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ble du règne dans les traditions du pays qui se nommait encore la joyeuse Angleterre (Meriy England). Elisabeth aimait ces amusements publics, ces vieux usages dont le souvenir lui survécut et contribua à rendre sa mémoire populaire : elle les défendait contre les tendances nouvelles du zèle religieux : elle-même se plaisait au milieu des fêtes pompeuses que lui donnaient, dans leurs châteaux, les seigneurs de sa cour; et la plus célèbre, entre toutes celles dont les chroniques du temps passé fassent mention, est la grande fête que son favori, le comte de Leicester, lui donna en juillet 1575, dans son château de Kenilworth. Là, furent déployées toutes les magnificences de l'époque : tout fut mis en œuvre par Leicester, Fé,e chasses, tournois, féeries, jongleurs, combats d'ours, Rén,,wo,lh représentations mythologiques et drames modernes, pour fêter sa royale souveraine, et Ton vit |>endant quelques jours, dans sa splendide résidence, comme un échantillon de tontes les civilisations, curieux et bizarre mélange du génie antique, des traditions du moyen âge et de l'esprit des temps nouveaux qui déjà commençait à se faire jour dans les lettres et sur la scène
La culture des lettres, longtemps resserrée en Angle- Cu|,urterre dans une sphère très-restreinte, jusque vers le d" Uum. milieu du xviè siècle, y devint alors générale, comme nous savons qu'elle l'était déjà précédemment dans plusieurs contrées de l'Europe. La renaissance due à plusieurs causes et surtout à la découverte des chefs-d'œuvre de l'antiquité multipliés par l'imprimerie fut plus tardive chez les Anglais; mais elle s'annonça, sous It
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règne d'Elisabeth, avec un éclat remarquable. « Jamais peut-être, dit un critiqué célèbre, le génie de la Grande- Bretagne ne brilla d'une plus vive lumière et ne conserva plus d'originalité qu'à cette époque !. » La reine donnait l'exemple : la noblesse, toutes les classes supérieures, les dames elles-mêmes et les jeunes filles furent remplies d'un généreux enthousiasme pour la cause des lettres. La nouveauté de ces éludes, la curiosité qui portait à explorer, à s'approprier les trésors du inonde grec et romain, le voile qui en dérobait encore une grande partie aux regards, l'imagination exaltée par l'inconnu, tout contribuait à entretenir une ardeur inouïe pour les études et pour les livres. Les palais de la souveraine, le château ducal, le manoir du baron, étaient convertis en académies, et leurs possesseurs s'y montraient glorieux de leurs riches bibliothèques. « La reine., disait son précepteur Ascham, lit |>lus de grec en un jour qu'un chanoine ne lit de latin durant toute la semaine » et tandis qu'elle traduisait lsocrate ou Sénèque, ses filles d'honneur ne demeuraient pas indifférentes aux plaisirs de l'esprit et au mouvement général du siècle. m Les dames de la cour, dit Harrison, lisent assidûment les Saintes Ecritures, composent des livres ou font des traductions en latin ou dans l'idiome national K » Si de semblables occupations étaient celles du beau sexe, on j>eut comprendre avec quelle énergie s'y livraient les hommes : les esprits se rendaient familiers non-seulement les langues grecque et latine, mais aussi la littéra-
1 . IUil.it Ltçont sur la litltralure dramatique dan$ le néclt d'Eliiabttk