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toute saison à glorifier le Seigneur et à lui rendre témoignage. Elle eut ensuite une nouvelle controverse à soutenir avec plusieurs évêques et savants docteurs : la journée du lendemain fut désignée pour son supplice. Guilford, son mari, devait être exécuté le premier : il lui demanda le matin même une dernière entrevue qu'elle n'osa lui accorder par la crainte de sentir son courage ébranlé dans leurs adieux suprêmes; et quand son tour fut venu, elle descendit et se présenta au shérif chargé de la conduire, avec un visage où ne perçait aucun signe de crainte ou d'abattement, mais auquel la confiance d'être réunie bientôt à l'objet de ses plus chères affections donnait un éclat inaccoutumé. Marie, craignant l'émotion populaire à l'aspect de tant de jeunesse, de mérite et de beauté moissonnés sur l'échafaud, avait ordonné que l'exécution serait faite en secret dans l'intérieur de la Tour, et Jeanne, en approchant du lieu du supplice, rencontra, par hasard peut-être, le corps de son époux qu'on rapportait tout sanglant et mutilé. A cette vue elle défaillit un moment : des larmes coulèrent en abondance sur ses joues : mais son grand cœur les eut bientôt taries : elle surmonta sa faiblesse, gravit d'un pas ferme les degrés de l'échafaud, et saluant les assistants, elle leur dit que sa volonté était exempte de tout crime contre la reine, que sa faute était moins d'avoir porté une main téméraire sur la couronne que de ne l'avoir pas rejetée avec assez de constance, qu'elle s'était rendue coupable moins par ambition que par respect pour ses parents, et qu'elle voulait prouver, par sa résignation à son arrêt, le désir sincère d'expier un acte qu'elle n'avait commis que par un excès de piété filiale. En ache-
vaut ces mots, elle s'agenouilla et reçut le coup mortel. Peu de jours après, le duc de Suffolk, son père, subit le même supplice auquel son ambition avait dévoué sa fille innocente.
L'histoire de la tyrannie, dit un auteur célèbre, n'offre pas un autre exemple d'une femme de dix-sept ans, mise à mort par l'ordre d'une reine, sa parente, pour avoir obéi à l'ordre d'un père, ordre qui avait reçu la sanction de tout ce qu'il y avait de plus illustre dans la noblesse, de plus grave dans la magistrature et de plus vénérable dans le clergé. Exemple d'autant plus affreux que Jeanne réunissait, à la jeunesse, à la beauté, au génie, la science, la vertu et la piété : mort à jamais mémorable, capable à la fois d'honorer et de déshonorer un siècle *. Le lundi 12 février, jour de son supplice, est flétri dans l'histoire d'Angleterre sous le nom du lundi noir : ce même jour, cinquante -deux personnes furent exécutées à Londres et la princesse Elisabeth courut le [dus grand danger. Elle avait refusé de se joindre aux rebelles, mais elle ne révéla point le complot dont elle avait eu connaissance et lorsqu'il éclata, elle était gravement malade à sa campagne d'Ashbridge. Elle en fut violemment arrachée et conduite malade encore a la Tour. En traversant les rues de Londres, elle fit ouvrir sa litière, où elle se montra vêtue de blanc, et i*rii symbole de l'innocence; le peuple vit la pâleur de son visage, suite de ses longues souffrances et il en eut compassion : « Ile prolesta sous serment qu elle n'avait