‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 159 sur 171 · I. Ibxd · texte numérisé non relu

I. Ibxd

2 VMtf.

Kl I S A 11 F I II 557

Sur la scène, au premier rang, apparaît Shakespeare, p,.e,e*. qu'il suffit de nommer. Après lui, et pour ne citer <|ue ceux qui furent dans leur temps les plus célèbres, nous nommerons Beaumont et Flelcher, Ben Jonson, Decker, Ford, Marlowe, Middleton et Rawley, et dans des genres divers, Edmond Spenser, l'immortel auteur de la Reine des Fées ( the fairy queen ) , le brillant sir Philip Sidney, longtemps très-célèbre par son poème de YArcadie dans le roman pastoral, le satirique Thomas Nash, Richard Green. non moins fameux par ses débauches et ses malheurs que par une touche pleine de naturel, d'élégance et de sensibilité Gervase Markham, enfin, le plus fécond peut-être des écrivains anglais, et dont l'existence offre un curieux exemple de la vie agitée, variée, pleine d'accidents et d'émotions des hommes de celte époque, et qui fut tout ensemble agriculteur, grand cbasseur, poète et guerrier 2.

Dans la philologie et l'érudition classique, le siècle d'Elisabeth eut plusieurs hommes qui sont restés célèbres et d'abord Roger Asoham, précepteur de la reine et professeur à Cambridge, Thomas VVilson, Henri Sa- Krudiu ville et Thomas Smith, contemporains du savant écossais philosophes. Georges Bucuanan et de Walter Haddon, dont Elisabeth faisait une estime toute particulière3.

f. J'indiquerai entra autres le chant delicieut d'une mère a ion enfant qui commence ainii :

Weep not my Wanloo, «mile upon my knce, When Ihou art old therc» gii.f enougb for tbce, etc.

2. Se» litres sur l'agriculture et lei occupations champêtres ont été en grande réputation cl n'ont point été surpassés en Angleterre jusque »rrs le milieu du ITOU' siècle.

3. Elle disait d'eo» : • Burhanan omnibus aiitepono, Haddonum nemiiii poatpono •

Plusieurs chroniques curieuses et des mémoires intéressants furent écrits sous ce règne duquel date aussi la publication des premiers journaux en langue anglaise : mais quoique beaucoup d'écrits en prose, dans tous les genres, aient été publiés dans cette longue période, il est remarquable qu'elle ait produit si peu de prosateurs estimés. Un petit nombre seulement obtinrent, vers la fin du règne, une réputation que le temps a confirmée : ce furent Hooker, auteur d'un excellent traité sur le gouvernement ecclésiastique l, l'annaliste Camden. surnommé le Pausanias de l'Angleterre 2, sir Walter Raleigb, auteur d'une bisloire du monde, très-célèbre alors et qu'on ne lit plus : sir Edouard Coke, fameux jurisconsulte dont les Institutions du droit d'Angleterre sont encore classiques dans le royaume.

Au-dessus de tous ces noms commençait alors à s'élever celui de l'homme qui, mieux que tout autre peut-être, a montré par son exemple, toute la distance qu'il y a entre le sens moral et le génie, do François Bacon, qui mérita cette gloire d'être appelé le pionnier de l'humanité dans le champ de la philosophie. Grand écrivain autant que grand philosophe, sa prose ferme, nette et précise, a en même temps la sublimité de la poésie 3. Il fit faire un progrès immense à l'éducation de l'esprit pour l'acquisition de la vérité, en signalant tous lesobs-

I . Voyea une lumineuse analyse de cel outrage «Un* l'ffwf. contl. fAWft-, par M. Hallam.

V. Son grand ouvrage esl intitule Britanniœ dtteriptio. Il etl ao«»i l'auteur d'une Histoire très-esliineV du iegne d'F.lisalielh.

3. «Môme en rasant le sol, Rncon nous montre les ailes de l'aigle.» (Kémuoi. M$l. du chancelier Bacon.)

EI.ISABF.TH. 5M>

taries qui en obstruent la route, lie temps lui manqua pour appliquer lui-même sa méthode et pours'immortaliser dans la pratique comme dans la théorie ; mais il fut, selon la belle expression d'Horace Walpole, le prophète des grandes vérités que Newton vint depuis révéler au monde.

Tels furent les hommes qui, dans les lettres et les sciences, ajoutèrent l'éclat de leurs noms à la gloire d'Elisabeth, sous laquelle fleurirent, pour diriger ses conseils, tant de politiques profonds ou habiles, les ..

1 • 1 Humiliât

Cecil père et fils, François Walshingham, Nicolas Ricon, d '■*•"■•

Fortescuc, Ruckhurst, Egerton, etc.; qui put mettre

à la tète de ses armées un John Norris, un Francis Gén(ni,t

Vere, les deux Sidneys, un Howard, un Montjoy, un

Essex enfin, le plus brillant des chevaliers d'Angleterre

si Philippe Sidney, le Bayard anglais, n'eût vécu sous Mario» réUbn».

ce règne à qui la fortune enfin donna Hawkins,

Forbisher, Walter Ralcigh , Drake et Cavendish, pour

explorer les continents et les mers, et commander ses

escadres.

C'est au milieu de ce magnifique cortège d'hommes considération» d'Etat, de guerriers, de penseurs et de poètes qu'Elisa- c'"*"1** betti nous apparaît dans l'histoire 2. Sa cour présente

1. I/hiiloire a cons«TTé de lui un trail d'une grande générosité Rle»sé h mort a Zutphen. et couché a terre tout «anglant. comme on lui apposait un peu d'eau pour apaiser m »oif, il la fil donner à un soldat qu'il aperçut blessé a ses côiés : Cet homme, dit-il, en a be$oin plus que moi.

Papiers de Sidney, 1. 1, p. 10G, lettre de lord Brook.

2. C'est ainsi qu'elle apparaît au dernier des barde» »ur le Snowd.»n, dans 101 pimlarique de Gray.

But oh what «olcnm scène» un Snovrdon'» height,

Page 1