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HENRI IV. Hl
«•ans leurs motifs et dans leurs résultats, ne fussent point supérieurs à ceux de leurs rivaux. Le droit du parlement à voter l'impôt était, à cette époque, comme uijourd'hui, le principe légal de la constitution. Le» communes, sous Henri IV, spéciilèrent toujours l'emploi p.o8res de chaque subside, et nommèrent, à cet effet, des trésoriers qu'elles déclarèrent inviolables : elles obtinrent de présenter verbalement leurs pétitions qui auparavant devaient être rédigées par les juges et revêtues de formes légales et embarrassantes. La désignation ou l'élection au parlement des chevaliers de comté, que la coutume avait attribuée aux schériffs, fut reconnue comme le droit des francs-tenanciers de chaque localité !. Une pétition très-hardie, provoquant une réforme complète, fait pré- b-rdi*. sentée au roi en l'année 1406, la huitième de son règne: elle imposait à Henri IV, entre autres obligations gênantes, celle de ne gouverner que de l'avis d'un conseil permanent dont les membres juraient d'observer et de défendre les institutions établies ou modifiées par le portement : le roi sentait alors son trône ébranlé, et il crut devoir donner son adhésion a tous les articles de cette pétition célèbre, quelque humiliants qu'ils fussent pour sa fierté, et l'ombre de Richard, dit sir Henri Hallam, aurait pu se réjouir en voyant son mortel ennemi plus rigoureusement traité par le parlement qu'il ne l'avait été lui-même2.
-I. Ou n'a pa» encore établi sur des preuves certaines, la limite exacte dans laquelle s'exerçait le droit d'élection. M. Hallam est porté à croire qu'il fut quelquefois exercé par tous les hommes libres, présents à h our du comté. (l'Europe au moyen âge, c. vu.)
± Hallam, ibid.
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avec le clergé.
Prof* 0n vit g^ndir sous ce règne et surtout dans la classe des petits propriétaires et de la bourgeoisie, un esprit déclaré d'opposition au clergé. La secte des Lollards ou des disciples de Wycleff fit des progrès si rapides que les communes se montrèrent en diverses circonstances, et surtout en ce qui est relatif aux biens d'Eglise, animées de l'esprit de ce grand hérésiarque ayant reconnu que le clergé possédait un tiers environ des terres du royaume, du roi elle tirent deux fois, mais en vain, la proposition hardie d'affecter une grande partie de leurs revenus aux besoins de l'Etat, en rétribuant le clergé diocésain, et l'on vit poindre dès lors les premiers symptômes de la grande lutte, assoupie d'abord et longtemps ajournée, qui Unit, deux cent cinquante ans plus tard, par faire triompher simultanément la cause des réformes dans les lois politiques et dans les institutions religieuses du pays.
Henri IV s'était souvenu, sous le règne précédent, de la faveur dont Wycleff jouissait auprès; de Jean de Gand, son père, et il avait ouvertement protégé ses disciples : mais lorsqu'il fut roi et qu'il vit autour de lui la rébellion de toute part renaissante, il n'osa affronter la colère du clergé avec lequel il avait contracté en montant sur le trône , et qui avait favorisé son entreprise en la sanctionnant, donnant ainsi à l'usurpation l'apparence du droit. Le clergé, d'ailleurs, était le plus grand propriétaire du royaume, et par la puissance qu'il avait
I . Il a cependant élé asseï bien établi par le docteur Lingard, contre l'opinion de plusieurs historien», que les communes, tout eu partageant l'opinion de Wycleff »ur le* biens du clergé, M montrèrent néanmoins dans les premières années de ce règne très-rigoureuses entors ses disciples. Elles changèrent ensuite de langage cl demandèrent que des pétitions qu'elles avaient précédemment adresses au roi contre les Lollards fussent rapportées, {ilof. parlm.)
