‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 30 sur 171 · H EN III V · texte numérisé non relu

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taraient la France, il était lui-même joue par elles : un secret rapprochement avait eu lieu entre le duc de Bourgogne et le dauphin. Ces deux princes se virent en public à Meulan, s'embrassèrent, s'engagèrent mutuellement à oublier leurs querelles et à s'unir contre l'ennemi commun. Si l'effet eut suivi les promesses, de cruelles calamités eussent été épargnées au royaume, et les Français unissant leurs forces eussent promptement expulsé les Anglais de leur territoire. Ceux-ci faiblissaient et beaucoup mettaient en doute le succès de leur entreprise, lorsqu'un nouveau crime vint donner un alimenta des inimitiés implacables à peine assoupies et déchaîner de nouvelles tempêtes sur la France.

Le dauphin avait assigné au duc de Bourgogne un rendez-vous sur le pont de Montèrent] ; le duc, après avoir longtemps hésité s'y présente et, comme il fléchissait le genou devant le dauphin, Tanneguy du Châtel .wsu.ut lui assène un coup de hache sur la tète et le tue sous

Jean >4iti»

les yeux de son maître ». Ainsi mourut assassiné Jean hMJ£rrfall suis Peur, assassin du duc d'Orléans, accomplissant en sa personne cette parole des Saints Livres: «Celui qui aura tiré le glaive périra par le glaive. »

Cet assassinat rend la paix impossible et maintient la funeste alliance des Bourguignons et des Anglais Le fils de Jean sans Penr, Philippe le Bon, nouveau duc de Bourgogne, offre, pour venger son père, la couronne

I . Celle version cil de Lcfctre «Je Saint-Henri, nfûcier du .lue de Bour,;...;i.»-, en péneral Ircs-bien informé. Tan neguy se défendit plus lor.l d'avoir fiafftf Jtun uni Peur, mais la meurtre avait eu beaucoup de témoins et Sainl-iVniy » dd savoir par • u\ la vérité. (Vt,y. -es Mémoirnt, collection Ruclion, .1,. x« vil

10 i LIVRE III. CHAPITRE III.

à Henri V, qui reçoit de la reine Isabeau, sa tille, Catherine de France, en mariage. La cérémonie nuptiale se célèbre à Troyes et, dans cette même ville, Henri et Charles VI signent le traité célèbre par lequel la couronne de France, conservée nominalement par Charles VI durant sa vie, était dévolue après lui à perpétuité à Henri V et à ses descendants. L'administration Traih} du royaume devait être, pendant la démenée du roi, r r confi,;,e £ Henri V qui promettait de maintenir la juri- (i*âi>) diction du parlement ainsi que les droits des pairs, des nobles, des cités, villes et communautés de France, et de gouverner chaque état selon ses lois et usages. Ce traité fut bien accueilli des Parisiens, réduits aux plus terribles extrémités par un blocus rigoureux 1 et il reçut l'approbation des États «pie le roi convoqua et présida dans la capitale. Mais Henri V prit à tâche de détruire le nouveau peuple qu'il devait gouverner; et ses cruautés rendirent au dauphin le cœur des Français, xi.i. iro Déclaré par le parlement déchu de ses droits au trône, * le jeune prince erra longtemps fuyant devant les armes

l*»»§i*. anglaises : la vicloire.de Beaugé ranima ses espérances : une armée de paysans français, soutenue par six mille Fcossais, sous les ordres du fameux John Stuart, comte de Buchan , avait défait près de Beaugé , en Anjou , le duc de Clarence, frère de Henri V. Ce prince périt dans le combat avec douze cents Anglais 2. A eetle non- Mlle, Henri accourt de nouveau sur le théâtre de la

I, Il faut lire a ce wjot le Journal d'un Dourgeoit t'e l'nris '*. Eu iiionipe» e do ce hilUiil «iVmo , ( liai le* .kM le couiie lit: Kutluii cuiimMaMu &t Fm:r«\

HENRI V. 10,*i

guerre; il traînait à sa suite le jeune roi d'Ecosse !, avec l'espoir que sa présence désarmerait les Écossais au service du dauphin , et bientôt la prise de Mcaux lui soumit toutes les provinces septentrionales de la France jusqu'à la Loire, à l'exception de l'Anjou et du Maine. Exalté par ses nouveaux succès, Henri V entra triom-

phalemcnt dans Paris avec la jeune reine Catherine, sa femme, et présenta au peuple son fds nouveau-né.

Il ne jouit pas longtemps de sa haute fortune ; un M«Wi« mal secret minait depuis plusieurs années sa santé et Bcnri v. résistait aux efforts des médecins. Sentant sa fin approcher, il se fit transporter au château de Vincennes et là perdit rapidement tout espoir de guérison. Il s'émut alors en pensant aux dangers qui environnaient le her- , . ceau de son fils et, appelant près de son lit de mort <Ii»i»<»»hioi.s. son frère, le duc de Bcdfort, et quelques autres seigneurs, il remit à leur loyauté sa femme et son enfant : il les exhorta à demeurer entre eux dans la paix et dans l'union pendant la minorité du jeune prince, son fils, leur recommandant de ne point relâcher le duc d'Orléans et les autres chefs faits prisonniers à Azincourt avant que le nouveau roi fut devenu majeur, et surtout de ne jamais faire la paix avec Charles , soi-disant dauphin, sans stipuler la cession de la couronne de France ou du moins du duché de Normandie et d'Aquitaine en toute souveraineté. Enfin : nomma le comte de Warwick tuteur de son lils, et son frère, le duc de Glccester, lord protecteur du royaume. 11 rappela combien

I, Oe prince, 'jui fui Jacques I", Olail il.'j» [«tisonnier .les Anglui» ilrPHM ktitc ans.

I Or» LIVRE III. Cil A I>1 I I» K III.

il importait de cultiver l'alliance et L'amitié du duc de Hourgogne eu exprimant le vœu que la régence de

M..ri Fiance lui fut offerte, et il demanda qu'à son refuselle • Ifctinx. mt (|onn(;e :x gon c|lcr fr^re je (juc je j{C(îfort. Henri V

• ,221 ayant alors appris des médecins ((u'il n'avait plus que deux heures à vivre, entendit cet arrêt sans trembler, se confessa, et consacra ses derniers instants à des pratiques de piété. H expira dans toute la force de l'âge, le 31 août de l'année 143i. Son corps fut transféré à Westminster où ses funérailles furent célébrées avec une magnificence inouïe. Jamais roi ne se rendit plus populaire par ses conquêtes ; jamais aussi on ne vit en aucun temps plus rapprochées les pompes de la victoire et celles de la mort. Le peuple garda un culte pour la mémoire de ce prince, et visita le tombeau du roi Henri, comme s'il eût été un saint en paradis*.

Ce prince ne fut pas seulement un grand capitaine, il |K)sséda encore tous les talents d'un profond politique; nul ne sut mieux que lui exciter la division parmi ses ennemis et tirer parti des événements, mais il négligea ou dédaigna de gagner l'affection du peuple sur lequel ses victoires l'avaient appelé à régner. L'éclat que cellesci jetèrent sur son règne , en flattant la vanité des Anglais, maintint constamment la bonne harmonie entre le roi et le parlement. Henri avait besoin de beaucoup d'argent pour l'entretien de ses armées; les communes lui en accordèrent autant qu'il en demanda, et lui donnèrent, pour sa vie, les droits de tonnage et de pondage et les taxes sur les laines. Le roi, en retour, se montra

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