‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 155 sur 171 · Macaulat · texte numérisé non relu

Macaulat

ci tlo la longue prospérité du règne : malgré les imperfections de la culture et les entraves apportées à l'exportation des produits agricoles, le prix des fermages en quelques endroits quintupla s'il faut en croire Harrison, et même décupla, sous Elisabeth et le fermier trouvait encore moyen de faire de grandes économies sur ses profits, et d'ajouter à son mobilier beaucoup d'objets considérés alors comme articles de luxe. « Les yeomen d'Angleterre, dit Harrison, sont très-su péricurs aux simjdes laboureurs ou journaliers, ils ont de bonnes maisons où ils vivent à l'aise et travaillent pour s'enrichir. La plupart sont des fermiers qui entretiennent euxmêmes plusieurs domestiques, non fainéants, comme ceux des gentilshommes, mais gens laborieux, travaillant pour le commun avantage de leur maître et d'eux-mêmes. Plusieurs arrivent ainsi à la fortune, de telle sorte qu'ils sont en état d'acquérir les terres des propriétaires ruinés, d'envoyer leurs fils aux écoles publiques et aux universités, ou de leur laisser après eux assez de bien -pour mener une vie de loisir et devenir gentilshommes. C'est cette classe d'hommes qui jadis s'est montrée si redoutable aux Français, et bien qu'ils ne soient appelés ni maîtres ni messires comme les gentilshommes et les chevaliers, mais simplement Jean et Thomas, ils ont rendu de grands services dans nos guerres : nos rois ont livré avec eux huit batailles et se tenaient dans leurs rangs qui formaient l'infanterie <le leurs armées, tandis que les rois de France se tenaient au milieu de leur cavalerie : le prince, montrait

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ainsi, des deux parts, où était sa principale force1. »

Tels sont lc« hommes qui, en tout temps, par leur caractère ferme, courageux, persévérant, par leur industrie et leur patriotisme, ont beaucoup contribué à la prospérité nationale. Le puritanisme fit de grands progrès dans cette classe sous Elisabeth, et vers la fin du siècle surtout son influence y imprima aux mœurs sociales un caractère différent, mais durant la plus grande partie du règne les vieux usages se conservèrent dans cette partie intéressante de la population. Les besoins des hommes, moins exigeants peut-être, moins difficiles a satisfaire qu'aujourd'hui, leur laissaient plus de loisir, leur permettaient d'entremêler plus de Fèt« fète3 à leurs travaux : les Anglais alors aimaient à pop* mu|Hpjjer it.s réjouissances populaires : ils avaient gardé, comme il a été dit plus haut 2, malgré les interdictions de l'Église nouvelle et les statuts du {«arlement, beaucoup d'anciennes pratiques du catholicisme : ils vénéraient la Vierge et les saints, continuaient a visiter en pè / lerinage les vieux sanctuaires et observaient comme jadis

beaucoup de jours fériés et surtout, avec les grandes fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, celles du jour de l'an, de la Chandeleur, de la Saint-Jean et du premier mai (may day). Celle-ci entre autres donnait lieu à de grandes réjouissances et aussi à de burlesques mascarades, contre lesquelles protestèrent les puritains. La plupart de ces fêtes disparurent bientôt avec les progrès du presbytérianisme, mais leur souvenir demeura insépara-

1, Hindou, ut sujna, p. 276.

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