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dans les conseils delà nation, il neutralisait, en soutenant le trône, les efforts d'une noblesse hostile et toujours menaçante. Henri IV se crut donc obligé de donner des gages à l'Eglise : il fit voir, par les rigueurs où il se porta contre les Lollards , que le zèle religieux était complètement sutm cootre étranger à l'appui qu'il leur avait précédemment accordé, et approuva Pacte cruel de Heretico comburendo, par lequel tout individu que l'évêque déclarait hérétique obstiné ou relaps, était livré au magistrat du lieu pour être brûlé. Plusieurs bûchers furent allumés sous son règne et sous celui de Henri V, son flls, et parmi ceux qui souffrirent à cette époque pour leur foi, le plus célèbre est sir John Oldcastle, lord Gobham, vaillant chevalier, qui se comporta devant ses juges ecclésiastiques, condamnacomme il l'avait fait longtemps en face des ennemis de'ïord de son |»ays, et qui fut condamné au feu pour avoir Cobnamsoutenu que le pain de l'autel, après la consécration, est tout ensemble encore du pain et aussi le corps de Jésus-Christ Les Lollards, poussés à la révolte par la persécution , s'insurgèrent , ils parurent en armes en divers endroits : ils se vantaient, dit-on, d'avoir cent mille épées à tirer pour la délivrance d'Oldcastle, et l'on prétendit qu'ils voulaient, après avoir aboli la royauté, fonder la république sous sa présidence. Ces derniers projets, qu'on leur imputa pour les rendre plus odieux, ne sont peut-être que de vagues suppositions, et il est douteux que leur nombre, à cette époque, leur ait
4. Oldcaslle s'évada avant le jour fixé pour son exécution el trtmpa dès lora djn* de criminelles entreprises, poussant les Lollards à une réTolle ouverte. Il fut pris trois ans plus lard et brûlé en vertu de la sentence prononcée antérieurement contre loi par le tribunal ecclésiastique.
permis de nourrir des espérances si exagérées : niais la crédulité publique, sur ce point, est une preuve de l'importance croissante de cette secte et de l'opinion
qu'on avait déjà de sa force et de sa puissance.
Règne de Henri V, dit de Monmouth.
Le prince qui montait sur le trône, déjà recommandable par la vaillance avec laquelle il avait combattu les Gallois, était fameux surtout par les débauches et par les scandales de son orageuse jeunesse : mais à peine Henri IV eut il expiré qu'il parut avoir enseveli avec lui dans sa tombe les passions déréglées de son fils : celuici eut devant les yeux le jugement de la postérité et scion la belle expression du poêle : « la raison, comme un ange descendu du ciel, vint et chassa de son sein le coupable Adam. »
Cette heureuse révolution se manifesta bientôt par des actes honorables : il éloigna de sa cour ses anciens compagnons de débauche et s'entoura des plus sages conseillers de son père, honorant entre autres le grand justicier Gascoigne, contre lequel, n'étant que prince de Galles, il avait tiré l'épée dans une coiir de justice, et qui avait osé le faire arrêter et conduire en prison *.
Au nombre des actes qui honorèrent les débuts du nouveau règne, l'histoire cite le rétablissement de la
I. Celle scène, si honorable pour la magistrature, a été reproduite par la peinture a fresque dans la nouvelle chambre des Lords.
maison de Percy dans ses biens et ses dignités, la liberté rendue au jeune comte de Mardi, héritier des titres de la maison d'York, et les honneurs funèbres, expiatoires peut-être, qu'il rendit en grande pompe à Westminster, aux restes infortunés du roi Richard , dont lui-même mena le deuil
La guerre avec la France, fut le grand événement et ,,0™£* le principal intérêt du règne de Henri V. Ce royaume «n Fiwr. était alors accablé de tous les maux que peuvent infliger, à un grand pays, une cour dissolue et un monarque insensé. Un meurtre effroyable commis quelques années auparavant, y avait semé de profondes divisions et fomenté des haines implacables. Le duc d'Orléans, frère du roi, était mort assassiné en 4407, par son cousin Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et la France, depuis longtemps divisée, était de nouveau partagée tout entière entre deux factions rivales, les Bourguignons d'une part, et de l'autre les Armagnacs vengeurs du duc d'Orléans. Tour à tour vainqueurs et vaincus, les deux partis déployaient leur fureur dans des combats acharnés et d'épouvantables massacres. Les États convoqués dans cette anarchie demeuraient sans voix comme sans force 2, le roi n'était que le jouet des vainqueurs, et sa femme, Isabeau de Bavière, soutenant tour à tour
1. Après de splcndides funérailles faites au roi Richard, Henri V ordonna que quaire lampes hiùleraicnl jour cl nuit autour de son tombeau aussi longtemps que le monde durerait : il décréta la célébration d'un office pour lui un jour par semaine, el fit en même temps une fondation perpétuelle pour lea pauvres.
