la morale. Le clergé plus tard en profita pour attirer à lui toutes les causes, et |K»ur se rendre tout à fait indépendant non-seulement des tribunaux laïcs, mais de la couronne. Cet abus ne pouvait sc produire sous un prince aussi vigilant et aussi ferme que Guillaume; il était d’ailleurs trop grand politique pour séparer entièrement l'Église de l’État, et il eut recours à plusieurs mesures fort importantes pour conserver sur le clergé la portion d’influence qu’il jugeait nécessaire à son pouvoir. La première de ces mesures fut de transférer la plupart des évêchés et des ab- Imycs à des prélats normands, sur l’obéissance desquels il comptait à proportion des liesoins qu’ils avaient de son appui : la seconde fut de soumettre d’une manière plus étroite et plus précise que sous la domination saxonne, tout le clergé de l’Angleterre à une direction unique et centrale sous un chef spirituel de son choix; mais il fit voir aussi dans ce choix même une piété sincère, une sollicitude véritable pour le progrès de la foi et de l’enseignement religieux dans son royaume; il montra que les grands hommes ne craignent pas d’approcher d’eux île grandes lumières, et il s’honora lui-même en élevant sur le siège de Gantorbéry. l'illustre Lanfranc. Ce prélat, ancien prieur de l’abbaye du Uec, puis abbé de Saint- Kticnne, à Caen, et qui par sa parole et par son exemple
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avait exercé la plus salutaire influence sur le clergé de Normandie, contribua fortement aussi à relever l’enseignement et la discipline religieuse en Angleterre. La gloire de l’Église anglo-saxonne était depuis longtemps éclipsée, les mœurs comme la science y périssaient, le sacrement du baptême était devenu l’objet d’un trafic honteux, les élections avaient cessé d’être canoniques, cl, longtemps avant la conquête normande, le monarque et sa cour disposaient des abbayes et des évêchés 1 : l’Église, enfin, était en proie à de grands maux auxquels l'illustre Lanfranc fut appelé à porter remède : autorise* |>ar le souverain jiontife et par le roi, il remplit une mission sévère, mais il y apporta beaucoup plus de modération qu’on ne l'a dit, et plus de sympathie pour les Saxons qu’on n’aurait pu l’attendre d’un prêtre étranger et du ministre d’un conquérant 2 3. C’est à lui surtout qu’ils furent redevables des franchises qu’ils conservèrent, et c'est grâce à sa sagesse et à sa pieuse influence, qu’en introduisant de. si grands changements dans l’Église, Guillaume parut agir plus en réformateur qu’en tyran s.
Convaincu de l’importance et de l’utilité des anciennes prérogatives de l’Église de Cantorbéry, Lanfranc porta Guillaume à désirer qu'elles fussent affermies et même augmentées, afin que l’autorité métropolitaine de ce