‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 66 sur 171 · I. Sir hmes Mac loto.li, flûf. HAngl.} règne d lMuard VI · texte numérisé non relu

I. Sir hmes Mac loto.li, flûf. HAngl.} règne d lMuard VI

ÉDOi'ARD IV. 217

gauche de la Saverne, avec un corps nombreux de Gallois dont la jonction a\ec les troupes que Marguerite amenait de France, aurait pu balancer la fortune. Warwick était tombé, mais les forces du parti de Lancastre étaient encore presque intactes. Somerset et les principaux chefs avaient rejoint Marguerite ; de toute part des levées étaient en marche pour la rejoindre et en peu de temps elle eût pu se voir à la tète d'une armée plus redoutable qu'aucune de celles avec lesquelles, vingt ans auparavant, elle avait défendu son trône et remporté de grandes victoires. Edouard comprit que la même tactique qui l'avait aidé à vaincre Warwick, le servirait encore contre Marguerite : il marcha donc à sa rencontre avec sa célérité accoutumée et l'atteignit avant que toutes les forces de ses ad\ersaires fussent réunies : il empêcha ainsi la jonction de la reine avec Pembroke et les Gallois, sur la rive gauche de la Saverne, et prit en face d'elle, à Tewkesbury, une forte position qui commandait le passage du fleuve. Là fut BaJJ'e,,,e livrée une nouvelle bataille où la déroute des lanças- Tewke*bury.

Nouvelle

triens fut complète et qui mit fin pour longtemps à la a^f.iie guerre des deux Roses. Trois mille hommes du parti de bncastrien». Lancastre demeurèrent parmi les morts sur le champ (4471) de bataille. La tète du jeune Édouard, fils de Henri VI, avait été mise à prix. Ce malheureux prince fut conduit prisonnier devant le roi ; « Qui vous a rendu assez hardi, demanda le monarque en courroux, pour entrer dans mon royaume bannières déployées? — J'y suis venu, *Z?h*^ répondit le courageux jeune homme, pour recouvrer l'héritage de mon père qui a été transmis en ligne directe de son aïeul à son père, de son père à lui et de lui

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à moi. » A ces mots le roi, sans répondre, le frappa au xisage de son gantelet de fer et le repoussa loin de lui. A l'instant même les seigneurs présents à l'entrevue, les ducs de Clarence et de Gloccster, les lords Dorset et Hastings percèrent le jeune prince de leurs épées et le mirent cruellement à mort J.

Somerset et d'autres chefs du parti vaincu s'étaient réfugiés dans une église. Edouard, malgré la sainteté du lieu, y entra l'épée haute. Un prêtre, portant l'hostie consacrée, se présenta sur le seuil et arracha de lui la promesse d'épargner la vie de ' ceux que protégeait le sanctuaire : mais, en ressaisissant la couronne, Edouard avait aussi repris sa férocité; il viola sa promesse, îl oublia que sa femme et ses filles, réfugiées six mois auparavant à Westminster avec deux mille de ses partisans, avaient dû la vie et la liberté au droit d'asile. Il fit arracher du sanctuaire Somerset, lord Saint-John et treize autres seigneurs, et leur fit trancher la tête.

Ces meurtres abominables couronnèrent dignement ce long et sanglant drame de trente années, durant lesquelles on vit l'aristocratie se déchirer de ses mains avec une incomparable fureur. La capitale, durant ces événements, faillit être surprise par un chef hardi du parti de Lancastre, le bâtard de Falconbridge , qui remontant avec une flotte jusqu'à la Tour, tenta de délivrer Henri VI et incendia les maisons du pont de Londres. Les habitants prirent les armes et soutinrent courageu-

I. Voycx le continuateur de Croylaud, llollingslcad , Slow, Fabian. — S. Turner l'appuyant sur un manuscrit de la collection liarlcyennc récemment •lécouverl, t'autorise du silence de l'auteur pour oier ce meurtre. Les raison* qu'il donne semblent peu concluantes.

sèment plusieurs combats opiniâtres. Le retour de l'armée royale victorieuse, força les assaillants à la retraite. Edouard fit son entrée triomphale dans Londres, le 22 mai (1471), et le lendemain on apprit la mort de Henri VI. Son corps fut, suivant l'usage, exposé publiquement à Saint-Paul. Un crime, disent plusieurs historiens, termina les jours de cet infortuné prince, digne, l>ar ses vertus, d'un meilleur sort. L'attentat imputé par eux au duc de Glocester, frère d'Edouard, n'a pas été

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suffisamment prouvé, mais il est très-croyable ; et si Henri vi. Glocester ne l'exécuta pas lui-même, il était capable (1471) de le conseiller et le roi de l'ordonner. Edouard, d'ailleurs, avait pour le commettre un motif politique, et l'autorité contagieuse de tant d'exemples que lui offrait la sanglante histoire de ses prédécesseurs : Henri était devenu personnellement plus dangereux pour lui, depuis que son fils n'existait plus, et qu'il demeurait seul pour revendiquer ses propres droits : il mourut aussitôt qu'Edouard eut un intérêt puissant à sa mort et fut en état de l'ordonner; et si quelque raison de plus était nécessaire pour nous convaincre qu'elle fut violente, on la trouverait dans les précautions mêmes que l'on prit selon l'usage pour la faire croire naturelle ».

La veuve de Henri, l'altière Marguerite, recouvra plus tard sa liberté, moyennant une rançon de cinquante mille couronnes, qui fut acquittée par le roi Louis XI, et elle survécut en France, durant sept années, à son

I. Les mol ifs de Turncr pour absoudre Edouard IV sonl bibles, et le» argu iiicnis qu'il lire du manuscrit Ilaileyen bissent beaucoup à désirer.

mari, à son fils et à sa fortune. L'héritier des droits de la branche de Lancastre était alors le petit-fils de Catherine de France et d'Owen Tudor, Henri, comte de Richmond, réfugié à la cour de Bretagne, où il se tint caché jusqu'au temps marqué pour le rétablissement de sa maison.

De courtes hostilités entre l'Angleterre et la France suivirent la guerre des deux Roses et aboutirent , en i475, au traité de Pcquigny, dont la clause principale fut une convention de mariage entre le lils aîné du monarque français et la fille aînée d'Edouard. Louis XI cependant avait d'autres vues pour son fils, il difTéra son mariage avec la fille du roi d'Angleterre sous divers prétextes, et abusa longtemps ce prince dont il pensionnait les ministres.

Edouard , cupide et insatiable, employait les plus odieux moyens pour grossir son trésor. Les lords temporels, le clergé, les communes n'osèrent lui résister, rivalisèrent de servilité et lui votèrent sans o|>position d'abondants subsides. Il se fit en outre accorder, à titre de don gratuit, des sommes énormes, qui, sous son règne, furent, pour la première fois, nommées benevolences, quoiqu'elles fussent arrachées par la crainte et non par le dévouement. Le roi les demandait sous le prétexte toujours populaire d'une nouvelle guerre pour reconquérir en France les provinces perdues, et il recevait en même temps, ainsi que ses ministres, de grosses sommes du roi Louis XI pour maintenir la paix

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