‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 160 sur 171 · I.IVHK IV. CUAPITM III · texte numérisé non relu

I.IVHK IV. CUAPITM III

sans doute aux regards, comme toutes les cours, un grand mélange : on y voit, à côté du mérite, l'affectation et la frivolité; près de l'élégance la corruption : mais elle était aussi la grande école de la civilisation et du progrès dans tous les genres; elle se distinguait par la décence extérieure, par le décorum emprunté aux usages espagnols et par la sévère étiquette 1 qui fut plus tard l'un des principaux caractères de la cour de France. Son influence, secondée par le goût gé-

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1. L'étiquette observée à la cour d'Elisabeth, rappelait celle en usage dans les cours de l'Orient. Nichol, dans son curieux ouvrage (a), nous mon Ire la rein* Elisabeth portée, en grande pompe, »ur les épaules des officiers de aa maison, et le voyageur HenUner, introduit dans la salle du banquet, nous apprend le cérémonial observé pour le service de la reine dans les jours ordinaires. Les gentilshommes et les demoiselle» d'honneur qui la servaient dii-il, ne s'approchaient ou ne s'éloignaient de la table royale qu'après trois

génuflexions Partout, dit encore Benlzner, où la icinc j. tait ses rrgaid*.

le» assistants tombaient à genoux [b). Horace Walpole fait h ce sujet la remarque suivante : on est porté, dit-il, à souriic de ce culte rendu a une vieille femme, mais l'on comprend aussi quelle màfe pu>s*aucc était cachée »ou* Uni de faiblesse apparente pour tenir de la sorte dan* le respect et la crainte un peuple comme le peuple anglais.

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mirai pour les choses de l'esprit, par I attention nouvelle donnée aux questions religieuses, par l'étude familière des livres saints, et par la stabilité d'un gouvernement prudent et sage, contribua puissamment à l'éducation forte et sérieuse que reçut alors line partie de la noblesse et de la bourgeoisie. Il en sortit, dans les vingt-cinq premières années du xvii* siècle, une génération d'hommes remarquables1, très-supérieurs aux hommes de l'âge suivant, et qui furent les dignes descendants de ceux que la fortune donna pour contemporains à Elisabeth. Nous voyons s'élever au milieu d'eux la figure de cette grande reine comme plus tard nous apparaît en France, celle de Louis XIV entre les célébrités de son règne. Ils eurent l'un et l'autre cette gloire de donner, chacun dans leur royaume, leur nom a leur siècle, et l'on remarque eu eux plusieurs traits communs. Elisabeth, comme Louis XIV, apporta sur le trône le génie de l'ordre et l'instinct du pouvoir après dp longs orages qui rendirent désirable aux peuples la concentration d'une grande force en des mains fermes et redoutées; elle sut, comme lui, apprécier le mérite et s'en servir, choisir ses ministres et les garder, s'entourer de grands hommes et rester grande au milieu d'eux.

Ces deux âmes royales furent pétries d'un même orgueil : il y eut en elles égale intolérance, même mépris des droits d'autrui, même besoin de ramener tout a soi, de tout concentrer, de tout dominer. Mais les mi-

1. Elle forma les Seldcn, les Falkland, le* Clarendon, le» Bollii, les llampcten, lenCapcl, elc, eti .

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