LIVRE IV. 1,11 A r 1TU K III
santé au monde moral et inleliectuel K La Bible, dit Hazlitt, étudiée partout, fut le grand levier qui remua les esprits et les cœurs : elle communiqua une nouvelle àme à la multitude en stimulant son admiration, en l'initiant aux 1k 'ailles morales et poétiques des Saintes Ecritures par les grandes scènes qu'elles racontent, par les enseignements sublimes qu'elles nous donnent, et elle créa entre les hommes des liens nouveaux, en multipliant pour eux de communs objets de réflexion, de discussion et d'enthousiasme »
Ainsi fut élevée et fortifiée l'intelligence des écrivains sans rien perdre de son originalité première : l'excitation des esprits était |*>rtée au comble. Le spectacle des grandes scènes de l'histoire dévoilées sous les yeux des contemporains, et dans lesquelles un si grand nombre étaient acteurs eux-mêmes, rendaient leur pensée audacieuse comme leur cœur : leur existence écoulée au milieu de grands événements et d'étonnantes découvertes était uu drame rempli de merveilleuses aventures et de luttes gigantesques où les plus grands intérêts, ceux du monde matériel et du monde moral, étaient perpétuellement en cause. C'est là ce qui fait du xvi* siècle le grand siècle de l'histoire : un temps pareil u'est pas celui de l'imitation ou du plagiat servile, c'est celui du libre mouvement, du déploiement spontané de toutes les forces humaines : il est fécond en grandes actions comme en lalents et ceux-ci, dans la poésie du moins, ne lirenl défaut sous Elisabeth en aucun genre.