2. Ces Étals, qualifiés d'ÉtaU-Généraui par quelque* historiens, ne furenl qu'une assemblée de notables des principales villes du royaume.
chaque i»arti, affermissait sa puissance sur la ruine commune.
Ces troubles offraient à l'ambition de Henri, des chances favorables : il lit donc revivre sur la couronne de France, les prétentions de son grand-père Edouard III, et il la revendiqua comme héritier de Philippe le Bel, par les femmes. Pour conjurer l'orage, la cour de France veut négocier; mais Henri repousse tout accommodement et déclare devant le conseil sa résolution de recouvrer son héritage par les armes. Ses prétentions n'avaient aucun fondement légitime ; mais Henri avait adopté la ittlitique de son père, et il reconnaissait le besoin d'occuper son peuple au dehors pour maintenir le calme au dedans. Ses appréhensions à cet égard étaient fondées : déjà au début de son règne , il avait eu à réprimer, comme il a été dit plus haut, l'insurrection des Lollards ou sectateurs de Wycleff. Le parlement s'associa au roi pour cet objet et rendit un statut terrible par lequel tous les magistrats devaient prêter serment de seconder les évèques à l'effet d'exterminer les hérétitmes Ce danger n'était pas le seul dont il se vît menacé, et au moment même où il méditait de subjuguer le royaume voisin, il découvrit dans le sien et parmi ses proches une conspiration redoutable, tramée contre lui par son cousin Richard, frère du duc
4. Co même parlement, fi rigoureux euvers les Lollards, excita Henri V a disposer d'un» partie des biens du clergé devenus immenses. Le judicieux Bapin Tboiras fait observer que le désir de vaiucre sur ce dernier point la résistance du roi et de se laver des soupçons d'bérésie, contribua peut-être a rendre la majorité des communes plus impitoyable à l'égard des sectateurs de Wycleff.
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d'York , récemment créé comte de Cambridge, et qui conspiration avait pour principaux complices sir Thomas Grcy et lord Scrope de Masham. Celui-ci, familier du roi, était, à la table comme à la chasse, son compagnon inséparable : on ignore quel motif l'entraîna dans le complot : les conjurés avaient résolu de rassembler des troupes, de conduire le comle de Mardi sur les frontières du pays de Galles et de le proclamer roi. Se voyant découverts, ils avouèrent leur crime. Aucune formalité ne fut observée dans leur jugement : Thomas Grey, condamné par un jury tiré des communes, fut aussitôt mis à mort. Le comte de Cambridge, prince du sang, et lord Scrope, réclamèrent le privilège de leur pairie et une cour de dix-huit barons fut convoquée pour les juger : les deux accusés ne furent ni interrogés, ni confrontés, ni entendus , et le roi pressa leur condamnation et leur supplice.
Henri, à cette époque, était déjà à Southampton: invité sous main 1 par le duc de Bourgogne, à envahir la h p^Dfe France, et rêvant gloire et conquête il rassemblait sa ^JJ* flotfe et son armée. ïl mit à la voile le 12 du mois d'août de Tannée 1415, et entra dans la Seine, avec quinze cents bâtiments 2 portant vingt-quatre mille fantassins ou archers et six mille hommes d'armes. La France n'avait pas un vaisseau à opposer aux envahisseurs : ils débarquèrent sans obstacle et investirent Harfleur, ville d'une grande importance militaire, commandant l'entrée do la Seine, et une des clefs du royaume. La France, avec