‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 55 sur 171 · I. U Brun d.* Charmcile», llisl. dt Hannt d Arc · texte numérisé non relu

I. U Brun d.* Charmcile», llisl. dt Hannt d Arc

nettes. « Je crois l'Eglise d'ici-bas, répétait la malheureuse Jeanne; je crois que l'Eglise militante ne peut errer ni faillir; mais quant à mes dits et à mes faits, je m'en rapporte à Dieu qui m'a fait faire ce que j'ai fait. »

A l'interrogatoire suivant, qu'elle subit comme les précédents dans sa prison, les bourreaux furent mandés et l'appareil de la torture fut déployé : mais ce spectacle d'horreur n'intimida point la victime : « L'archange Michel et ses saints, dit-elle à ses juges, lui étaient aj>parus la veille, et avaient raffermi son courage; et quand môme vous me devriez distraire les membres et faire partir l'àme du corps, ne vous en dirais-je autre chose. » L'épreuve ne fut pas poussée plus loin : il était à craindre qu'elle n'y succombât; que son corps, affaibli par une captivité si dure et par une maladie récente et dangereuse, n'eût point la force de résister aux tourments : on ne voulait point qu'elle pérît ainsi dans l'ombre, on la réservait à une mort publique et ignominieuse, et on voulait, avant tout, ensevelir avec elle jusqu'à sa gloire, en la forçant, en quelque sorte, à se renier elle-même.

Une scène publique fut imaginée dans ce but, et elle Jeanne d'Arc eut lieu de la manière la plus solennelle au cimetière sami-ouen. Saint-Ouen, où Jeanne devait être admonestée et prèchée pour la dernière fois. La sentence qui la livrait à la justice séculière, c'est-à-dire au bûcher, avait été rédigée la veille pour être lue après l'admonition , et celle-ci devait être faite publiquement. Deux échafauds furent dressés dans la place Saint-Ouen : sur l'un prirent place levèque de Beauvais et le vice-inquisiteur, avec le car-

dinal d'Angleterre, plusieurs prélats et trente-trois assesseurs; sur l'autre parut Jeanne d'Arc avec les app; riteurs et les notaires, et aussi le docteur en théologie, Guillaume Érard, ctiargé de l'admonition. A quelque distance, au lieu ordinaire des exécutions *, le bûcher avait été dressé, et le bourreau attendait. La prédication commença, dirigée tout entière, non-seulement contre Jeanne, mais surtout contre le roi de France, qui avait ajouté foi à ses récits et avait eu recours à son ministère; car c'était surtout Charles VII que les Anglais avaient à cœur d'infamer. Jeanne, dans cette circonstance si terrible, et en face de la mort la plus affreuse, donna l'exemple d'une fidélité vraiment admirable à ce prince qui peut-être l'abandonnait 2. Entendant le prédicateur dénoncer Charles comme hérétique et schismatique, Jeanne l'interrompit : « Parlez de moi, dit-elle, mais ne parlez pas du roi; il est bon chrétien... » Et comme il continuait sur le même ton : « Par ma foy, sire, s'écriat-eile, révérence gardée, je vous ose bien dire et jurer sur peine de ma vie, que c'est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, et n'est point tel que vous dites. » « Faites-la taire ! » dit l'évèque en fureur. Et cette prédication, qui n'était du commencement à la fln qu'un tissu d'invectives, fut terminée par une courte formule d'abjuration de la doctrine et des actes attribués à l'accusée : cette formule, au dire de nombreux témoins, était d'environ six à huit lignes de grosse écriture 3. Jeanne y ex-

• . Le vieux mtrdio.

S. Il n'cil pas prouve que Charles \ II n'ait pas Tait tout ce qui dépendait de lai pour sauver Jeanne d'Are.

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