‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 32 sur 171 · Première partie du reinie «le Henri VI · texte numérisé non relu

Première partie du reinie «le Henri VI

Henri V avait en mourant exprimé le vœu que la régence de France fût offerte au duc de Bourgogne, dont il désirait assurer l'appui à son (ils. Ce prince l'ayant refusée, Charles VI, de l'avis de son conseil, désigna le duc de Bedfort, frère du feu roi, pour ce |>oste aussi diflicile qu'émitient : peu de jours après, il suivit Henri V dans la tombe, et tandis que les Anglais proclamaient Henri VI au berceau, roi de France, le dauphin Charles prenait lui-même les insignes de la royauté et fut salué roi, sous le nom de Charles VU, dans les provinces que les armes anglaises n'avaient pas encore soumises.

Les lords d'Angleterre 1 confirmèrent Bedfort dans sa charge de régent du royaume de France , ils nommèrent en son absence le duc de Glocester, son frère, protecteur du royaume, et confièrent la personne et l'éducation du jeune prince à Henri de Beaufort, cvôquc de Winchester, lils naturel et légitimé de Jean de Garni, duc de Lancastre.

I. La commune» ne parfuipaieiH j»ninl o t!e« aelcs «le ce genre.

Bedfort possédait toutes les qualités nécessaires pour continuer et mener à fin la grande entreprise de son frère, en affermissant le sceptre de la France dans la main d'un roi anglais. L'autorité du jeune Charles VIL prince indolent et voluptueux, esclave de ses maîtresses et de ses favoris, était reconnue plutôt qu'établie dans les provinces du centre, du sud-est et du sud, jusqu'aux frontières de la Gascogne : il avait reçu de ses ennemis le nom dérisoire de roi de Bourges, et peu d'efforts sem-

p«iwne« Maient nécessaires pour consommer sa ruine. Bedford, J" maîlre de la capitale de la France, de la Guvenne et de Mr presque toutes les provinces septentrionales du royaume,

' CM"U,IC,,, se vovait à la tête d'une armée accoutumée à vaincre, et comptait parmi ses lieutenants les meilleurs généraux de l'époque, les comtes de Sommcrset, de Warwick, de Salisbury, de Suftolk et d'Arundel, sir John Falstaff et le célèbre Talbot. A ces grands moyens de succès, il joignit ceux que lui suggérait la prudence, et il s'unit étroitement aux deux plus grands feudataires de la couronne de France, au duc de Bretagne, Jean ÏV, et à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, fils de Jean sans Peur assassiné à Montereau, et qui, pour venger son père, fut longtemps en France le plus ferme soutien des Anglais. Ces princes se virent, s'unirent par des mariages, et signèrent à Arra6 un traité d'alliance qui menaçait d'effacer la France du rang des nations. \ici»ird Durant les sept premières années qui suivirent la morl

amrÏiU (,(' H(,nri v> lcs armcs glaises forent presque constantiCr.;i«ni >*r ment victorieuses : les Français, dont un corps noin-

1 «mue

h breux d'Ecossais faisait la force principale, furent vain- 3 Wneuil. ^ ^ Crèvent sur Yonne, puis dans la sanglante bataille

de Venicuil, où les Ecossais furent presque anéantis et où périrent leurs illustres ehefs Douglas et le connétable» comte de Buchan. On ne vit plus alors dans tout le pays ki«i qu'invasions, combats, sacs de villes, incendies et rava- ^jJ*W€ pes. La France, dit un historien célèbre, était devenue ,a 1 ,,mejusqu'au nord de la Loire comme une vaste solitude : les campagnes étaient désertes ; il n'y avait plus d'habitants que dans les bois et dans les forteresses; encore les villes étaient bien plutôt des logis pour les gens de guerre (pie des demeures pour les citoyens. La culture était délaissée, yormis à l'entour des murailles, sous l'abri des remparts, et à portée de la vue de la sentinelle du clocher, liés qu'elle voyait l'ennemi, les clocbes étaient sonnées, les laboureurs en toute hâte rentraient dans les Mlles; les troupeaux, aussitôt qu'ils entendaient le son du tocsin, s'enfuyaient (reux-mèmes et se pressaient aux portes pour se mettre en sûreté. Le larcin et la rapine étaient devenus la profession commune de tant de malheureux sans asile

Le peuple attribuait avec raison aux Anglais tons ses malheurs : tant de souffrances entretenaient dans les âmes le sentiment national, et la flamme sacrée du patriotisme grandissait avec la haine de l'étranger. L'excès de la contlance produisit en même temps ses effets ordinaires dans ceux qui pouvaient se croire les maîtres delà France; elle endormit leur vigilance, elle permit à la discorde de se glisser entre eux et de les désunir, paralysa leur activité, et, dans le temps même où Charles VU se rapprochait de son puissant vassal, le duc de

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