‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 67 sur 171 · CoraatMK · texte numérisé non relu

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La fin de ce règne déjà si sanglant fut encore assombrie par la tragique mort du duc de Glarence , frère du roi, et qui, après lui avoir arraché sa couronne, de concert avec Warwick, avait obtenu son pardon en l'aidant à la recouvrir. L'inimitié ayant promptement succédé entre les deux frères à leur réconciliation , Clarence fut accusé de trahison devant les pairs du royaume pour des causes frivoles , et aussi comme ayant participé à des pratiques de sorcellerie contre la vie d'Edouard. Il fut condamné à mort tout d'une voix, et les communes tinrent alors une conduite caractéristique de cette époque effroyable, oii les formes légales n'étaient observées dans l'exécution des forfaits que pour rendre celle-ci plus certaine en assurant l'impunité à leurs auteurs. Elles adressèrent une pétition à Edouard le suppliant d'exécuter la sentence rendue contre son frère et de le mettre à mort. Pour trouver un fait semblable dans l'histoire , il faut remonter jusqu'au sénat romain, sous Tibère. Edouard cependant craignit de soulever l'indignation populaire par une exécution publique : Clarence fut mis à mort Mort du duc secrètement, et ltî bruit se réjiandit qu'il avait été noyé a^ce dans un tonneau de malvoisie1.

Une' courte guerre avec l'Ecosse, où régnait Jac- ("'8) ques III, fut au nombre des derniers événements du rèj-rne d'Edouard IV, et n'eut d'autre résultat que la cession qui fut faite à l'Angleterre de l'importante place de Benvick. Edouard pressait toujours avec ardeur la conclusion du mariage de sa fllle avec le dau-

i Fabian, an. 1*78.

phin, et il apprit avec une inexprimable fureur qu'il était joué par Louis XI. Ce prince cherchait pour son fils une alliance plus avantageuse, et Marie de Bourgogne, femme de l'empereur Maximilien et héritière des vastes états de son père , Charles le Téméraire , étant morte subitement à Bruges d'une chute de cheval, Louis XI, au mépris delà promesse donnée à Edouard IV, demanda et obtint en mariage pour son fils la jeune princesse Marguerite, fille de Marie de Bourgogne, et qui eut pour dot les provinces enlevées par Louis à sa Mor( mère. Edouard aspirait à venger cet affront, lorsqu'il «i E.h»uard iv. mourut, le 9 avril U83, soit des transports de sa co- (U83) 1ère, soit des excès de ses débauches, qui avaient flétri ses traits naturellement d'une grande beauté Ses passions furent sans frein : il fut populaire cependant, surtout par ses vices ; la grossière liberté de ses mœurs et ses prodigalités lui tirent des amis dans la multitude. 11 eut d'ailleurs aussi quelques qualités d'un roi, l'activité dans l'extrême péril, le courage et les talent* guerriers : l'ambition et la vengeance le rendirent implacable et ajoutèrent à sa cruauté naturelle; il est heureux enfin pour sa mémoire que sa puissance et ensuite sa couronne aient passé après lui aux mains d'un de ces hommes qui ont légué aux âges futurs un nom odieux et justement exécré.

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