‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 24 sur 171 · II · texte numérisé non relu

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sur lui, tua sou porte-étendard, sir Thomas Bluut, et allait porter à Henri le coup fatal, quand le prince de Galles accourut, dégagea son père et fit Douglas prisonnier, line flèche atteignit en même temps Hotspur dans la mêlée et lui traversa le cerveau; il tomba mort. Privée de ses deux vaillants chefs, l'armée confédérée prit la fuite et se dispersa. Cette journée affermit la couronne sur la tête de Henri IV.

Glendower prolongea la guerre dans l'ouest où il obtint encore pour son compte des succès éclatants. Il envoya, comme un prince souverain, proposer une alliance offensive et défensive au mi de France, Charles VI, et un corps d'armée français passa la mer et combattit pour sa cause. Cette lutte continua plusieurs années et ne fut terminée que parles efforts héroïques du vaillant prince Henri, fils aîné du roi, qui parvint à réduire le pays à l'ol)éissance et à reléguer Owen Glendower dans des montagnes inaccessibles où il se défendit encore sous son règne et continua en obscur partisan, une guerre commencée en prince et en monarque.

De nombreuses exécutions avaient suivi le succès des armes royales, la révolte cependant n'était pas éteinte et l'espoir de la vengeance en rallumait les brandons. Le comte de Norlhumberland, retenu dans le nord durant la rébellion de son fils Hotspur, n'avait point marché avec lui contre le roi ; il avait appris, en frémissant de douleur, que son fils était mort et que l'ignominieux supplice des traîtres avait été infligé à son cadavre. 11 n'éclata point encore et accusé de complicité avec les rebelles, il fut condamné à l'amende pour fait de désobéissance et non de rébellion. Mais, doux ans plus tard.

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il se ligua avec le comte de Nottingham, fils du duc de Norfolk, et avec l'archevêque d'York qui tous deux avaient un deuil de famille à venger. Ceux-ci prirent les armes sans attendre que Northumberland ait pu les rejoindre. L'archevêque publia contre le roi un sanglant manifeste, où il était dit qu'ils s'avançaient pour venger le roi Richard, cruellement mis à mort d'une manière ignominieuse et inconnue, après avoir été tourmenté durant quinze jours par le froid, la soif et la faim K Ils demandaient que les abus fussent réformés et que le tronc fût rendu au comte de Mardi, l'héritier légitime. Le comte de Wcstmoreland atteignit à Shipton, près d'York, les rebelles commandés par Nottingham et par l'archevêque. Il eut recours à la ruse pour isoler ceux-ci de leur armée, il les fit prisonniers l'un et l'autre et les supplice livra au roi qui, après un jugement dérisoire, les fit tous |.arcî^,uc deux décapiter. Scrope est le premier archevêque qui, en d'York Angleterre, ait porté la tête sur un échafaud. Le pape (mo:»j Grégoire XII, en apprenant sa mort, s'indigna de la violation des privilèges du clergé et excommunia tous ceux qui s'en étaient rendus coupables. Henri, pour se justifier, envoya au souverain pontife l'armure que le prélat portait à Shipton et lui envoya demander, comme autrefois les frères de Joseph à leur père : a Voyez, si c'est ici la robe de votre fils. » Grégoire XII répondit : «Je ne sais si c'est la robe de mon fils, mais je sais qu'une bête féroce l'a dévoré. »

Au bruit de la mort de ses complices, Northumberland avait fui en Ecosse, se dérobant à la colère du vainqueur.

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Deux ans plus lard, il tenta un dernier effort, reparut en armes dans le comté d'York et fut tué en combattant. TrouLies Henri IV obtint vers la même époque un avantage Et^e inespéré sur le roi d'Ecosse, Robert III. Ce prince, doux de caractère, mais faible d'esprit» ne régnait que de nom et laissait l'administration entre les mains du duc d'Albany, son frère. Celui-ci tenta de faire passer la couronne sur sa tête, au préjudice de ses neveux ; il confina l'aîné, David, dans une prison où il le flt lentement mourir de faim. Le vieux roi épouvanté, se sentant trop faible pour protéger la vie de Jacques, le plus jeune, à peine âgé de neuf ans, l'embarqua pour la France, afin de l'y mettre en sûreté en le -confiant à une puissance amie. Le bâtiment qui le portait fut pris par les Anglais et l'enfant royal, conduit à Londres, y fut retenu prisonnier par Henri IV. Robert III descendit au tombeau consumé de chagrin; son frère gouverna le royaume et Henri IV tint celui-ci constamment en échec et dans sa dépendance, en le menaçant de soutenir les droits du légitime héritier qu'il tenait en ses mains. .

