‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 27 sur 171 · II · texte numérisé non relu

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«niai son bâton on l'air: Frappez, dit-il (note strike) ; dix mille archers lui répondirent par un grand cri, et dardèrent leur traits sur l'ennemi. Les Français, au grand étonnemenl de tous, demeurèrent immobiles et comme pétrifiés sous leurs lourdes armures : sur cinquante mille qu'ils étaient, deux ou trois mille seulement se déployaient au front de bataille, et le terrain, elîondré sous les pieds des chevaux et transformé en fange épaisse et visqueuse, ne permettait à personne de se mouvoir ni de combattre. Les archers firent une seconde décharge, décochant leurs dards au visage, avec une raideur extrême; alors entin, et non sans peine, deux corps de la cavalerie des ailes s'ébranlèrent du côté des Français, essayant de prendre les archers en tlanc; mais l'un d'eux reçut les décharges «l'une embuscade anglaise cachée dans les bois. Aucun de ces corps ne fournit sa course sans pertes énormes, et la plupart des survivants vinrent s'enferrer sur les pieux des Anglais. Lue multitude de chevaux blessés* et épouvantés, désarçonnant leurs cavaliers ou les entraînant malgré eux en arrière, jetèrent le désordre dans l avant-garde française, serrée de manière à ne pouvoir leur livrer un passage. Voyant ainsi les rangs bouleversés et entrouverts , les Anglais franchirent leur enceinte de pieux , jetèrent arcs vi tlèches , et vinrent avec les haches, les lourdes épées et les massues, démolir ce rempart vivant, cette masse énorme d'hommes et de chevaux qui formait la première ligne de bataille de l'armée française, et ayant à leur tète leur roi Henri V, ils pénétrèrent jusqu'au milieu de la seconde bataille, ilenn courut alors un gran I «langer. Dix-huit gentils-

HENRI v. '.)«)

hommes français se conjurèrent et firent vœu de joindre le roi d'Angleterre de si près, qu'ils lui abattraient la couronne de la tète, ou qu'ils mourraient tous, comme ils firent : ils poussèrent jusqu'au roi, et l'un d'eux, de la hache qu'il tenait, frappa sur son casque un si grand coup, qu'il abattit un des tleurons de sa couronne : mais ils furent environnés, «accablés par le nombre, et périrent Jusqu'au dernier \

L\irrière-garde des Français restait seule intacte, mais voyant les deux premières lignes forcées presque sans défense et le sol jonché de morts et de débris, elle attendit à peine le choc, tourna bride et se dispersa à travers champs. La journée était finie et une immense multitude de prisonniers était tombée au pouvoir des Anglais, lorsqu'on vint dire au roi que son camp était forcé, ses bâfrâmes pillés et qu'un corps considérable de troupes fraîches ou ralliées engageait une nouvelle bataille. Henri voyant les siens employés presque tous à la garde des prisonniers qu'ils avaient faits et dont ils espéraient forte rançon, commanda qu'on mît à mort tous les captifs. L'alarme fut reconnue fausse ; mais déjà le plus grand nombre avait péri»

On voyait là misérablement étendus sur le champ de bataille dix mille Français, presque tous gentilshommes, dont cent vingt portant bannière et sept princes, les ducs de Brabant, de Nevcrs, d'Alençon, trois de liar, le connétable d'Albret et Montaigu, archevêque de Sens. Les Anglais n'avaient perdu que seize cents hommes et

I. Il» avaient pour chef Lllttlri de Mussurgnchern et Gariol «le Rournonvillo. (I . frvrr Saint-Ucmi, r. «II.)

ils ne gardèrent que peu de prisonnier?, parmi lesque's les plus grands de la noblesse française, le maréchal de Boucicault, messire Jacques d'Harcourt, les comtes d'En, de Vendôme et de Hiehemont, les ducs de Bouibon et d'Orléans. Le roi. vainqueur, maître du champ funèbre, le pircourut lentement des yeux et ayant demandé le nom d'un château qu'il voyait proche, une voix répondit : « Azincourt. — Eh bien ! dit-il, cette bataille aura nom i\' Azincourt, maintenant et à jamais1. »

La faiblesse de son armée empêcha Henri V de profiter de sa victoire, il dut regagner Calais, d'où il s'embarqua pour l'Angleterre. Son voyage jusqu'à Londres ne fut qu'une marche triomphale, de toutes parts le peuple se pressait pour saluer le vainqueur, et le parlement lui-même, partageant l'enthousiasme général, accorda au roi, pour toute sa vie, les subsides sur les laines et les cuirs. L'année suivante, l'empereur d'Allemagne, Sigismond second, prince de la maison de Luxembourg, assis sur le trône impérial, vint visiter l'Angleterre, où il fit d'inutiles efforts pour la paix avec la France. Guerre civile Ce |vays malheureux était toujours en proie à une effroyable anarchie. Après la sanglante défaite d'Aziucourt, la guerre civile s'était réveillée plus terrible, le comte d'Armagnac, reconnu connétable, régnait à Paris l»ar la terreur, la reine pouvait seule balancer son autorité. Il obtint contre elle du roi Charles VI un ordre d'exil à Tours, où il lui donna des gardes et la retint prisonnière. Sa captivité dura peu, le duc de liourgogne délivra cette princesse qu'il proclama régente du

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