I . Slal. du Roy., 2« c\ 3» «un. d'E.lou.rd VI, c. XIX
achetant avec le reste l'appui des avides courtisans ou leur oubli.
repentions nouveaux réformateurs, quoique en s'appuyant
rciigieufw. dans leurs réformes sur les Ecritures interprétées par le sens individuel ou la raison, n'en étaient pas i>our cela plus tolérants et ne supportaient pas que d'autres interprétassent la Bible autrement qu'eux et fissent, à leur égard, acte d'indépendance, comme ils faisaient eux-mêmes vis-à-vis du clergé romain. Des peines sévères, quelquefois même cruelles, frappèrent les dissidents en qui le nouveau clergé voyait des hérétiques, et malgré la répugnance extrême du jeune Edouard VI à ordonner ces châtiments barbares, plusieurs bûchers, entre autres ceux de Jeanne Bocher et du hollandais Van Paris, furent allumés sous son règne. Projeu Jusque-là tout souriait au protecteur, tout fléchissait
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et devant lui, lorsque dans sa propre maison, dans sa fadrS?nini miUe et en la personne de l'amiral Seymour, son frère, Ir- il trouva un rival et un adversaire dangereux* Celui-ci, doué de rares talents et dévoré d'ambition, avait brigué à la mort du feu roi, et obtenu une alliance illustre; il avait épousé la reine douairière, sa veuve, Catherine Parr, qui mourut peu de temps après ce second mariage. Lord Scymour alors porta ses vœux plus haut et aspira à la main d'Elisabeth, fille de Henri VOL II était difficile qu'il obtînt pour cette aUiancc l'aveu de son frère, que menaçaient ses intrigues et qu'il cherchait à supplanter, et cependant il lui était également impossible de s'en passer, une des clauses conservées du testament de Henri VIII excluant ses filles de la succession à la couronne, si elles se mariaient sans l'aveu du conseil.
Éimi'ARD vi. :u>9
L'amiral ne pouvant gagner son frère, résolut <le k perdre, et tous ses efforts tendirent à diminuer son crédit dans le parlement et à le ruiner dans l'esprit du jeune roi. 11 corrompit le secrétaire d'Edouard, entretint avec ce prince une correspondance secrète et tenta de l'éclairer en lui montrant la réunion des pouvoirs de protecteur du royaume et de gouverneur du roi, dangereuse dans la même main et portant trop haut la puissance d'un sujet. Seymour fut encouragé et maintenu dans cette voie téméraire par un homme plus habile que lui et encore plus ambitieux, par Dudley, comte de Warwick, qui s'attribuait le principal honneur de la victoire de Pinkey et qui, se donnant pour l'ami des deux frères, envenimait leurs querelles et les excitait sourdement l'un contre l'autre. 11 poussa l'amiral à des démarches qui devaient le perdre aux yeux du protecteur, en ébranlant celui-ci, et il préparait ainsi sa propre élévation sur la ruine de tous deux.
Somerset s'était réconcilié une première fois avec son frère; mais ensuite, le voyant persévérer dans ses intrigues coupables et chercher à soulever contre lui le parlement, le conseil, le peuple et le roi lui-même, il prêta l'oreille aux insinuations de Wanvick, dépouilla son frère de la charge d'amiral et le fit conduire à la Tour. 11 essaya en vain d'obtenir de lui l'aveu de ses fautes et la promesse formelle de renoncer à ses projets ambitieux. Seymour, trop confiant dans son crédit près du roi et des deux chambres, repoussa les avances de son frère; il demanda un jugement solennel et une libre défense avec confrontation de témoins, et brava hautement toute la puissance du protecteur. Somerset
alors étouffa dans son âme lout autre sentiment que la colère et la vengeance 11 résolu! dr frapper son frère i»ar la voie la plus courte et en même temps la plus sure, et fil rendre par le parlement un hill (Vatlainder ou de proscription qui dispensait, pour frapper l'accusé, de l'observation des formes légales. Il obtint, à cet effet, l'aveu d'Edouard, et triompha aisément de la faible opposition qui éleva la voix dans la chambre des lords et dans celle des coinsuppiic*. mimes. Le hill Vatlainder fut rendu presque à l'una- , . dc nimité 1 : la tète de lord Sevmour tomba sur l'écha-
lord Seymour.
faud à Tower-Hill, et Tordre d'exécution fut signé par m9^ son frère. Celui-ci, quoique provoqué à sévir, parut avoir écouté la passion plutôt que la justice en refusant à Sevmour un jugement légal, et il donna par cette conduite à ses propres ennemis des armes contre lui.
Des troubles civils causés surtout par les changements profonds apportés dans l'administration des biens qui avaient appartenu au clergé, marquèrent la suite de ce règne si court. La réformation, en supprimant les monastères, où une multitude de pauvres trouvaient leur subsistance, et en faisant passer en des mains nouvelles une partie considérable du territoire, occasionna, dans les premiers temps surtout, de très-vives souffrances. La mendicité, malgré les mesures légales décrétées pour la restreindre, s'accrut d'une manière effrayante : les fer- MUfcre mp8, *es t(TITS abbatiales, furent régies avec une rigueur croissanic inusitée lorsqu'elles passèrent de la main des moines Peuple dans celle des courhsans. Il y eut augmentation dans le prix des fermages et diminution dans les débouchés pour