Les hostilités reprises un moment avec la France furent presque aussitôt suspendues et demeurèrent assoupies durant la plus grande partie de ce règne. Ce fut une des faveurs signalées de la fortune pour Henri IV, que l'abaissement de la monarchie française à celle époque, par suite de la démence du roi Charles VI et de la querelle acharnée des partis d'Orléans et de Bourgogne qui ensanglantèrent le royaume, le couvrirent de ruines et le livrèrent plus tard sans défense à ses ennemis. Henri persévéra dans sa politique pacifique avec la France, aussi longtemps qu'il eut à réprimer à

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Tinlérieur les insurrections qu'elle excitait, il intervint ensuite dans les troubles civils de ce pays et fit passer en Normandie un corps d'armée pour soutenir le duc de Bourgogne contre le parti d'Orléans *.

Ce roi , si heureux dans ses entreprises , expiait les Terrain du actes coupables qui l'avaient élevé au trône, par des remords peut-être, mais surtout par des inquiétudes mortelles qui ne l'abandonnèrent point jusqu'au dernier jour, et auxquelles on attribua l'invasion d'une maladie cutanée dont il souffrait cruellement et qui imprima sur son visage des traces hideuses : il était sujet aussi à de fréquentes attaques d'épilepsie, et son corps, prématurément brisé, portait, dans la vigueur de l'âge, l'empreinte anticipée de la vieillesse.

Ses dernières années furent encore empoisonnées par la vie licencieuse de son fils aîné, et par les craintes que lui inspirait son ambition. Une anecdote que nous a conservée Monstrelet, nous révèle quelques traits de l'esprit ombrageux de ce prince et de ses perpétuelles angoisses. Un jour, après une attaque d'apoplexie, et quand, selon l'apparence, chacun le croyait mort, son fils emporta dans une chambre voisine la couronne qui, selon la coutume, était placée sur un coussin à côté du lit royal. Le roi, revenant à lui, et ne voyant plus cette couronne, objet trop cher de ses préoccupations cons-

4 Le chroniqueur contemporain Hardy ng nous a conservé uu trait qui fuît honneur aux deux chefs de celte expédition, air John Qrey et sir Richard Umfrerille. I* duc de Bourgogne ayant ordonné de mettre h mort les prisonniera, les capitaines anglais désobéirent a cet ordre sanguinaire, mirent leun troupes en bataille et se dirent résolus a mourir arec leurs captifs plutôt que de souiller leurs mains de leur sang. (Ckroniq. d'Hardyng.)

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tantes, cause fatale de ses cuisantes peines et de ses joies coupables, demanda ce qu'elle était devenue, et apprenant que le prince l'avait emportée, il le fit appeler et lui adressa des paroles sévères. Adouci bientôt par ses réponses empreintes de respect et de filiale tendresse , il lui dit, en soupirant: «Hélas, mon fils, quel droit penses-tu avoir à la couronne, quand tu sais que ton père n'en avait point? » — « Sire, répondit le jeune prince, vous l'avez conquise avec l'épée, et par l'épée je la conserverai. » Après une pause le roi répliqua : « Bien mon fils, fais ce que tu jugeras le meilleur; j'en laisse l'événement à Dieu et j'espère qu'il fera miséricorde à mon âme »

Henri IV mourut le 20 mars 1413, à l'âge de 40 ans

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.le Henri iv et dans la quatorzième année de son règne. L'histoire (1413) ne peut lui refuser les talents du rang suprême, et son règne, quoique rempli d'agitation et de violence, ne fut

Si politique. |)as inutiie aux progrès de la liberté. Roi par le seul fait d'une révolution victorieuse, vivant au milieu des rébellions dont lui-même avait donné l'exemple le plus dangereux : ayant d'ailleurs tout à redouter d'une noblesse ambitieuse et toujours turbulente, il reconnut la nécessité d'adopter des principes populaires, de s'appuyer sur les communes dont l'influence grandit rapidement à cette époque, et d'élever l'autorité parlementaire d'où dérivait la sienne. Les princes de sa maison défendirent comme lui des principes qui étaient la sauvegarde de leurs droits, quoique leurs actes personnels, considérés

I. Monslrelel, Chroniques. Celle anecdote a fourni à Shakespeare le motif d'une de »es plus belle» ?tène*.

des communes

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